Mission Bolivie

CHIFFRES

Mortalité infantile : 52‰
Espérance de vie à la naissance : 64,7
IDH : 0,662 : rang : 117/177
PIB/habitant ($) : 1017

Population :
Bénéficiaire projet 1 : 35
Bénéficiaire projet 2 : 1 150
Cible projet 1 : 3 000
Cible projet 2 : 8 600
Personnel :
Local projet 1 : 1
Local projet 2 : 6
Expatrié projet 1 : 1
Sources de financement :
Projet 1 : MdM
Projet 2 : privé, MdM

Budget 2007
Projet 1 : 36 463 euros
Projet 2 : 30 343 euros

Sous la présidence d’Evo Morales, la Bolivie s’est dotée d’une nouvelle constitution qui a permis la mise
en oeuvre d’une politique visant à réduire les fortes inégalités sociales et soutenue par la population d’origine Quechua et Aymara. Sur le plan économique, si l’exploitation des minerais est à la base de la croissance du pays, les extractions sont faites dans des conditions qui provoquent des pollutions environnementales très préoccupantes, sur le fleuve Pilcomayo notamment.

Projet 1 :

PROMOUVOIR LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE dans les provinces de Chuquisaca et Potesi

Activités :

De janvier à septembre 2007 MdM a créé de nombreux liens entre les acteurs de santé, les communautés riveraines du fleuve et les scientifiques (colloques et rencontres). L’équipe du projet a réalisé un diagnostic dans ces communautés, ciblées pour une meilleure compréhension de leurs besoins et attentes, puis a formé des groupes de riverains sur les risques environnementaux liés à la contamination minière. Le projet a accompagné le CODERIP, notre partenaire local, dans ses projets, ses réseaux et son plaidoyer. Enfin ont été collecté de nombreuses études scientifiques réalisées et en cours, et diffusées auprès du public.

Perspectives :

Le programme s’est arrêté en septembre 2007. Un nouveau projet est en cours d’élaboration sur cette même thématique de la contamination dans les villes minières de Potosi et Oruro. Cette construction de projet se réalise avec l’IRD ( Institut de Recherche pour le Développement ) déjà présent à Oruro dans le cadre d’un projet scientifique.

Projet 2 :

PROTÉGER LA SANTÉ DES ENFANTS DE POTOSI

Activités :

Le programme repose sur 2 axes :
• former des professeurs dans les écoles pour la pérennisation des ateliers d’éducation à la santé,
auparavant animés par MdM. Sensibiliser les professeurs aux questions de santé, en collaboration avec
l’école de formation des professeurs du Département de Potosi ;
• former des nouvelles équipes de secouristes dans la mine, assurer le suivi des postes de secours et
mettre l’accent sur les messages de prévention des accidents.

Perspectives :

Le projet est entré dans sa dernière phase et la fin de l’année 2008 verra l’arrêt des activités.

Des ateliers santé pour les enfants des mines

© Wilfried Maisy.

SANTÉ DES ENFANTS / Présente sur le terrain depuis 2002, l’équipe de Médecins du Monde pérennise ses actions pour améliorer la santé des enfants travailleurs et
des mineurs.

Perché à 4 080 m d’altitude, Potosi est célèbre pour ses mines d’argent, exploitées dès la fin du XVIe siècle par les Espagnols. Aujourd’hui, la ville vit toujours de l’industrie minière mais connaît une grande pauvreté. Beaucoup d’enfants sont amenés à travailler pour aider leur famille, souvent monoparentale, ou se faire un peu d’argent de poche. Médecins du Monde est allé à leur rencontre en animant des ateliers sur la santé dans plusieurs collèges et écoles nocturnes, car la majorité de ces
enfants travailleurs continuent de suivre des cours. Depuis le début de l’année, afin de pérenniser ces ateliers auprès des enfants, nous avons entrepris la sensibilisation des professeurs. L’objectif est de leur permettre d’assurer eux-mêmes ces ateliers. La démarche fonctionne tellement bien que nous avons été sollicités pour intégrer ces messages de prévention directement dans le cursus de formation des futurs professeurs du département de Potosi. La prise en charge des adolescents en

© Wilfried Maisy.

difficulté est un autre volet de notre action. « Un lieu d’écoute pour eux et leur famille a été mis en place dès 2004, avec une travailleuse sociale, pour essayer de recoller les morceaux avant qu’ils ne soient en rupture complète », explique Lionel Liron, responsable de mission. Ce projet a été repris depuis le début de l’année par la mairie.

