Mission Personnes se prostituant

CHIFFRES

Bénéficiaires:
» 950
Nombre de bénévoles:
» 82
Principales pathologies:
» gynécologiques, pathologies liées aux conditions de la rue, troubles psychiques liés au stress, à l’isolement et aux maltraitances, addictions…

Sources de financement:
» Groupements Régionaux de Santé Publique, Conseils généraux, Conseils régionaux, Mairies, Ensemble Contre le Sida - Sidaction, Observatoire de l'Egalité Femmes/Hommes - Ville de Paris ...

Depuis l’instauration de la Loi de Sécurité Intérieure (LSI) en 2003, les conditions de vie des personnes se prostituant (PSP) se sont dégradées. Pour la majorité en situation irrégulière, les personnes migrantes se prostituant subissent la répression à l’oeuvre actuellement contre les étrangers, en plus de la criminalisation du racolage passif. En 2007, ce contexte a renforcé la vulnérabilité des PSP, particulièrement exposées aux risques d’infections sexuellement transmissibles. Ainsi, leur accès aux soins est de plus en plus entravé et leurs droits de moins en moins respectés.

Accès à la prévention, aux soins et aux droits

» Montpellier, Nantes, Paris, Rouen, Poitiers

Les activités:

Depuis 1999, MdM aide les personnes se prostituant par la prévention et l’information par les activités
suivantes :
• organisation de tournées nocturnes et diurnes en unité mobile sur les lieux de prostitution, afin de mettre à disposition du matériel de prévention et d’offrir un espace d’écoute ;
• laboration d’un suivi plus individualisé (consultations, dépistage, écoute…) dans des permanences et des ateliers santé ;
• accompagnement physique si nécessaire, pour orienter les femmes vers les structures de droit commun, et faciliter la communication lorsqu’elles ne parlent pas français ;
• adaptation et traduction de l’information sur les risques liés aux IST, VIH, hépatites et sur les droits des personnes.

Types d'interventions:

• Montpellier : en plus de ses interventions en soirée dans le centre ville, la mission a mis en place, une fois par semaine, une sortie en journée sur les routes nationales.
• Nantes : bus tournant dans la ville 2 à 3 nuits par semaine. Accompagnement physique vers l’hôpital et pour toutes démarches de soins, d’accès aux droits, de dépôts de plainte et dans les tribunaux dans les procès pour racolage. Aide à l’inscription à des cours d’alphabétisation. Mise en place d’ateliers santé thématiques. Contacts et prévention auprès des personnes se prostituant en lieux privatifs.
• Paris : 3 sorties par semaine dans les rues. Information adaptée et traduite en chinois, orientations et accompagnements avec interprètes si nécessaire. Mise en place d’ateliers mensuels thématiques (sanitaire et juridique)
• Poitiers : 2 sorties par semaine: maraude de jour et maraude de nuit 1 fois par semaine au sein d’un collectif : L’Abri.
• Rouen : sorties du bus 1 fois tous les 15 jours, en alternance avec l’association AIDES ; mission de dépistage des maladies infectieuses.

Les perspectives:

La LSI a déplacé les lieux de prostitution. Aujourd’hui les équipes savent qu’elles n’atteignent pas toutes les personnes qui se prostituent. Il est donc important de pouvoir établir un repérage concrêt afin d’accéder aux personnes qui ne se prostituent pas dans la rue et qui ont les mêmes besoins en matière d’accès à la prévention, aux soins et aux droits. En 2007, le Funambus à Nantes a initié ce travail de repérage des nouvelles formes de prostitution en lieux privatifs. Les missions souhaitent poursuivre et renforcer leurs témoignages, notamment sur les conséquences sanitaires et sociales de cette loi.

Août 2008