Mission Birmanie - Myanmar
Mortalité infantile : 75‰
Espérance de vie à la naissance : 60,8
IDH : 0,583 ; rang : 132/177
PIB/habitant ($) : NC
Population :
Bénéficiaire : 9 000
Cible : 50 000
Personnel :
Local : 135
Expatrié : 6
Sources de financement :
EUROPEAID, NOVIB,MdM, PSI
Budget 2007 :
1 330 421 euros
Relever le défi de l’aide alimentaire
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TEMOIGNAGEMyriam Pomarel, coordinatrice médicale de la mission humanitaire d'urgence suite au cyclone, après son retour de six semaines de mission
« La population birmane n’a pas attendu l’ouverture du pays à l’aide internationale, elle a réagi immédiatement après le cyclone. Les familles se sont regroupées (une Octobre 2008 |
Urgence Cyclone Nargis en BirmaniePrésent depuis 1995 en Birmanie, Médecins du Monde mène un programme VIH auprès des usagers de drogue et des personnes se prostituant dans le Katchin et la capitale, Rangoon. Sur chacun des deux sites, les équipes MdM regroupent des expatriés et une soixantaine de membres du personnel national, médecins, infirmiers et éducateurs. Dans la nuit du 02 au 03 mai 2008, le passage du cyclone Nargis dans le sud de la Birmanie et sur la capitale Yangon a provoqué d’importants dégâts et un nombre de victimes impressionnant. A ce jour, on estime le nombre de morts et disparus à 133 000, les blessés à 20 000 et le nombre de sinistrés à 2,4 millions de personnes, sans abri, sans ressources, et disposant d’un accès encore limité à l’aide alimentaire, médicale et humanitaire. Yangon et le delta de l’Irrawaddy ont été déclarées zones de catastrophe naturelle. Médecins du Monde a renforcé son équipe locale préalablement implantée sur un programme de lutte contre le VIH/Sida par l’envoi de 22 tonnes de fret, de deux véhicules et de personnels expatriés expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles. Malgré de grandes difficultés logistiques et administratives, Médecins du Monde a pu également se déployer en direction du delta de l'Irrawaddy . Une équipe composée de soignants birmans, désormais seuls autorisés à se déplacer, intervient ainsi depuis quelques jours à Kungyangon, localité de 80.000 personnes. Les principales pathologies sont les diarrhées et les infections respiratoires et cutanées. Depuis son arrivée, Médecins du Monde distribue abris et matériels de purification d’eau et dispense entre 200 à 300 consultations par jour. BESOINS IDENTIFIESLes besoins identifiés sont notamment des soins de santé primaire, l'accès à l’eau potable, les abris, des latrines, de la nourriture. De plus des pathologies endémiques, liées à la catastrophe et au manque d’hygiène apparaissent : infections respiratoires aigues, diarrhées, paludisme, malnutrition, etc. L’urgence absolument prioritaire aujourd’hui est l’accès à l’aide alimentaire et à l’eau pour les populations sinistrées isolées. NOS ACTIONS EN BIRMANIE
Médecins du Monde s’est mobilisé aux premières heures du passage du cyclone. L’équipe de Yangon s’est mobilisée sur l’urgence dès le lendemain pour évaluer la situation et réaliser des soins de santé primaire en utilisant le stock médical présent sur place. Une opération d’urgence a été déclenchée en renfort dès le 05 mai, qui a abouti à l’arrivée de 2 logisticiens et de fret aérien les 09 et 12 mai. Le mandat confié aux équipes est de rétablir un accès aux soins de santé primaire et un accès à l’eau pour les populations des townships les plus pauvres de la capitale, de sa périphérie et des zones du delta de l’Irrawaddy. Les activités prévues se déclinent autour des axes suivants : Au 30.05.2008, cinq équipes médicales mobiles ont été formées et déployées dans les zones affectées. Les expatriés ne pouvant pas se rendre encore en dehors de Yangon, ces équipes sont composées exclusivement de personnel birman (1 médecin, 1 infirmier, 1 sage-femme, 1 chef d’équipe-logisticien et 1 assistant pharmacien par équipe). Les équipes de Médecins du Monde venu en renfort, (expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles) ont réalisé des formations intensives à Yangon à ces équipes nouvellement recrutées (méthodes d’évaluation rapide, recueil épidémiologique, suivi nutritionnel, protocoles thérapeutiques d’urgence et utilisation de médicaments essentiels,…) qui partent ensuite dans les zones préalablement identifiées pour une évaluation-action (mise en place de consultations mobiles simultanément à l’évaluation médicale de la zone) pour la semaine. Les actions de notre ONG sont menées dans la grande périphérie de Yangon (plusieurs sites), dans le delta de delta de l’Irrawaddy :
