Mission Les Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS)
Chiffres
3 personnes sont salariées à la PASS : une infirmière, une assistante sociale et un interprète.
14 médecins vacataires travaillent à la PASS.
15,7 consultations en moyenne par PASS (par après-midi).
22 ans est la moyenne d'âge des patients reçus à la PASS.
Définition
Les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) sont des cellules de prise en charge médico-sociale, qui doivent faciliter l’accès des personnes démunies non seulement au système hospitalier mais aussi aux réseaux institutionnels ou associatifs de soins, d’accueil et d’accompagnement social. Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative
Des fonctionnements nationaux aléatoires
Les missions France de MdM participent activement depuis plus de huit ans au développement local des Pass en apportant leur recommandation et leur expertise en matière de prise en charge des personnes en difficulté sociale. La loi d’orientation relative à la lutte contre l’exclusion de 1998 prévoit l’ouverture de permanences d’accès aux soins de santé (Pass) au sein des établissements hospitaliers du service public pour accueillir, orienter et soigner les personnes en situation précaire. Dix ans après le vote de la loi, Médecins du Monde constate pourtant des modes d’organisation différents selon les hôpitaux. La création et le bon fonctionnement d’une Pass relèvent de plusieurs éléments intrinsèquement liés : volonté des pouvoirs publics, financements, coordination des différentes institutions locales…
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Des difficulté pour la PASS de Marseille
Dans le cas de la ville de Nantes, le contrat gouvernemental de lutte contre l’exclusion a donc été relevé et rempli. Le défi reste pourtant entier pour de nombreuses villes en France, à l’image de Marseille où pouvoirs publics, établissements hospitaliers et associations ne semblent pas trouver les moyens pour coordonner une action pérenne et efficace. Les équipes de MdM à Marseille se battent ainsi depuis des années pour faire entendre aux différents acteurs de la ville l’impérative nécessité de créer une permanence pour les plus démunis. Le Caso de Marseille, enregistrait encore en 2007 plus de 10 000 passages (consultations médicales, sociales, soins infirmiers…).
Après plusieurs opérations coup de poing menées conjointement par des associations de la ville, et sous la pression médiatique grandissante, une Pass a ouvert ses portes au sein de l’hôpital de la Conception en juillet 2007. Un an après sa création, les activités de la permanence restent cependantbien en deçà des besoins réels de la ville. Ouverte deux après-midi par semaine, et proposant uniquement des consultations de médecine générale, la Pass de la Conception ne répond pas auxbesoins. En un an d’activité, seule 200 consultations ont été effectuées. Une Pass qui semble exister pour apaiser les consciences puisque aucune volonté de développement des activités n’existe à ce jour.
Le respect de la loi relative à l’exclusion semble être bien loin des préoccupations de la municipalité et des responsables des établissements hospitaliers de la ville qui préfére déléguer ses responsabilités aux associations locales. Mais, le centre de soins de Médecins du Monde ne peut pas répondre aujourd’hui aux besoins de tous.
Article écrit par Céline Morel,
Témoignage
Les clandestins bien soignés à la PASS de Calais
A Calais, les clandestins reçoivent des soins de santé. Mais la mission migrants du littoral Nord-Pas-de-Calais peine à accéder aux migrants cachés dans les squats.
La fermeture du centre d'hébergement de Sangatte, en novembre 2002, n'a pas tari le flux des clandestins en transit vers l'Angleterre. Des bénévoles de MdM ont assuré des consultations médicales et infirmières jusqu'en décembre 2006, date à laquelle une PASS (permanence d'accès aux soins de santé) a vu le jour à l'hôpital de Calais. C'est la seule de la région. Des consultations ouvertes cinq après-midi par semaine accueillent entre 15 et 30 personnes. Parmi les patients reçus par l'équipe médicale, les Pakistanais, les Afghans, les kurdes d'Irak sont les plus représentés.
«Les soins médicaux, principalement pour des problèmes dermatologiques, des troubles ORL et digestifs, sont dispensés dans de bonnes conditions. Le lieu est agréable et toutes les personnes peuvent se doucher avant de voir un médecin», se félicite Martine Devries, médecin généraliste responsable de la mission migrants du littoral Nord-Pas-de-Calais.
Les actes médicaux nécessitant un spécialiste et les examens complémentaires sont pris en charge par l'hôpital de Calais. Sauf les soins dentaires, pour lesquels le dossier est à l'étude. L'un des points noirs de la mission reste l'accès aux personnes cachées dans des squats loin de Calais. «Elles sont environ 500, en grande souffrance physique et psychique, sans eau, ni WC, ni douche. Parmi elles, il y a beaucoup de mineurs isolés, explique Martine Devries. Et ielles sont harcelés par la police.» Une consultation est organisée une fois par semaine seulement et les bénévoles de MdM travaillent dans des conditions difficiles, parfois à l'arrière du coffre de leur voiture. «L'obtention d'une camionnette améliorera la qualité et la rapidité de ces interventions nécessaires», espère Philippe Pluvinage, coresponsable de mission.
