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Plus de 20 projets MdM sont impliqués dans cette thématique, et l’association souhaite s’y engager davantage pour donner la possibilité aux femmes de décider de leur vie et d’avoir accès à une santé sexuelle et reproductive de qualité. Pour cela, un programme transversal d’une durée de quatre ans sur la promotion de la SSR a démarré en 2010. Son objectif principal est de renforcer l’accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité dans les régions où MdM est présent. Cela passe par une amélioration de l’offre de soins et un renforcement des possibilités et du choix donné aux femmes d’accéder à ces services.
| Financement du volet transversal et cofinancement de 9 projets depuis 2010 : » Agence Française de Développement Pays d’intervention concernés : » Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), Niger, Liberia, Laos, Haïti, Guatemala, Mexique Budget :
» Budget global : 17.5 millions d’euros (d’avril 2010 à mars 2014). La contribution totale de l’AFD (Agence Française de Développement) s’élève à 5.1 millions d’euros. Référents :
» Au siège : Sandrine Simon / Marie Lussier » Associatif : Catherine Giboin
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Les programmes de MdM avec un volet SSR
Une approche de santé publique fondée sur les droits humains
Selon la définition de la santé sexuelle et reproductive, élaborée lors de Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD, Caire, 1994), MdM développe depuis trente ans des volets de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) dans de nombreux projets. Ces projets sont de différentes natures et les interventions menées concernent divers aspects de la SSR.
L’objectif global de Médecins du Monde est de contribuer à l’atteinte du 5ème objectif du millénaire pour le développement (OMD) à savoir une réduction de la mortalité maternelle de 75% et un accès universel à la santé reproductive. Il est reconnu, à ce jour, que des interventions simples et efficaces pourraient prévenir la majorité des décès maternels dans le monde et notamment :
- l'accès à des services de planification familiale et de prévention des grossesses non désirées,
- l’accès à des soins obstétricaux d’urgence de qualité (césarienne, transfusion sanguine, antibiotiques, anti convulsivants…),
- l'assistance d’une personne qualifiée pour chaque accouchement.
L’accès à ces services est malheureusement le plus souvent entravé par la distance et/ou le coût des services, l’absence d’infrastructures ou de moyens de transport, ou encore les barrières socioculturelles (absence de pouvoir de décision, de liberté de mouvement ou de gestion des finances par la femme…). Médecins du Monde entend poursuivre ses actions pour appuyer les efforts nationaux et internationaux dans ce domaine en œuvrant pour le renforcement des services de SSR tout en favorisant l’accessibilité à ces services.
Les interventions de MdM s’inscrivent dans une double démarche sur le terrain auprès des populations les plus vulnérables et souvent en appui des systèmes de santé existants mais aussi de plaidoyer notamment sur des thématiques telles que la levée des barrières financières pour l'accès aux soins, l’accès à l’avortement médicalisé et l’accès à des soins pré et post-avortement de qualité. Les principes qui sous-tendent ces actions reposent sur :
- une approche de santé publique pour permettre une prise en charge globale et de qualité des femmes tout au long d’un continuum de soins qui va de la communauté aux structures de référence et qui accompagne les femmes tout au long de leur vie,
- la promotion des droits sexuels et reproductifs des femmes.
Pour engager un changement durable, Médecins du Monde entend aussi favoriser la participation des communautés et renforcer les capacités individuelles afin de donner le choix et les possibilités d’accéder à des soins de santé sexuelle et reproductive de qualité et adaptés aux besoins. Au niveau des projets, il s’agit aussi bien de renforcer l’offre de soins que d’appuyer la demande en travaillant à différents niveaux pour lever :
- les barrières géographiques,
- les barrières financières,
- les barrières socioculturelles.
Une approche fondée sur la réduction des inégalités de genre
Le genre[1] est un concept sociologique qui renvoie à la construction et à la répartition des rôles sociaux attribués à chaque sexe, dans une société et à une époque données. Ces rôles font partie intégrante des mentalités et des cultures et sont véhiculés par l’institution, la famille et l’éducation.
Ces constructions sociales sont source d’inégalités entre hommes et femmes, la plupart du temps au détriment de ces dernières[2].
Ainsi, l’approche « Genre et développement » a été adoptée à la Conférence de Pékin (CIPD, 1995). Elle consiste à prendre en compte la répartition des rôles et des activités des femmes et des hommes dans chaque contexte et dans chaque société pour tendre vers un équilibre des rapports de pouvoir entre les sexes.