- Kunyangon (7 villages), Un total de 768 consultations, dont 18% d’enfants, a été réalisé au cours de la semaine - 1 au 6 juin RESSOURCES HUMAINESL’équipe du projet long-terme est présente sur Yangon et compte 6 expatriés et 61 collaborateurs nationaux L'équipe arrivé en renfort est composée :
- 2 personnes coordination médicale d’urgence LOGISTIQUE- 2 fret d'un total de 30 tonnes de matériel, kits médicaux (médicaments de bases, kit catastrophe, traitement du choléra, sérums antitétaniques, antipaludiques, ...), eau et assainissement, tentes, bâches plastiques, générateurs, - Le matériel est arrivé à bon port lundi 12.05 au matin ; il a pu être déchargé sans encombre et stocké par nos équipes sur place. MdM est la premier ONG qui a réussi à obtenir les autorisations d’atterrissage sur Yangon et apporter une aide significative en matériel médical et non médical. 6 juin 2008 |
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Birmanie 4 Juin 2008 Dr Francoise Sivignon, responsable de la mission en Birmanie Dépassée par l’ampleur de la catastrophe mais également pressée par ses principaux partenaires économiques asiatiques, la Birmanie a timidement ouvert ses frontières à l’aide internationale. Un mois après le cyclone qui a dévasté le Sud du pays et après les déclarations récentes des autorités birmanes en faveur d’un déploiement sans conditions de l’aide internationale, qu’en est-t-il de cette aide dont dépendent encore des centaines de milliers de personnes ?
Sur le terrain, les conditions sont encore loin d’être remplies pour que l’aide arrive dans des délais rapides et soit utilisée dans des conditions optimales. En effet, les contraintes auxquelles nous faisons face quant à la délivrance de visas humanitaires pour nos expatriés et l’accès aux zones les plus sinistrées restent inchangées. Cependant, grâce à 5 équipes composées de soignants birmans, Médecins du Monde est largement opérationnel dans la grande périphérie de Rangoon mais aussi dans le delta de l’Irawady à Kungyangon, Dedaye, Pyapon et Bogale. Ces soignants birmans, travaillant pour certains depuis de nombreuses années avec MdM, apportent une aide effective aux plus vulnérables et vont au devant de populations qui n’ont, pour certains, pas reçus le moindre soutien. La mise en place de cliniques mobiles dans les zones affectées permet de subvenir à des besoins médicaux particulièrement en soins de santé primaire mais aussi à des besoins en eau potable et en abris. De plus, notre ONG met en place une surveillance nutritionnelle pour les enfants de moins de 5 ans ainsi qu’un système de surveillance épidémiologique dans des zones où les structures sanitaires ont été détruites et le personnel médical est manquant. Alors que des jours de souffrance se profilent pour ceux qui sont sans abri et sans moyen de subsister, Médecins du Monde réitère auprès des autorités birmanes sa demande d’un accès facilité aux zones sinistrées et d’une levée des entraves au déploiement encore vital de l’aide humanitaire. L’urgence d’une aide nutritionnelle, en eau potable et en soins médicaux doit être prise en compte et la pression de toute la communauté internationale doit être maintenue afin qu’une nouvelle catastrophe meurtrière ne vienne encore endeuiller ce pays fragile. |
La Birmanie, 18 jours après le cyclone
