Mission Népal
Mortalité infantile : 59‰
Espérance de vie à la naissance : 62
IDH : 0.527 ; rang 138/177
PIB/habitant ($) : 270
Délégations internationales :
MdM USA, MdM Suisse
Population :
Bénéficiaire : 13 000
Cible : 325 000
Personnel :
Local : 14
Expatrié : 1
Sources de financement :
MdM
Budget 2007 : 111 926 euros
Le 21 Avril 2006, après de longs mois d’émeutes, le roi népalais Gyanendra annonçait qu’il «rendait le pouvoir au peuple». Dans la foulée, les rebelles maoïstes acceptaient de rentrer au nouveau parlement de Katmandou et signaient un accord de paix avec les Sept Partis de la coalition, mettant fin à la guerre civile et limitant les pouvoirs du monarque. Cependant, le pays souffre cruellement d’un manque d’assistance sur le plan sanitaire. La géographie du Népal et 10 ans de conflits ont limité l’accès aux soins des populations et freiné le développement économique ainsi que le système de l’éducation.
PROMOUVOIR LA SANTE MATERNO-INFANTILE ET LES ACTIVITES DE MICROCREDIT dans le District de Sindupalchok
Activités :
Le programme vise à améliorer l’accès aux services de santé et à diminuer la mortalité maternelle et infantile par des actions tendant à :
• assurer un service d’urgence obstétricale 24h/24 dans le district (améliorer les postes de santé et former le personnel de ces postes) ;
• développer un réseau pérenne et in fine autonome, s’appuyant sur les femmes de la communauté en
combinant le microcrédit, les soins et l’éducation à la santé reproductive ;
• accroître l’implication de la communauté dans la préparation à la naissance ;
• créer les conditions nécessaires à une bonne utilisation des services de santé ;
• améliorer et pérenniser les ressources de la communauté grâce aux activités de microfinance.
Perspectives :
Elargir le nombre de villages touchés par l’action et l’étendre à tout le district.
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Au Népal, les taux de mortalité maternelle et infantile font partie des plus élevés au monde : Combiner microcrédit et santé : une approche novatriceMédecins du Monde intervient dans la région montagneuse de Sindupalchowk où la pauvreté,l’isolement et les décennies de guerre civile ont eu des conséquences dramatiques sur la santé des femmes et des jeunes enfants. Dans cette région, 90% des femmes accouchent à leur domicile. Depuis mai 2007, nos équipes organisent des séances d’éducation à la santé pour les sensibiliser au nécessaire suivi médical de leur grossesse et à l'importance d'accoucher dans des structures adaptées. Les centres de soins, très affectés par les années de conflits, sont rééquipés en tables d’accouchement et en médicaments. MdM forme également le personnel médical à la prise en charge des femmes et des nouveau-nés lors des accouchements comme à une meilleure détection des signes d'accouchements à risques pour orienter à temps les patientes vers les hôpitaux. TEMOIGNAGE« L’originalité de ce programme est d’utiliser l’intérêt que les femmes portent au microcrédit pour les faire venir dans les centres de santé ! Car ces femmes ne seraient certainement pas venues ici pour n’assister qu’à une séance d’éducation à la santé. Combiner le microcrédit à la santé, c’est leur donner la possibilité d'emprunter de l'argent pour des activités génératrices de revenus mais aussi pour payer leur transport à l’hôpital si des complications surviennent lors de l’accouchement. Elles pourront rembourser cette somme plus tard et petit à petit. C'est leur donner la possibilité de faire les bons choix au bon moment, et peut-être d'éviter le pire pour leurs vies et celle des leurs nouveau-nés. » Muriel Ethvignot, responsable de la mission Népal pour MdM. TEMOIGNAGE
« Elle a choisi de mourir »
Quand nous demandons à la sage-femme traditionnelle du village si des femmes sont mortes dernièrement dans son district en donnant naissance à leur enfant, son visage s’assombrit et elle murmure : « il y a 4 mois… ». « On m’avait appelée tôt dans la matinée. Sujata avait accouché chez elle de son quatrième enfant. Sa belle-mère était venue me chercher. J’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas et envoyait chercher de toute urgence l’agent de santé. Quand je suis arrivée chez Sujata, le sol était couvert de sang. Elle était toujours vivante mais ne pouvait plus ni tenir debout ni même s’asseoir. J’ai fait ce que j’ai pu pour convaincre la famille qu’elle devait être transportée immédiatement à l’hôpital. C’est difficile, vous savez… » Nous savons : nous avons mis plus de trois heures avant de traverser ce pont en bois instable sur la rivière et avons lutté encore deux heures pour grimper la montagne et atteindre le village. «Elle a besoin d’être transportée en doko jusqu’à la route pour ensuite appeler une ambulance. Ça coûte 1500 roupies. La famille de Sujata est pauvre. La famille a discuté pendant un moment. C’est son mari qui a pris la décision finale et qui m’a dit "elle choisit de mourir."» REGARD D'UNE FEMME
« Si vous ne respectez pas une reine proscrite, respectez une mère malheureuse. Lire le dossier "Les missions Mères / Enfants de MdM en 2008" |
Mai 2008