Dossier de presse   L'accès aux soins des plus démunis en 2005

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Comme les missions internationales, les missions France de Médecins du Monde interviennent auprès des plus vulnérables, ceux à qui les droits fondamentaux sont déniés, ceux qui souffrent et n'ont pas accès aux soins.

Toujours présente dans 28 villes au travers de 1 900 bénévoles actifs au quotidien dans 115 programmes de promotion de la santé, nous voudrions voir l'activité des missions France se réduire. Nous voudrions pouvoir dire que les progrès en matière d'accès aux soins dans notre pays ont été notables.

Mais notre constat est tout autre : les populations en difficulté d'accès à la prévention et aux soins sont toujours aussi nombreuses. Elles n'ont toujours pas accès à l'information sur leurs droits à une couverture maladie. Les effets des modifications législatives qui vont toutes quasiment dans le sens de plus de restrictions, se font durement sentir sur le terrain. Les plus démunis sont assimilés à des fraudeurs. Les politiques à leur égard tendent vers moins d'accès, plus de contrôles, plus de stigmatisation.
L'année 2004 aura vu sur le terrain un fort recul de l'accès aux soins et ce, pour la première fois depuis la mise en place de la Couverture Maladie Universelle en 2000 : nous nous sommes retrouvés dans l'impossibilité d'orienter les patients vers le système de soins de droit commun, ce qui modifie de fait le sens de notre action, conçue et construite pour être une passerelle vers le dispositif général de soins et de prévention.
Les personnes souffrantes ont donc plus souvent poussé la porte des centres d'accueil, de soins et d'orientation de la mission France de MDM.
Les législations des deux dernières années ont eu jusqu'à présent plus d'impacts négatifs que positifs :

Nous n'avons pourtant eu de cesse de démontrer les conséquences néfastes de ces mesures, qui reflètent la peur des parlementaires et du gouvernement d'assumer sereinement le fait que la 5ème puissance mondiale permette à l'ensemble de ses résidents d'accéder aux soins. Rappelons que les maladies, elles, n'examinent pas à la loupe les titres de séjour ni les preuves de résidence. La politique de santé publique de notre pays devrait s'attaquer aux inégalités sociales de santé pour l'ensemble des résidents sur le territoire et non à l'exclusion des plus vulnérables.

Un pays qui au XXIème siècle instaure des régressions socio-sanitaires pour les
plus faibles est un pays qui va mal.

La Mission France dans toutes ses composantes (centres d'accueil de soins et d'orientation, programmes mobiles de proximité pour l'accès aux soins en général ou plus spécialisés dans la réduction des risques liés aux usages de drogues) applique quelques règles fondamentales issues de la pratique de la réduction des risques et du partage du savoir, initié avec les
années sida :

Nous espérons que les reculs enregistrés en France pourront être contre-balancés par des avancées au niveau européen. Nous restons sans illusions mais d'un optimisme combatif ! Les parcours des personnes rencontrées sur le terrain, leurs maux et leurs mots nous redonnent chaque jour la force de continuer.