Mission Mali
Mortalité infantile : 120‰
Espérance de vie à la naissance : 53,1
IDH : 0,380 ; rang : 173/177
PIB/habitant ($) : 362
Nombre estimé d’enfants errants dans les rues de Bamako : 5 500
Enfants orphelins dans le district de Bamako : environ 320 000
Délégations internationales :
MdM Belgique
Bénéficiaires potentiels du projet :1000 enfants
Personnel :
Local : 4
Expatrié : 2
Sources de financement :
MdM, Association de l’Eglise Norvégienne
Budget 2007 :
56 484 euros
Un programme pour aider l’enfant vulnérableSANTÉ INFANTILE / Depuis le début d’avril 2008, Médecins du Monde mène un programme d’appui à quatre structures locales d’aide aux enfants des rues à Bamako. Kadiatou est une jeune Malienne de 13 ans. À l’âge de trois ans, sa famille ne pouvant subvenir à ses besoins, elle a été placée chez son oncle vivant à Bamako. Très vite, Kadiatou devient responsable de la maison : ménage, lessive, cuisine, courses lui sont confiés. Elle n’est pas scolarisée, ne joue pas, sauf parfois lorsqu’elle s’occupe de l’enfant de son oncle. Lors de ses achats au marché, une vendeuse remarque ses mains bandées. Ayant déjà observé des marques de mauvais traitements, la vendeuse accompagne la jeune fille au commissariat, une plainte est déposée contre l’oncle. La jeune fille est placée dans un centre d’accueil pour enfants vulnérables : Kanuya. Le programme de MdM qui consistait au départ à appuyer une seule structure d’accueil pour les enfants des rues de Bamako, s’est rapidement étendu à l’ensemble des enfants vulnérables, comme Kadiatou. Et ils sont nombreux car, comme le souligne Amélie Prévalet, coordinatrice de la mission, « dans la culture malienne, l’enfant n’est pas le centre de tout comme en Occident ». Le programme soutient désormais quatre centres : Kanuya, Mali Enjeu, le Centre d’écoute communautaire (CEC) et l’association Jeunesse et développement du Mali. LE TRIPLE OBJECTIF DE LA MISSION MdMs’attache à renforcer les capacités locales de ces structures, à former et à sensibiliser le personnel à la médecine préventive et curative, ainsi qu’à améliorer la prise en charge psychosociale. Ainsi, Kadiatou a d’abord pu bénéficier de soins. Ses mains avaient été brûlées au fer à souder. L’équipe lui a ensuite permis d’accéder à un soutien psychologique. Les enfants de ces centres vivent parfois dans la rue, ont perdu leurs parents, ont fugué, ont une famille démunie, travaillent ou sont placés dans des écoles coraniques par leurs parents qui ne peuvent subvenir à leurs besoins. «Ces enfants sont considérés comme ayant un retard mental ou de développement psychomoteur. Ils sont souvent mis à l’écart. Pourtant, il faut se centrer sur ce que veut dire l’enfant et non sur la façon dont il le dit », explique Emilie Sepulchre, psychologue de la mission. « Nous rencontrons en effet des troubles du langage ou de l’articulation, de l’hyperactivité, de l’anxiété, des troubles graves de la personnalité et de la communication ou encore des dépressions profondes avec de possibles tentatives de suicide », ajoute-t-elle. Le but n’est pas une action directe mais un transfert de compétence : « Nous souhaitons rencontrer les animateurs, les former au développement de l’enfant, leur indiquer l’importance du jeu notamment », souligne-t-elle. L’appui de MdM à ces centres est destiné à assurer la pérennité de la prise en charge des enfants vulnérables. Une formation avec l’ensemble des partenaires aura lieu en septembre. Quant à Kadiatou, guérie, elle a pu retourner chez ses parents, après une phase de médiation familiale assurée par les partenaires. Camille Biet |
Malgré un programme de réforme proposé par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, visant à renforcer économiquement le Mali et à promouvoir le secteur privé, ce pays figure parmi les plus pauvres du monde. Le manque d’accès aux soins demeure assez important et le taux de mortalité maternelle reste très élevé, notamment à cause des séquelles des fistules vésicovaginales.
PREVENTION ET PRISE EN CHARGE DES FISTULES VESICO-VAGINALES dans la région de Mopti
Activités :
MdM poursuit son programme de prévention et de prise en charge des fistules vésico-vaginales.
Les activités effectuées comprennent :
• le traitement chirurgical des femmes ;
• la formation de 3 chirurgiens locaux, ainsi que de l’équipe du bloc ;
• la diffusion de messages de prévention (radios locales, représentations théâtrales) ;
• les sessions d’alphabétisation des malades qui le souhaitent.
Perspectives :
A l’issue de ce projet, l’hôpital de Mopti sera à même d’assurer la prise en charge des malades. S’insérant ainsi dans le plan national de prise en charge des fistules obstétricales mis en place au Mali,
il pourra servir de cadre de stage aux chirurgiens désireux de s’initier aux gestes chirurgicaux accompagnant cette pathologie.
Mai 2008