A., Kurde irakien de 24 ans, rencontré en août 2007, par la mission mobile de MdM dans le Pas-de-Calais.
"Diplômé d’anglais, il était professeur dans un lycée. Il a servi d’interprète aux Américains présents dans sa région. Lorsqu’ils sont partis, il s’est retrouvé à la merci des opposants à la présence américaine en Irak. Il a en sa possession un document qui prouve que sa vie était menacée. Le médecin de Médecins du Monde le reçoit pour des plaies sur la main gauche qu’il se taille à chaque fois qu’il ne parvient pas à passer vers l’Angleterre. Il a de plus en plus de difficultés à supporter l’idée qu’il pourrait échouer si près du but".
Chiffres
3 personnes sont salariées à la PASS : une infirmière, une assistante sociale et un interprète.
14 médecins vacataires travaillent à la PASS.
15,7 consultations en moyenne par PASS (par après-midi).
22 ans est la moyenne d'âge des patients reçus à la PASS.
Article écrit par Stéphanie Lelong
Consultation Jean Guillon de Nantes : PASS modèle
Les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) ont été mises en place au sein des établissements hospitaliers du service public pour accueillir, orienter et soigner les personnes en situation précaire.
La consultation Jean Guillon de Nantes a démarré ses activités en novembre 2000. Elle fait office aujourd’hui de modèle en matière d’intégration d’une PASS au sein d’un hôpital mais également au vu de son fonctionnement interne et des relations entretenues avec ses partenaires (Médecins du Monde, Samu social, centres de dépistages…)
En 2007, la PASS a effectué près de 2500 consultations médicales et 1700 consultations sociales, 75% de la population reçue est d’origine étrangère, souvent non francophone. Le personnel de la consultation Jean Guillon constate une augmentation des personnes sans ressources, en 2007, elles représentaient 90% des personnes accueillies.
Pour faire face à une telle activité, la PASS de Nantes bénéficie depuis 2006 de la présence d’un médecin généraliste à temps plein, une véritable aubaine, selon l’ensemble de l’équipe, d’autant qu’il devient de plus en plus difficile de solliciter des généralistes pour assurer des vacations. Depuis l’arrivée du Dr Scanvion, la PASS est ouverte 5 jours par semaine et les horaires de travail du personnel ont pu être adaptés à ceux des patients. Par ailleurs, la présence continue d’un médecin au sein de la PASS permet un meilleur suivi des patients et une coordination plus efficace avec les partenaires. Le centre de soins de Médecins du Monde et la PASS ont ainsi démarré en 2006, une campagne de vaccination auprès des populations Rroms de la région et organiser des actions de prévention sur l’hygiène bucco-dentaire, l’alimentation et le saturnisme.
Portrait du Dr Adeline Scanvion, Médecins généraliste à la consultation Jean Guillon depuis 2005.
« J’ai souhaité dans un premier temps impliqué davantage la PASS dans le suivi des femmes et des enfants Rroms, population largement représentée sur la consultation Jean Guillon. Les projets de la PASS sont encore nombreux : réduire les inégalités sociales de santé, coordonner les différents structures impliquées dans la prise en charge des patients, améliorer la prise en charge de ces patients. Nous avons également prévu d’améliorer la qualité de l’information, une plaquette de présentation des activités de la consultation, traduite en plusieurs langues est en cours d’élaboration. »
Témoignage
Céline, 33 ans,assistante sociale à la Pass de Nantes
" Chaque patient bénéficie d’une consultation sociale lors de son 1er rendez-vousà la Pass. Après étudedu dossier, en lien avec le médecin, on informe et on oriente le patient vers les structures adaptées. Nous travaillons ainsi en étroite collaboration avec les associations d’aide aux étrangers et les foyers. Malheureusement, depuis quelques années, nous rencontrons de plus en plus de difficultés quant aux possibilités d’insertion des patients vers le droit commun. Ces difficultés structurelles induites par le durcissement des lois françaises nous offrent un éventail d’aides et d’actions de plus en plus réduit. »
H. V., 40 ans, SDF pendant 28 ans
"Il y a 8 ans, j’ai eu une crise d’épilepsie et le Samu m’a transporté aux urgences. Le lendemain, j’ai été envoyé à la Pass de l’hôpital. Depuis, je me rends trois fois par semaine à la consultation pour obtenir mes médicaments. Je suis resté à la rue pendant 28 ans mais j’ai obtenu un appartement en mars 2007."
Article écrit par Céline Morel,
Photographies : Christophe Siebert