Une dizaine de tentes ont déjà été retirées, toutes les affaires des personnes ont été confisquées et le contact avec leurs occupants a été rompu. Certaines personnes nous ont rapporté que les policiers leur avaient conseillé d’aller s’installer dans des endroits plus discrets à quelques rues de là. Pourtant à ces emplacements, les relations avec les riverains n’étaient pas conflictuelles.
Fabien vivant dans le 14ème arrondissement témoigne : « Le 9 août vers 7 h du matin 11 policiers de la BAC et un commissaire du 14ème arrondissement sont intervenus rue du Général Leclerc. Je n’étais pas là. J’ai juste pu constater que ma tente avait été confisquée pendant mon absence et que tout avait disparu (duvets, couvertures, poste radio, chaussures et sacs de vêtements qui contenaient mes tenues de travail) Je me retrouve à la rue sans tente et sans vêtement de rechange. Selon mes compagnons, la police a été catégorique sur leur intention de m’expulser et de m’éloigner. Aucune proposition de relogement ou de réinsertion n’a été proposée, si ce n’est d’installer une nouvelle tente, achetée à mes frais, dans un endroit discret ».
Jérôme vit également dans le 14ème : « 20 policiers, du personnel de la voirie, la BAC et le commissaire sont arrivés vers 8h et nous ont demandé de vider nos tentes en moins de 10 minutes et de circuler. L’unique solution proposée a été de racheter une tente et de s’installer où nous le souhaitions du moment que ce soit discret. Les tentes ont été confisquées par la Voirie ».
Ces évacuations sans solution sapent le travail de suivi des associations, dont celui de Médecins du Monde, alors même que des engagements avaient été pris par les pouvoirs publics, en début d’année, pour proposer des hébergements durables aux personnes sans abris, vivant sous les tentes ou non.
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