C’est ce que l’on appelle lutter contre les inégalités de genre, qu’elles s’expriment par des disparités d’accès à l’éducation, aux soins, au travail, à un salaire décent, à des responsabilités, à des mandats politiques…
Ces inégalités de genre sont notamment un obstacle majeur au respect des droits sexuels et reproductifs et à l’accès aux soins. La reconnaissance des droits sexuels et reproductifs exigibles pour toutes les personnes sans discrimination, implique de s’inscrire en faveur de l’équité de genre, de reconnaitre les diverses orientations sexuelles, de promouvoir et participer à la lutte contre les violences liées au genre, contre le trafic des personnes et l’exploitation sexuelle. Cela implique que l’on s’engage à soutenir les personnes discriminées du fait de leur sexe et notamment les femmes afin de renforcer leur capacité de prise de décision concernant leur vie sexuelle et reproductive, libres de coercition, discrimination et violence. De plus, les services de Santé Sexuelle et Reproductive représente une porte d’entrée privilégiée afin d’identifier, orienter ou prendre en charge les problématiques de Violences Liées aux Genre (VLG) au sein des projets de MdM.
L’engagement de Médecins du Monde au regard de la Santé Sexuelle et Reproductive
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[1] Egalement appelé « sexe social » en opposition au « sexe biologique » qui repose uniquement sur des caractéristiques biologiques et physiologiques différenciant les hommes des femmes.
[2] Définition inspirée de celle de Ritimo, (réseau d'information pour le développement durable et la solidarité internationale).
MdM souhaite développer et renforcer ses actions de plaidoyer autour de l’accès à la Santé Sexuelle et Reproductive. Deux axes de plaidoyers transversaux ont ainsi été identifiés.
1 - Droit et accès à l’avortement sans risque et légal
L’avortement à risque est un problème majeur, avec encore au moins 70 000 femmes par an qui décèdent du fait d’un avortement pratiqué dans des conditions sanitaires dangereuses (chiffre sous évalué dans la mesure où nombre d’avortements clandestins ne sont pas rapportés).
L'Institut Alan Guttmacher à New York estime à 42 millions (en 2003) le nombre d'avortements dans le monde entier, dont 22 millions environ sont effectués illégalement, dans des conditions dangereuses, la plupart dans les pays en voie de développement. Le rapport de l’Institut Guttmacher note que le nombre global d’avortements a baissé depuis la libéralisation des lois d’avortement dans plusieurs pays. Le rapport met en lumière que les avortements sont pratiqués en nombre égal dans les pays dont les lois sont restrictives et ceux où l’avortement est légalisé. Si la prévalence est à peu près la même, la différence clef, selon le rapport, est la prévalence des décès et complications médicales liés aux avortements clandestins. 40% des femmes dans le monde vivent dans des pays (presque tous les pays en voie de développement) avec des lois sur l’avortement extrêmement restrictives. Cela concerne 97% des femmes en Amérique Latine.
Fort de ce constat, la société civile latino-américaine est particulièrement impliquée et active dans des plaidoyers de légalisation dans ces pays. Suite à de nombreuses sollicitations des acteurs terrains, MdM est en lien avec des organisations (société civile et professionnels de santé) pour un accès à l’avortement sans risque et légal dans 5 pays où MdM est présent : Nicaragua, Mexique, Pérou, Guatemala et Uruguay.
MdM soutient activement le droit des femmes à disposer de leur corps, à avoir ou non des enfants, à choisir le nombre de leurs enfants et l’espacement entre les naissances. Ainsi, toute femme devrait pouvoir recourir à la contraception pour éviter des grossesses non désirées et avoir accès à l’avortement sans risque et légal, le cas échéant.
2 - La levée des barrières financières à l’accès aux soins
Dans les pays à faible revenu, le paiement direct des soins dans les structures de santé constitue un obstacle de poids à l’accès aux soins, en particulier pour les ménages les plus vulnérables. Soucieux d’appuyer des systèmes de santé fonctionnels et accessibles au plus grand nombre, avec une attention particulière portée aux plus défavorisés, MdM a voté un positionnement politique en 2008 affirmant que « Médecins du Monde France est favorable à la levée de ces barrières financières et préconise l’introduction de mécanismes de financement plus équitables dont la finalité sera de garantir un accès gratuit universel aux soins de santé primaires. »
Les mesures d’exemption de paiement qui garantissent la gratuité sont considérées comme des moyens de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement lorsqu’ils facilitent l’accès à des soins de qualité.
MdM est ainsi impliqué dans des plaidoyers participants à la levée des barrières financières dans dix pays, principalement sur des volets de Santé Sexuelle et Reproductive et notamment en faveur des femmes enceintes et des nouveaux nés.
Médecins du Monde renforce les services de Santé Sexuelle et Reproductive tout en favorisant l’accès des populations et notamment des populations vulnérables à ces services. MdM adapte ses interventions aux différents contextes dans lequel elle travaille et en fonction des besoins prioritaires identifiés par les équipes, les partenaires, les populations concernées.
