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Presse

05/05/2008 Séminaire international sur le financement de la santé dans les pays en développement : Quelle solution pour l’accès aux soins des plus démunis ?

Le 7 mai prochain, la France accueillera à Paris une conférence internationale sur la Couverture Santé Universelle dans les pays en développement. La question du financement des systèmes de santé sera au cœur des débats.
Invité à y participer, Médecins du Monde entend rappeler que l’extension de la couverture du risque maladie auprès des plus défavorisés exige que l’accès aux soins de ces populations vulnérables soit largement subventionné.

05/05/2008 L’accès gratuit aux soins de santé primaire : une stratégie payante !

Les 23 et 24 avril, à l’occasion du rendez-vous entre la société civile internationale et les sherpas des pays du G8 (civil G8), Médecins du Monde présentera son nouveau rapport sur la gratuité des soins. En amont du G8, cette rencontre permettra à Médecins du Monde de rappeler aux Etats membres leurs responsabilités dans la mise en œuvre d’un accès universel aux soins de santé primaire.

Publications

06/05/2008 Rapport - L’accès gratuit aux soins de santé primaire :une stratégie payante Appel au G8

Parmi les nombreuses barrières pouvant expliquer les difficultés d’accès à la santé, l’obligation faite à l’usager de payer les prestations de soins représente un obstacle de première ligne. Chaque année, plus de 100 millions d’individus basculent dans la pauvreté du fait de dépenses catastrophiques de santé.


Tribune   L’accès gratuit aux soins : une réponse à la vie chère.


La crise globale que subit la planète depuis mi-2007 et qui s'est accélérée en ce premier semestre de l'année 2008 sous l’effet de la crise alimentaire, démontre une nouvelle fois que les populations les plus touchées sont précisément celles là même qui devraient être l’objet de toutes les attentions. L’augmentation du prix des matières premières et des denrées de première nécessité affecte massivement des populations déjà largement démunies.

Ces nouvelles difficultés viennent s’ajouter aux autres barrières financières auxquelles se heurtent déjà depuis longtemps ces mêmes populations. L’accès payant aux soins constitue de ce point de vue un des principaux obstacles financiers contribuant de manière significative à cette situation de crise généralisée.

En septembre 2000, lors du sommet du Millénaire des Nations unies, les dirigeants des pays riches et des pays pauvres ont engagé leurs nations respectives dans un ambitieux partenariat mondial visant à réduire l’extrême pauvreté et les inégalités. Cet engagement s’est traduit par huit objectifs de développement, que l’on a appelés les objectifs du Millénaire pour le développement à atteindre d’ici à 2015. Trois d’entre eux concernent tout particulièrement la santé : réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH, le paludisme et la tuberculose.

A mi parcours, les experts s’accordent sur un point : les engagements pris dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement n’ont pas permis, jusqu’à maintenant, d’enregistrer d’avancées significatives. Aujourd’hui, près de 10 millions d’enfants à travers le monde - un enfant toutes les trois secondes - meurent tous les ans de maladies qui auraient normalement du être évitées ou soignées (paludisme, pneumonie, diarrhée, rougeole…). Malgré, l’existence d’un vaccin depuis plus de quarante ans, la rougeole par exemple continue pourtant d’entraîner la mort d’environ 300 000 enfants chaque année.

Pour expliquer cette situation, il est important de souligner que l’accès payant aux soins, introduit à la fin des années 80, a largement amputé la capacité des populations à se soigner.

Quand on sait que la réalisation d’une césarienne en urgence nécessite dans de nombreux pays le paiement d’un forfait élevé par le patient ou son entourage avant la réalisation de l’acte opératoire, on comprend que le temps mis à collecter une telle somme (vente de denrées de première nécessité bien souvent pour obtenir une telle somme d’argent) est à l’origine d’un retard dans la réalisation de la césarienne et conduit au décès de la mère et du nouveau-né.

Aujourd’hui, ce constat est de plus en plus partagé et a abouti notamment en 2005 à un engagement fort et symbolique des pays du G8 en faveur de la gratuité des soins de santé primaires (SSP). Depuis, plusieurs gouvernements du Sud (majoritairement en Afrique) se sont engagés dans cette voie via la mise en œuvre de politiques plus ou moins extensives d’accès gratuit aux SSP.

Alors que la communauté internationale semble redécouvrir le spectre de la famine et des mouvements sociaux en réponse à la vie chère, il est important de souligner que des solutions existent. Dans le secteur de la santé, grâce à la volonté conjuguée de certains gouvernements africains, de bailleurs et d’ONG, des réponses ont été proposées et mises en œuvre. Ainsi au Niger, la mise en place d’une politique de gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes a permis de multiplier par 4 le recours des moins de 5 ans aux soins curatifs et un doublement des soins préventifs pour les femmes enceintes. Comme le souligne récemment l’UNICEF, la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans a permis de baisser de moitié la mortalité par paludisme des enfants de cette tranche d’âge.

Le 7 mai prochain s’ouvre à Paris une conférence internationale sur la couverture du risque maladie dans les pays en développement. Il nous semble essentiel de réaffirmer l’impérieuse nécessité d’œuvrer en faveur d’une santé accessible à tous, y compris aux plus défavorisés. L’aide internationale doit pouvoir jouer à cet égard un rôle d’appui précieux. Pourtant, malgré l’engagement de consacrer 0.7% de leur richesse nationale à l’aide au développement, l’aide publique au développement globale affiche pour la deuxième année consécutive un net recul et s’élève aujourd’hui à 0.28% du PIB mondial. L’aide de la France s’inscrit également à la baisse (0.39% en 2007 contre 0.46% en 2006). L’augmentation constante du coût de la vie dans les pays pauvres doit amener les pays donateurs à poursuivre leur effort dans le soutien au système de santé des pays du Sud. L’accès gratuit aux soins pour les populations vulnérables (notamment enfants et femmes enceintes) est l’une des réponses à apporter.

Olivier Bernard, pédiatre, membre du Conseil d’Administration de MdM

Catherine Giboin, économiste de la santé, membre du CA et trésorière de MdM

Nicolas Guihard, chargé de plaidoyer pour Médecins du Monde