Dossier de presse   L’accès aux soins des plus démunis en 2008


L’accès aux soins des plus démunis en 2008

Journée internationale du refus de la misère 17 octobre 2008

Synthèse du dossier de presse

Le message de la journée de témoignage des Missions France, fondée sur le recueil de données issues des consultations s’articule autour des points suivants :

Des patients dans l’isolement et la précarité
Leur état de santé est inquiétant

Près de 50 % des patients souffrent de pathologies néces-sitant un suivi médical d’au moins 6 mois.

Près du quart des consultations concernent des patholo-gies potentiellement graves (diabète, cancer, etc.).

En Ile-de-France, les taux de prévalence du VIH et des hépatites sont inquiétants : 3,2 %, pour le VIH (soit 15 fois la moyenne nationale), près de 7 % pour l’hépatite B (10,5 fois) et près de 6 % pour le VHC (7 fois).

Ces pathologies sont aggravées par les conditions de vie ou les retards d’accès aux soins, faute d’ouverture de droits, qui concernent 11 % des consultations.

Une très faible couverture maladie

Seuls 2 patients sur 10 disposent d’une couverture maladie.

78 % des patients pourraient, théoriquement, bénéficier de cette couverture mais dans les faits, seuls 20 % ont des droits ouverts.

Le droit au séjour pour raisons médicales, qui se justifie pour les pathologies lourdes, fait l’objet de nombreuses attaques. Pourtant, plus de 50 % des étrangers sans titre de séjour nécessitent un suivi et une prise en charge médi-cale d’au moins 6 mois.

Accueil des plus démunis à l’hôpital : insuffisant et encore trop hétérogène

L’accès à l’hôpital est nécessaire pour les plus précaires : le présent rapport démontre que les patients qui fréquentent les permanences d’accès aux soins de santé (PASS, créées en 1998 au sein des hôpitaux pour les plus démunis) pré-sentent des pathologies lourdes, nécessitant l’expertise et le recours au plateau technique d’une structure hospitalière.

Pourtant, leur nombre est encore insuffisant : sur les 500 permanences d’accès aux soins de santé prévues par la loi pour accueillir toute personne en situation de précarité, seules 369 ont été créees, dont une très grande majorité ne remplit pas le cahier des charges.

Leur fonctionnement est par trop inégal : près de la moitié des PASS ne reçoit pas les patients qui n’ont pas de droit à une couverture maladie. Pourtant, il est dans leur mission de recevoir TOUS les patients en situation de précarité, quelle que soit leur situation administrative. Les soins sont parfois différés en l’attente de l’ouverture des droits, ce qui peut conduire à un retard ou un non recours aux soins.

Certaines PASS ne fonctionnent pas en continu ; leurs capacités d’accueil sont parfois saturées, en raison des plages horaires limitées.

L’accès aux consultations spécialisées au sein de l’hôpital (dentaires, ophtalmologiques ou psychiatriques) est sou-vent difficile, de même que l’accès au plateau technique.

La remise des traitements à la suite des consultations n’est pas garantie dans toutes les PASS.