Mission Egypte

CHIFFRES

Mortalité infantile : 28‰
Espérance de vie à la naissance : 70,7
IDH : 0,708 ; Rang : 112/177
PIB/habitant ($) : 1 207

Population :
Bénéficiaire : 4 470
Cible : 13 000

Personnel :
Local : 10
Expatrié : 3

Sources de financement :
Fondation Drosos, UE, MdM, MAAIONG

Budget 2007 :
300 900 euros

Malgré des progrès en terme de croissance économique, la grande majorité de la population égyptienne

connait une dégradation de ses conditions de vie. La pression démographique du Caire, première mégalopole d’Afrique avec ses 20 millions d’habitants est source de grandes disparités sociales. Un nombre croissant de jeunes mères adolescentes et d’enfants se retrouvent à la rue sans ressources et privés de tout soutien familial.

ACCÈS AUX SOINS DES ADOLESCENTES ENCEINTES ET DES JEUNES MÈRES DES RUES au Caire

Activités :

Les activités menées par MdM en partenariat avec Hope Village Society visent à assurer :
• un soutien psychologique pour les jeunes filles accueillies;
• l’accès aux soins des jeunes filles aux structures de santé en lien avec des hôpitaux publics;
• des sessions d’IEC (Information, Education, Communication) en santé reproductive, premiers secours,
hygiène et nutrition;
• des sessions de formations en santé (primaire, reproductive et mentale) des éducateurs et du personnel médical de Hope Village ainsi que du personnel d’autres organisations travaillant auprès des enfants des rues;
• un système de monitoring adapté à l’activité de notre partenaire;
• une intervention plus globale auprès des ONG travaillant avec les enfants des rues en Egypte.

Perspectives :

Poursuite du projet et de la mise en réseau des ONG travaillant auprès des enfants des rues.

Avec les jeunes filles des rues du Caire

LE CAIRE / Des milliers d’enfants et d’adolescents survivent dans les rues de la plus grande mégapole d’Afrique. Parmi eux, de plus en plus de filles et de jeunes filles.

" Faerouz est au bord des larmes, sa fille Jalila sur les genoux. «Je ne peux pas retourner chez mon mari. Je suis enfermée. Il me frappe. Je préfère vivre dans la rue comme avant. Je sais ce que c’est au moins. » Elle pleure, déterminée, répétant qu’elle va repartir dans la rue. Mais ce qui inquiète le plus Mathilde c’est Jalila, qui régurgite beaucoup et ne boit pas assez. Elle risque de se déshydrater très vite du fait de la chaleur. Après de longs moments, Faerouz accepte de revenir au centre afin que sa fille soit suivie. Le fil est maintenu. "

Anne répète doucement à Yasmin, 13 ans ce qu’elle a expliqué plusieurs fois aux enfants depuis ce matin : non, le vaccin n’est pas dangereux, non, il ne donne pas « la maladie ». Au contraire, il va les protéger de maladies graves, hépatite B, tétanos … Ceux qui vivent dans la rue, boivent l’eau des canaux pollués et se nourrissent des rebuts du Caire. C’est la première campagne de vaccination organisée par notre équipe depuis que l’association a ouvert dans la capitale égyptienne, en août 2005, une mission d’accès aux soins pour les filles des rues. Et tout se passe bien. Les vaccins sont là, les équipes prévenues, et les enfants… méfiants ! Les deux médecins et l’infirmière auront ainsi vacciné en juillet 2007 la plupart des enfants présents dans les centres d’accueil de l’association Hope Village dont MdM est partenaire mais aussi les éducateurs et le personnel qui sont régulièrement en contact avec les enfants.

Priorité à la santé reproductive

Le docteur Nehal et le docteur Kamel sont fatiguées mais satisfaites : ces trois jours de vaccination ont permis de revoir de nombreux enfants. Certains leur ont paru dans un état d’anémie important : la malnutrition est un des problèmes de santé les plus fréquents (13 % des filles, 23% des garçons vus dans l’unité mobile ont un poids en dessous de la limite acceptable pour leur âge). Mais l’intervention de MdM porte avant tout sur la santé reproductive. Que ce soit au centre d’accueil de jour situé au cœur du Caire ou auprès des adolescentes enceintes accueillies dans une maison à 60 kilomètres, l’objectif est de former les équipes sociales aux enjeux de santé : le Docteur Nehal, médecin formateur, met en place avec les éducateurs un vrai accès aux soins des jeunes filles et un suivi des grossesses. Mathilde, la puéricultrice insiste sur l’importance de la prise en charge des nouveaux-nés. Shams, la psychologue, accompagne ces toutes jeunes mères rejetées qui n’ont plus de place dans une société où les liens reposent sur le mariage et dont les enfants n’ont pas d’existence reconnue par la loi égyptienne.

Juliette CHEVALIER

Mai 2008