Dossier de presse   L'accès aux soins des plus démunis en 2006

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Sommaire

Synthèse

Cette année, la journée de témoignage des Missions France est organisée autour de deux messages forts :

1- les résultats de l’Observatoire de l’accès aux soins marqués par :

Des patients majoritairement jeunes, étrangers et marqués par la précarité :
- financière : la quasi-totalité des patients vit sous le seuil de pauvreté
- d’hébergement : la majorité vit dans un logement précaire, souvent insalubre, ou dans la rue
- administrative : 71 % des étrangers devant justifier d’un titre de séjour n’en ont pas et 29 % des étrangers sont concernés par une demande d’asile.

• Des pathologies aggravées par leurs conditions de vie :
- Les patients ne présentent pas de pathologies spécifiques, mais elles sont aggravées par les conditions de vie ou des retards d’accès aux soins. Notons plus particulièrement une augmentation des troubles psychiatriques et de la souffrance psychique, une couverture vaccinale très faible et un mauvais taux de dépistage, pour des patients présentant pourtant des facteurs de risque.
- Près de 59 % des diagnostics correspondent à des pathologies nécessitant une prise en charge à moyen ou long terme. Pourtant, les patients n’ont le plus souvent pas de droits à la couverture maladie et n’ont, de fait, pas accès aux soins.

• Une détérioration des droits à la couverture maladie :
- près de la moitié des patients relève de l’Aide Médicale Etat et 29 % de la Couverture Médicale Universelle mais plus de plus en plus de patients se présentent sans aucun droit potentiel. Cette proportion a été multipliée par 2,5 par rapport à 2001.
- même parmi les personnes qui devraient avoir une couverture maladie, 82% n’en ont pas. Ces droits n’ont pas pu être ouverts du fait de nombreux freins à l’accès aux soins.De nombreux freins à l’accès aux soins : - La principale difficulté d’accès aux soins réside dans l’obligation de domiciliation. En 2005, la moitié des patients de Médecins du Monde en avait besoin pour l’ouverture de leurs droits et parmi eux, les trois quarts en étaient dépourvus.
- Notons également les difficultés financières, la méconnaissance des droits et des structures par manque d’information ciblée auprès des étrangers en difficulté, les difficultés administratives dues à la complexité des démarches ou encore les barrières linguistiques.

2- L’enquête autour des refus de soins :

Même lorsque les droits sont ouverts, les bénéficiaires de la CMU ou de l’AME se heurtent encore trop souvent au refus de soins de la part du corps médical. Suite à une enquête téléphonique menée auprès de 725 médecins généralistes dans 10 villes, il est apparu que :
- près de 4 médecins sur 10 refusent les soins pour un bénéficiaire de l’AME, et 10 % des médecins refusent des soins aux patients relevant de la CMU.
- des différences apparaissent selon le secteur d’activité des médecins : ceux du secteur 2 refusent deux fois plus souvent les soins que les médecins du secteur 1, quel que soit le type de couverture maladie.