Communiqué de presse   Liban : ouverture d’un programme d’accès aux soins des populations étrangères en prison.


Paris, le 13 avril 2005

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Liban : ouverture d'un programme d'accès aux soins des populations étrangères en prison.

Face à des conditions de détention jugées difficiles, Médecins du Monde démarre une mission visant à améliorer l'accès aux soins et la prise en charge médicale des étrangers incarcérés au Liban.

La situation des migrants au sein de la prison centrale de Roumieh

Les prisons libanaises sont généralement surpeuplées avec un taux d'occupation de 120 à plus de 200% de leur capacité d'accueil. La loi prévoyant une peine de prison en cas d'entrée illégale au Liban, les étrangers clandestins représentent aujourd'hui plus du tiers de la population carcérale libanaise. Ces étrangers en situation irrégulière sont d'une part des travailleurs migrants non qualifiés (employées de maison, ouvriers du bâtiment ou employés de restauration) en provenance de la Syrie voisine, d'Afrique, du sous-continent indien ou du sud-est asiatique et qui constituent une main d'œuvre bon marché, souvent illégale. Ces clandestins sont, d'autre part, des hommes et des femmes fuyant la guerre et les régimes dictatoriaux, notamment Soudanais, Somaliens et, jusqu'à récemment, Irakiens. Le Liban n'ayant pas signé la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, refuse d'être un pays d'accueil et traite de la même manière réfugiés, demandeurs d'asile et migrants illégaux.

Ainsi, régulièrement, les étrangers sont incarcérés plusieurs mois dans l'attente d'un transfert au Centre de Rétention de la Sûreté générale, dernière étape avant la relaxe ou l'expulsion vers leur pays d'origine. Cette durée de détention prolongée n'est pas réglementaire mais les migrants, souvent démunis, n'ont pas accès à un soutien juridique de qualité.

La prison centrale de Roumieh, proche de Beyrouth, accueille une moyenne de 4000 à 4500 détenus pour une capacité d'accueil théorique de 2000 personnes et reçoit plus de 70 % du total des étrangers incarcérés au Liban. Les conditions sanitaires et psychologiques y sont précaires. A la promiscuité, l'isolement psychologique et la discrimination s'ajoute l'angoisse liée à l'absence d'information sur l'avenir. Un accès aux soins limité, des difficultés d'accès à l'eau et à une alimentation variée ainsi que de mauvaises conditions d'hygiène les rendent encore plus vulnérables face à la maladie.

S'investir dans l'accès aux soins des étrangers incarcérés

A la prison de Roumieh, MDM accueille chaque nouveau détenu étranger, procède à des consultations de médecine générale et assure le suivi des malades chroniques. Nos équipes proposent également des séances d'information et d'éducation sur les pathologies dermatologiques, notamment la gale, pour les détenus ainsi que pour le personnel médical et les gardiens de la prison. De plus, MDM participe aux efforts de coordination engagés par les autorités carcérales concernant le sida et la tuberculose. Enfin, les détenus étrangers sont orientés vers les ONG locales s'occupant de leur suivi socio-juridique. Les activités sont menées en collaboration avec les Forces de Sécurité Intérieure, en charge des prisons et dépendant du Ministère de l'Intérieur libanais.

Des consultations de médecine générale seront également assurées au centre de rétention de la Sûreté Générale à compter du mois de mai.

Afin d'assurer la pérennité de son programme et le développement d'un travail social de proximité, MDM travaille avec les acteurs du milieu carcéral et les associations locales, notamment Caritas-Migrants et l'AJEM (Association Justice et Miséricorde).