Dans un pays parmi les plus pauvres d’Asie du Sud-est, le cyclone qui a ravagé le Sud est venu dévaster l’immense territoire de cinq zones côtières. Près de 3 semaines après ce désastre et après des centaines de milliers de morts, les survivants affamés et la communauté internationale n’ont pas fait bouger la ligne politique d’une junte militaire au pouvoir depuis plus de 40 ans : pas de déploiement massif de l’aide internationale sur le sol birman. Tout au plus la perspective dans les jours qui viennent de laisser intervenir des travailleurs humanitaires des pays voisins, membres de l’ASEAN. La junte au pouvoir garde un contrôle total des territoires sinistrés. En effet, bien que les équipes de Médecins du Monde soient à pied d’œuvre depuis le 3 Mai, leurs activités restent strictement encadrées. Nous avons laborieusement obtenu l’autorisation de réceptionner l’intégralité des 22 tonnes de matériel arrivé par avion cargo le 12 Mai et le fret a été stocké dans des locaux sécurisés de MdM. Dans une capitale où les transports et l’électricité n’ont pas été rétablis, le dispensaire de Rangoon est l’objet d’une réhabilitation des bâtiments endommagés tout en restant ouvert aux bénéficiaires habituels. Plusieurs missions exploratoires ont permis la mise en place de cliniques mobiles dans la grande périphérie de la capitale en particulier à Thanlyin et Dagon où 80 % de l’habitat est détruit. Les sinistrés ont trouvé refuge dans des monastères ou des écoles ; ces dernières risquent être réquisitionnées pour permettre la tenue du vote sur le texte Constitutionnel qui n’a pas encore eu lieu dans les zones dévastées par le cyclone et les sinistrés se retrouveront une fois de plus sans abri alors que les pluies diluviennes de la mousson s’abattent sur la région. Depuis le 12 Mai, les expatriés ne peuvent plus sortir de Rangoon et nous avons en conséquence renforcé notre équipe soignante birmane afin de poursuivre nos activités dans la zone du Delta de l’Irrawaddy. Médecins du Monde intervient dans la localité de Kungyangon, 80.000 habitants, pour porter assistance et soigner les sinistrés. Le libre accès aux populations meurtries se heurte donc à des contraintes de tout ordre et l’Etat birman ne fléchit pas alors que l’aide est encore très insuffisante. Nous aurons besoin rapidement de matériel médical, de kits d’épuration d’eau et d’abris pour faire face aux besoins immenses de la population. En conséquence, nous demandons au gouvernement birman d’alléger les contraintes administratives entravant les activités de solidarité internationale et de faciliter l’accès aux zones dévastées par le cyclone. Après l’échec des multiples pressions diplomatiques, on ne peut que souhaiter que l’ultime recours que représente l’intervention des pays de la région infléchisse la dure ligne politique des autorités birmanes. |
22 mai 2008
Suite aux manifestations pacifiques réprimées dans le sang à l’automne 2007 par le régime, la Birmanie connaît une situation difficile tant d’un point de vue politique qu’économique. Isolée sur la scène internationale, la junte militaire au pouvoir ne bénéficie que du soutien de quelques uns de ses voisins, la Chine en tête. Sur le plan sanitaire, le virus du SIDA continue son expansion, faute de réponses adaptées aux problématiques liés à la prostitution et à l’usage de drogue par voie intraveineuse.
PRÉVENTION ET SOINS DES IST ET DU VIH à Yitkyina (Kachin) et Yangon
Activités :
MdM agit sur la prévention et l’accès aux soins des IST et du VIH / Sida auprès des personnes se prostituant et des usagers de drogue, y compris l’accès aux ARV.
Principales activités pour les personnes se prostituant (Yangon) :
• sessions de prévention du VIH / Sida, soins gratuits pour les IST et les infections opportunistes ;
• ateliers récréatifs dans nos centres d’accueil de jour et distribution de préservatifs.
Principales activités auprès des usagers de drogues (Etat du Kachin) :
• promotion des méthodes de réduction des risques dans les lieux d’injection ;
• distribution de seringues (410 000 en 2007) ;
• sessions de prévention/éducation ;
• soins gratuits pour les IST et les infections opportunistes ;
• ateliers récréatifs dans les centres d’accueil de jour.
Perspectives :
Sur Yangon, MdM va poursuivre la prise en charge globale des bénéficiaires. Dans l’Etat du Kachin, les efforts seront maintenus sur le projet de substitution à la méthadone couplé à l’administration d’ARV
sous réserve d’une évaluation prévue en 2008. Poursuite des activités de plaidoyer auprès des autorités
sanitaires birmanes et de réseaux internationaux afin de promouvoir les activités de prévention et de
soins auprès des plus marginalisés.
Birmanie decembre 2007
Mai 2008