| L’opération « Plomb Durci », menée par l’armée israélienne du 27 décembre au 18 janvier 2009 dans la Bande de Gaza a eu de graves répercussions sur le système de santé : 16 professionnels de santé figurent parmi les 1380 victimes ; 185 hôpitaux, 41 centres de santé et 29 ambulances ont été endommagés. |
Cet épisode de guerre est venu aggraver une situation humanitaire déjà très tendue du fait du blocus que subit la population gazaouie, la plus dense au monde. 1 an après, Médecins du Monde fait le point sur la situation au travers de ses programmes de chirurgie et d’appui aux centres de santé
|
One year after the 'Cast lead Operation' Gaza: a health care system impeded
-
format pdf
905,36 kB |
Même si les territoires palestiniens peuvent se prévaloir de professionnels de santé compétents qui se sont fortement mobilisés durant l’opération plomb durci, le système de santé reste fragile du fait de la situation de crise chronique que connaît la bande de Gaza depuis 3 ans. Outre sa totale dépendance de l’aide internationale, il fait face à deux problèmes majeurs : l’accès aux urgences est circonscrit aux hôpitaux souvent débordés ; et de nombreux traitements sont inaccessibles, à la fois à l’intérieur de la Bande de Gaza à cause du blocus, mais également à l’extérieur puisque le référencement des patients nécessitant ces traitements vers l’Egypte ou Israël reste très problématique.
Médecins du Monde soutient 25 de ces 56 centres de santé en formant le personnel médical, en fournissant les médicaments et équipements de manière à pallier les pénuries, et en assurant les réhabilitations.
Par ailleurs, MdM organise des sessions d’éducation à la santé destinées principalement aux femmes et aux enfants. En 2009, 10 000 patients y ont assisté.
Les difficultés rencontrées par les ambulances pour accéder aux blessés pendant la guerre ont conduit à créer au sein de 11 centres de santé répartis sur tout le territoire des salles d’urgence, pour assurer les premiers soins et désengorger les services d’urgence des hôpitaux.
Outre l’amélioration du système de référencement des patients des centres de santé vers les hôpitaux, Médecins du Monde équipe ces salles d’urgence et dispense des formations pour les équipes d’urgence. Comme l’explique le dr J-P. Rigaud, formateur : "nous nous entraînons sur des mannequins pour revoir les procédures d’intubation et de ventilation artificielle de manière à pouvoir répondre aux urgences respiratoires, notamment pour les enfants."
Outre les pénuries de médicaments comme les produits d’anesthésie, les chirurgiens palestiniens sont insuffisamment formés à certaines spécialités notamment en chirurgie cardiovasculaire, chirurgie orthopédique, pédiatrique et neurochirurgie.
En 2009, 5 équipes chirurgicales sont venues former dans les 3 principaux hôpitaux 20 chirurgiens orthopédiques et 5 anesthésistes.
Au cours de leur séjour 600 consultations ont permis d’aboutir à l’opération de 60 cas permettant de mettre en pratique les acquis.
Certaines opérations ne pouvant être pratiquées à l’intérieur de la Bande de Gaza faute de ressources disponibles ou en cas d’opération militaire, de nombreux patients doivent tenter de sortir afin d’être opérés dans les pays voisins. Mais beaucoup de patients se voient refuser le droit de quitter la bande de Gaza. De plus, même si les permis de sortie sont accordés, de nombreux patients se voient refuser la sortie à cause des fermetures fréquentes du point de passage d’Erez, principal porte de sortie vers Israël. A d’autres reprises, comme le rapportent les organisations de défense des droits de l’homme, les patients se sont vus longtemps questionner par les officiers de sécurité israéliens et parfois refuser le passage sans justification.
Ainsi entre janvier et novembre 2009, 26 personnes1 sont décédées après avoir essuyé un refus de bénéficier de soins à l’éxtérieur.
Par ailleurs, le coût des traitements à l’étranger représente le troisième poste de dépense du budget du ministère de la Santé palestinien, limitant les capacités de développement des services de santé.
LES BLESSURES INVISIBLES : LA SANTÉ MENTALE DES ENFANTS
La guerre de l’an dernier a exposé les enfants à un niveau élevé de stress, notamment car les premières attaques ont eu lieu en pleine journée quand les enfants étaient à l’école ; Ils ont été témoins de scènes de violences et d’horreurs et ont vu leur environnement habituel (école, maison) détruit. Le programme de santé mentale de la communauté de Gaza rapporte que de nombreux enfants souffrent du syndrome de stress post traumatique qui se manifeste par des troubles du sommeil, de l’anxiété, des pensées obsédantes et effrayantes, des difficultés sociales, etc. Ces symptômes ont persisté et sont toujours largement présents un an après. Médecins du Monde Espagne soutient les professionnels de santé dans les hôpitaux et les zones les plus affectées. De même, elle dispense un soutien technique à deux centres de santé mentale. | "I remember that Saturday like it was yesterday, and I guess I will never forget it. The first attack started around 11.20 AM: around the time of the prayers, when the schools ended and when the children crowd the streets of Gaza. I was in a training with MDM-F when we heard the first bombing. One time, two times,… six… ten…. And all along we heard the noise of the warplanes… From our tall building, we could see dozens of columns of dark, black smoke. And every minute, a new column appeared. For the first 30 minutes, we thought they were isolated attacks, but later that day, when it did not stop, we understood it was the war." |
Contacts presse :
Annabelle Quénet / Florence Priolet / Laure Antoine
01 44 92 14 32 / 14 31 / 15 23 - 06 09 17 35 59
www.medecinsdumonde.org
--------------------------------------------------------------------------------
1 Source Ogranisation Mondiale de la Santé, WHO monthly report
Depuis le 4 novembre dernier, l’action humanitaire des ONG, dont Médecins du Monde, est entravée par un blocus sévère imposé à Gaza, alors même que la situation de la population s’aggrave de jour en jour.