APPRIVOISER LES MINEURS

Travailler dans les nombreuses galeries du Cerro Rico (riche colline) représente un réel danger pour les mineurs, mal équipés, qui peuvent être victimes d’accidents dus aux chutes, aux éboulements et aux poches mortelles de gaz. L’ONG italienne COOPI a financé la construction d’un centre d’urgence sur le Cerro ainsi que des petites baraques où est disposé le matériel de premiers secours. Médecins du Monde s’est occupé, de leur signalisation pour bien expliquer aux mineurs où ils étaient situés. La plupart d’entre eux sont peu soucieux de leur santé et « les apprivoiser n’a pas été facile », observe Lionel Liron. Avec COOPI, nous avons pu néanmoins apprendre les premiers soins à quarante mineurs volontaires. Les mois à venir permettront d’asseoir les cycles de formation avec notre médecin qui anime également des ateliers sur la santé auprès des gardiennes des mines.

Ariane Silvestri
-----------------------------------

Quand les minerais rendent le fleuve noir

SANTÉ ENVIRONNEMENTALE / Depuis un an, MdM s’est engagé auprès de cinq communautés agricoles touchées par la contamination du fleuve dans les provinces de Chuquisaca et de Potosi.

© Wilfried Maisy.

Avec le renchérissement du prix des minerais sur les marchés internationaux, l’exploitation minière du Cerro à Potosi bat son plein. De grandes quantités d’eau et de nombreux polluants sont directement rejetés dans le fleuve Pilcomayo. Cette contamination avérée entraîne des difficultés sanitaires et économiques pour les communautés agricoles riveraines du fleuve. La baisse de la production maraîchère amoindrit les revenus des familles et accélère l’exode rural. « Cette pollution provoque surtout une forte angoisse car dans leur “cosmovision” andine les éléments tels que la terre etl’eau font partie d’un tout qui comprend aussi l’humain », remarque Sabine Lagardère, responsable de mission. Inquiets pour leur santé, les membres du Coderip, l’organisation de paysans, ont alerté MdM. Notre action sur le terrain, avec un coordinateur et un psychologue, s’est axée sur la mise en place de groupes de parole
et sur la diffusion d’informations scientifiques collectées auprès d’organismes tels que l’IRD (Institut de recherche pour le développement). Nous soutenons ces communautés
pour qu’elles puissent défendre leur cause et obtenir des solutions de la part des autorités, même si deux bassins de rétention d’eaux usées ont été créés à Potosi,
sous la pression de la société civile.

PRÉVENIR LA CONTAMINATION À LA SOURCE

MdM se demande aussi comment améliorer l’accès aux soins dont se plaignent les populations rurales. « Le système de santé bolivien est incapable de prendre en charge des pathologies associées à cette pollution dans les zones très reculées de l’Altiplano, avec des structures précaires, du personnel insuffisant, peu qualifié et ne parlant pas quechua », explique Yves Le Corgne, du service Amérique latine de MdM. En outre, selon les scientifiques, la pollution se révèle encore plus préoccupante à sa source, à Potosi. Dans les quartiers des mineurs, le taux de contamination chez les personnes est très élevé, à cause de l’eau mais surtout de la poussière ambiante inhalée. MdM pourrait se rapprocher de ces lieux grâce à la prévention et en soutenant un plaidoyer pour que l’État prenne enfin des mesures concrètes. Autant de réflexions qui seront étudiées au siège de notre ONG dans la perspective d’ un nouveau projet. n

Ariane Silvestri

Journal des donateurs N° 88 septembre 2007


Mai 2008