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Rapport financier 2010
L’année 2010 est donc une année de forte croissance pour Médecins du Monde, de l’ordre de 16% globalement avec une croissance marquée des missions sociales de 19%.
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Rapport financier 2010 |
Le mot de la trésorière
En décembre 2009, nous avons voté un budget 2010 à l’équilibre avec un montant global de 63,5 m€, déjà en croissance de 11% par rapport aux réalisés 2008 et 2009 (57,8 m€ en 2008 ; 57,3 m€ en 2009).
Le séisme en Haïti le 12 Janvier 2010 a eu un impact significatif sur le budget initialement voté, comme ce fut le cas lors des crises humanitaires majeures fortement médiatisées (Kosovo, Tsunami). L’exercice 2010 se traduit ainsi par un volume financier global, hors éléments exceptionnels de 66,5 m€ et par un excédent de 2 059 728€.
L’année 2010 est donc une année de forte croissance pour Médecins du Monde, de l’ordre de 16% globalement avec une croissance marquée des missions sociales de 19%.
Cette croissance de pratiquement 9,2 m€ entre 2009 et 2010 est en majorité due au séisme en Haïti (nos engagements en Haïti sont en augmentation de 5,5 m€ par rapport à 2009) mais le différentiel complémentaire est lié au développement des missions sociales.
Cette croissance entre 2009 et 2010 fait suite à une stabilité constatée entre 2008 et 2009 faisant elle-même suite à une forte croissance de 10% entre 2007 et 2008 (de 52,7 m€ en 2007 à 57,8 m€ à 2008). L’histoire récente de Médecins du Monde a déjà donc appréhendé cette croissance en paliers.
Au-delà de la croissance globale, il faut noter quelques éléments clefs :
- le montant total des ressources, y compris les éléments exceptionnels, excède pour la première fois 70 m€ (72 m€ de ressources en 2010, 60,6 m€ en 2009).
- une hausse de l’ensemble des missions sociales de 8,4 m€ (+19%).
- une augmentation des missions France (hors frais de coordination) de 392 k€ soit 9%.
- une augmentation des missions internationales (hors frais de coordination) de 7,2 m€ soit 26%.
- une hausse des frais d’appel à la générosité du public de 0,9 m€ mais un ratio de frais de recherche de fonds inférieur à 2009 (16,7% des emplois en 2009, 15,8% en 2010).
- une baisse des frais de fonctionnement (5,5 % des emplois en 2010, 6,6% en 2009).
Ainsi les ratios d’emplois sont en constante amélioration par rapport aux années précédentes. En 2010, les missions sociales représentent 78,7% du total des emplois (ce ratio était de 76,7% en 2009), les frais de recherche de fonds 15,8% (16,7% en 2009) et les frais de fonctionnement représentent 5,5% (6,6% en 2009). Pour mémoire la « barre » des 70% pour les missions sociales a été franchie en 2005, Médecins du Monde affiche désormais un ratio plus proche des 80%.
Si on s’en tient à une seule lecture financière de l’impact du séisme, certes réductrice, on constate une augmentation forte des dons liée à la mobilisation des donateurs sur les urgences (nouveaux donateurs et soutien des donateurs fidèles, mais aussi le rôle croissant d’internet), la diversification des sources de financements publics et privés, et enfin une réelle capacité de mise en œuvre tout au long de l’année 2010 avec près de 7 millions d’euro engagés en Haïti.
Cette année 2010 a vu une forte augmentation des ressources comme des emplois, une nette amélioration des ratios mais tant le résultat réalisé 2010, que le résultat budgétisé 2011 reste proportionnellement très raisonnable si on compare aux années 1999/2000 ou 2005/2006.
Ce fort niveau des emplois avec un volume financier de 66,5 m€ hors éléments exceptionnels (ce chiffre était encore inférieur à 40 m€ en 2002) exige par ailleurs un investissement conséquent pour développer nos ressources.
Depuis 2006, tout en gardant quasi-constant les frais d’appel à la générosité du public, l’association a maintenu son effort financier pour développer le prélèvement automatique. En 2010, conformément au budget nous avons fait le choix de réinvestir la prospection par courrier. La marge nette dégagée par le total des ressources issues de la générosité du public (dons manuels, legs, subventions issues de la collecte du réseau international) est de 31,6 m€ en 2010. Cette marge était de 22,5 m€ en 2005 (lors du tsunami) et de 24,2 m€ en 2009 (sans crise humanitaire médiatique comme Haïti ou tsunami).
Les soutiens financiers accordés au réseau international sous forme de subventions ou d’investissements dans leurs actions de marketing direct ont permis de dégager cette année un solde positif de 1,3 m€.
Tout comme la croissance constatée des produits de la générosité du public, témoignage de la notoriété et de la confiance des donateurs, nous avons été suivis également par les bailleurs de fond. Nous constatons ainsi une hausse des subventions publiques et privées de plus de 4m€, dont 579 k€ d’augmentation de subventions privées.
Le budget 2011 a été construit en légère croissance par rapport au réalisé 2010. (67,8 m€ de budget 2011 pour un réalisé de 66,5 m€). Le budget 2011, compte-tenu de la croissance constatée et de l’excédent dégagé en 2010, présente un déficit de 912 k€, déficit acceptable pour maintenir des activités initiées en 2010, notamment en Haïti mais aussi sur d’autres terrains prioritaires.
Le volume des missions sociales présentées au budget 2011 est de 54 m€, en croissance par rapport à 2010 (52,3 m€).
Les frais d’appel à la générosité du public sont prévus stables par rapport à 2010, 10,4 m€ au budget 2011 (pour 10,5 m€ au réalisé 2010).
Les produits de la générosité du public sont prévus en baisse par rapport au réalisé 2010, année d’afflux de dons liés à Haïti (37,5 m€ au budget 2011 pour 42 m€ au réalisé 2010).
Les subventions inscrites au budget 2011 sont toutefois en hausse par rapport au réalisé 2010 (28,3 m€ de subventions publiques et privées au budget 2011, pour 26,9 m€ au réalisé 2010). Il existe toutefois plus de 3 m€ de reprise de fonds dédiés, subventions acquises en 2010, à dépenser en 2011.
Le développement des prélèvements automatiques depuis 2006 nous permet d’avoir une visibilité en termes de produits de collecte et de gestion de trésorerie.
Tout comme le budget 2010 ne prévoyait pas le séisme en Haïti, le vote du budget 2011 est intervenu en décembre 2010, et ne pouvait anticiper les conséquences financières des crises connues en ce début d’année 2011 : expulsion du Darfour, situations humanitaires au Japon, en Côte d’Ivoire ou en Libye.
L’objet même de Médecins du Monde nécessite une adaptation financière toujours remise en question face aux événements imprévisibles. L’adéquation entre les besoins des populations, les moyens dont dispose l’association et les capacités d’intervention est au cœur même de la gestion financière de l’Association.
La Trésorière, Catherine GIBOIN
mai 2011