Uruguay : Soutenir la société civile qui promeut le respect du droit à la santé sexuelle et reproductive
En Uruguay, des mouvements de la société civile ont fortement contribué, depuis 2001, au changement du cadre législatif et des politiques de santé sexuelle et reproductive, plus particulièrement pour les femmes en situation de grossesse non désirée sans pour autant obtenir la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Depuis 2010, MdM appuie deux ONG uruguayennes, une organisation féministe (MYSU) et une organisation de professionnels de santé (Iniciativas Sanitarias). Ces organisations œuvrent à la sensibilisation des populations sur les droits sexuels et reproductifs, au renforcement de la mise place de services de santé sexuelle et reproductive et continuent de mener des campagnes de plaidoyer afin de voir l’interruption volontaire de grossesse légalisée. Par ailleurs, MDM s’engage au niveau régional à favoriser les échanges entre pays latino américains et entre organisations de femmes et professionnels de santé autour de l’avortement à risque, qui constitue une problématique de santé publique importante dans la région.
Niger : Renforcer l’accès à la planification familiale à travers des relais communautaires
Renforcer l’espacement des naissances et donner accès à des méthodes contraceptives de qualité est une priorité nationale du Niger. Médecins de Monde intervient au niveau du district sanitaire d’Illéla (région de Tahoua) en soutien aux structures sanitaires pour améliorer la qualité des prestations offertes. D’autre part, afin de renforcer l’accès aux services, des relais communautaires ont été formés à l’animation de séances de counselling (causeries de groupes sur la planification familiale). Ils sont aussi formés à la distribution, à base communautaire, des contraceptifs, suite aux prescriptions antérieures faites par les agents de santé qualifiés. Des actions de sensibilisation et de plaidoyer auprès notamment des autorités religieuses complètent l’intervention : séances théâtrales, caravanes de prêche menées par des imams, ateliers thématiques avec les autorités.
Liberia : Assurer une prise en charge de qualité tout au long du continuum de soins et prendre en charge les accouchements compliqués
En consortium avec plusieurs partenaires internationaux et ONG locales, MdM apporte un appui aux autorités sanitaires du comté de Bong afin d’assurer des soins de qualité à tous les niveaux de prise en charge. Il s’agit aussi de renforcer la continuité des soins entre la communauté, les centres de santé périphériques et l’hôpital de référence. Ce projet qui vise notamment une prise en charge globale et de qualité des composantes de la Santé Sexuelle et Reproductive, renforce :
- l’offre de soins à travers un soutien aux programmes de formation médicale, les capacités de supervision et de coordination des autorités sanitaires locales, la mise en place des protocoles nationaux et l'implication dans le développement des politiques nationales ;
- la demande auprès des services de santé grâce à un travail important auprès des communautés, de nombreuses activités de sensibilisation, l'implication forte des acteurs communautaires tels que les accoucheuses traditionnelles…
Depuis 2011, le projet renforce particulièrement la prise en charge des grossesses et accouchements compliqués. Ainsi, le centre de santé de Gbarnga a été réhabilité et agrandi. Inauguré en décembre en présence de la présidente libérienne, il est devenu le premier hôpital de zone rurale spécialisé en santé materno-infantile et en soins obstétriques du pays (capacité de 55 lits). Il permet de prendre en charge l’ensemble des urgences obstétricales. Il s’agit aussi d’un centre de formation pour les étudiants et le personnel des centres périphériques.
Laos : Soutenir la mise en place des politiques de levée des barrières financières aux services SSR
En collaboration avec les autorités sanitaires du Laos, et en contact avec les acteurs de la région, MdM intervient en vue de renforcer la formation des sages-femmes (grossesse, accouchement, soins néonataux, espacement des naissances), de réhabiliter les centres de santé, de former les volontaires villageois à la promotion de la santé sexuelle et reproductive, et de promouvoir un système de gratuité des soins.
Les activités sont destinées à renforcer le lien entre le personnel des hôpitaux de district, les centres de santé et les promoteurs de la santé dans les communautés ; tout au long de la chaine de référence.
Il s’agit à la fois de travailler sur l’amélioration de l’offre de soins notamment au niveau des structures de santé de 1er niveau et de faciliter l’accès aux services de santé en levant les barrières financières qui empêchent les femmes de se rendre dans les structures de soins notamment au moment de l’accouchement. Pour cela, nous appuyons les autorités sanitaires dans la mise en œuvre des politiques nationales de gratuité des soins qui s’accompagnent de la distribution de bons aux femmes pour que celles-ci puissent connaitre leurs droits et accéder aux services de santé sans difficulté.
novembre 2012