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Tribune   Mondialisation et santé


"Au-delà du soin, notre vocation est aussi le témoignage : faire état de ce que nous voyons, dans le cadre de situations de menaces pour la santé, d'atteintes aux droits fondamentaux, plus particulièrement le droit à la santé, de violations du Droit international humanitaire.
Alerter, interpeller, faire pression pour que la situation change…

Ce sont ces valeurs fondatrices, qui ont conduit Médecins du Monde à prendre position, avec d'autres mouvements de la société civile internationale, sur le processus de mondialisation.
En tant que Médecins-citoyens du Monde, nous sommes naturellement favorables à tout processus de mise en commun des richesses et des savoir qui permet l'amélioration des conditions de santé et de vie, et un meilleur respect des droits fondamentaux. Nous sommes animés du devoir d'ingérence, c'est à dire que nous pensons que le principe de non ingérence doit s'arrêter là où naît le risque de non assistance.
Nous sommes donc pour l'édification d'un espace public mondial qui met en tension le cadre étroit des souverainetés craintives, autoritaires et opaques des Etats.

Tout cela pour la seule raison qui vaille : le bien être des populations.

Pourtant, la mondialisation telle qu'elle se développe n'est pas seulement source de bienfaits. Les rênes sont encore tenues par des acteurs dont les intérêts convergent : Etats puissants, institutions financières internationales, organisation mondiale du commerce, sociétés transnationales. Il n'est donc pas surprenant que le modèle actuel se préoccupe essentiellement d'objectifs financiers et de règlements commerciaux ; qu'il ne soit que technique, fondé sur le profit ; que ce que nous appelons " dérégulation " n'est pas une dérive mais un programme…
Il y a des gagnants et des perdants, et le rôle de Médecins du Monde est évidemment d'être au côté des seconds."

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