Communiqué de presse   Libéria - 28 Mai 2004


Médecins du Monde est revenu au Liberia suite au départ de Charles Taylor en août 2003. Après avoir restauré l'accès aux soins de santé primaire aux populations de plusieurs localités du Nord du pays, l'association s'applique à mettre en place des points écoute pour les femmes victimes de violence.

La phase d'urgence : l'accès aux soins de santé primaire
De retour au Liberia après 3 ans d'absence à la faveur du cessez le feu, Médecins du Monde est d'abord intervenu en périphérie de Monrovia via un appui initial à 7 structures de soins de santé primaire. Cette intervention a pour objectif de soutenir les personnes déplacées ayant fui les combats et dépourvues d'accès aux soins.

Au mois de septembre 2003, la province de Bong, située en zone rebelle et coupée de toute aide humanitaire reste difficilement accessible. Médecins du Monde s'applique alors à y restaurer l'accès aux soins en réactivant 7 centres de santé. Sur chacune des structures, les services de consultations médicales, de vaccination, de surveillance nutritionnelle ainsi que de planning familial, de dépistage malaria et d'hospitalisation de court séjour ont été rétablis.
Au cours des 6 derniers mois, 52 122 consultations médicales ont été réalisées sur l'ensemble des 7 centres (consultations curatives, pré et post natales et planning familial) dont 36% dispensées aux enfants de moins de cinq ans et 14% aux femmes enceintes.

L'ouverture récente de 3 nouveaux centres situés dans des localités plus reculées et à la frontière guinéenne va permettre de rétablir des soins de santé primaire à un bassin de population estimé à plus 30 000 personnes soit par un appui direct aux structures existantes soit par le biais de cliniques mobiles. Enfin la présence de MDM au travers ces centres de santé primaire permet de mettre en place une veille épidémiologique dans un pays ou le risque épidémique reste très important.

Contre la banalisation de la violence.
" 10 mois après notre arrivée et malgré le processus de démilitarisation en cours, la situation est loin d'être normalisée " résume Blandine Contamin, coordinatrice du programme. " Les combattants, âgés le plus souvent de moins de 25 ans, ont derrière eux 14 années de guerre. La violence est donc institutionnalisée, banalisée. " ajoute Patrick Hirtz, responsable de mission.
Dans ces contextes, ce sont souvent les femmes les premières victimes : enrôlement de force, pratique courant du viol, etc. " Pour rompre ce cycle de violence, il nous semble capital de commencer par entendre leur souffrance " poursuit-il. D'où l'initiative de proposer un soutien psychologique via des espaces de parole aux femmes rencontrées dans nos centres de santé. Cette écoute nous permettra d'envisager d'autres interventions axées sur la prévention de la violence. Il est notamment prévu d'élargir ces activités d'écoute aux enfants dans un avenir proche.