Communiqué de presse   Saint-Denis laisse expulser des familles sans solution alternative


Collectif national droits de l'homme Romeurope :

ALPIL ( Action pour l'insertion sociale par le logement)
ASAV (Association pour l'accueil des voyageurs )
CIMADE ( Comité intermouvements auprès des évacués)
GISTI ( Groupe d'information et de soutien avec les travailleurs immigrés)
Identité rrom
LDH ( Ligue des droits de l'homme)
MDM ( Médecins du Monde)
MRAP ( Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples)
Mouvement catholique des gens du voyage
URAVIF ( Union régionale des associations voyageurs d'Ile de France)
Et les Comités de soutien de Fontenay sous Bois, Montreuil, du Nord-ouest parisien, de Saint Michel sur Orge, de Savigny-Lieusaint-Melun, du Val de Marne.

Le 13 juillet 2005

Bien loin des beaux discours, Saint-Denis laisse expulser des familles sans solution alternative

Hier, mardi 12 juillet, deux groupes d'une trentaine de familles rroms présentes depuis plusieurs années à Saint-Denis, ont été expulsées des terrains sur lesquels ils étaient installés.

Elles ont été contraintes par les forces de l'ordre d'abandonner, sans aucun cadre légal, leurs caravanes, incitées oralement à se rendre dans le département voisin du Val d'Oise puis escortées jusqu'aux limites de ce département. Elles n'ont pu emporter que ce qu'elles pouvaient porter.

Après une nuit à la Bourse du Travail de Saint-Denis, ces familles avec enfants, en situation de grande précarité et sans abri se retrouvent à nouveau dans l'errance.

Le Collectif Romeurope déplore qu'aucune solution alternative n'ait été proposée et demande solennellement à la Ville de Saint-Denis et à l'Agglomération Plaine-Commune, directement impliquées dans ces expulsions, de joindre le geste à la parole en proposant des solutions d'hébergement dignes sur un site actuellement disponible.

Ce projet pourra bénéficier des subventions du Conseil Régional qui a mobilisé un million d'euros pour aider les villes à financer les aménagements réalisés pour « éradiquer les bidonvilles ». Les moyens sont donc là !

Selon les suites apportées, les Rroms et leurs soutiens pourront juger de la réelle volonté des élus de Saint-Denis d'apporter une réponse humaine au drame vécu par ces familles.

Si les solutions durables passent par la régularisation du séjour pour ces personnes présentes de longue date sur le territoire français, des conditions de vie dignes doivent être offertes dès aujourd'hui par les collectivités locales, tout en forçant l'Etat à assumer ses responsabilités.

Le refus de la misère oblige d'abord à des réponses d'humanité.