Paris, le 11 octobre 2003
Le régime le plus terrible que l'Irak ait connu dans sa longue histoire pourtant assez régulièrement traversée de violences a laissé des cicatrices dans toutes les régions de ce pays et après trois guerres presque successives (Iran-Iraq, guerres du Golfe en 1991 et 2003), la population irakienne a perdu des centaines de milliers de personnes.
Malgré la découverte de nombreuses fosses communes et les demandes des familles pour l'identification des corps, la quête des Irakiens dans la recherche de leurs disparus n'a trouvé aucun écho auprès des décideurs politiques internationaux.
En juillet 2003, des fosses communes avaient déjà été trouvées à travers tout le pays et la plus importante à Al Mahaouil. L'Autorité Provisoire de la Coalition, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l'Europe n'ont à ce jour proposé aucune mesure satisfaisante pour conserver les preuves et enquêter sur les exactions passées, ni pour rendre justice à des centaines de milliers d'Irakiens.
Après les exactions et les constats, les demandes des familles se multiplient, ce qui justifie l'importance de la lutte contre l'impunité.
En Amérique Latine, le débat ne cesse d'agiter la société et des années après la fin des dictatures sud-américaines, les victimes réclament toujours que justice leur soit rendue. Avec la nomination du Tribunal Pénal International ad hoc pour l'ex-Yougoslavie, les familles de Srebenica ont pu obtenir un soutien de la communauté internationale et commencer à faire le deuil de leurs proches.
Le sort des disparus en Irak, pays qui détient le triste record de plus de 150 000 disparus, doit être élucidé. Sans un soutien international, il faudra probablement des années avant que l'ensemble des fosses communes soit découvert et il faudrait empêcher la destruction des preuves qu'elles contiennent. La persistance de l'impunité en Irak est un drame pour des centaines de milliers de personnes, augure d'un avenir difficile pour la justice dans ce pays.
Les associations signataires demandent au conseil de sécurité des Nations Unies et au Secrétaire Général :
- de nommer rapidement une commission d'enquête internationale chargée d'enquêter sur les disparus et les fosses communes en Irak
- de prévoir dans ces prochaines résolutions sur l'Irak la mise en place d'un mécanisme de surveillance des droits de l'Homme
- de créer un Tribunal Pénal International ad hoc ou un Tribunal mixte (national et international) pour juger les responsables des crimes contre l'Humanité et génocide commis dans ce pays
Pour plus d'information le site de l'Alliance Internationale pour la Justice (AIJ) :
>> www.a-i-j.org