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Our missions

Tanzania

The programme for preventing mother-to-foetus transmission of HIV has 3 aspects to it ...

Thematiques

Lutter contre le sida.

Avec près de 33 millions de personnes infectées en 2007 et 25 millions de morts depuis 1980, le SIDA reste une urgence de santé mondiale. En réaction, Médecins du Monde a décidé de placer le Sida au cœoeur de ses priorités.

Press

30/11/2007 SIDA - aller au-devant des populations isolées : pour une prise en charge intégrée et décentralisée du SIDA

1er décembre, Journée Internationale de Lutte contre le Sida - C’est dans un souci d’approche combinant décentralisation, simplification et intégration que le réseau international de MdM a mis en place en zone rurale des programmes décentralisés de prise en charge du VIH/ sida.

Publication

06/12/2007 Vidéos - Tanzanie

Interview du Dr Aristide Billy - coordinateur de la mission


  Tanzanie, SIDA, faire reculer la pandémie

Photo consultation médicale en Tanzanie

Vers un accès aux traitements pour tous

VIH/SIDA / Depuis quinze ans, MdM lutte contre le VIH dans l’une des régions les plus touchées du monde. Depuis 2004, l’accès aux traitements a changé la prise en charge. Désormais, c’est le développement des activités dans les zones reculées qui devient l’enjeu essentiel.

Dès huit heures, dans une salle d’attente comble, hommes, femmes et enfants séropositifs attendent leur médecin. Le vaste hôpital de Bukoba, dans la région de Kagera, intègre toutes les activités de lutte contre le sida, pour combattre efficacement la pandémie. En son sein, un service consacré aux trithérapies accueille 80 à 120 patients par jour.

REGAIN D’ESPOIR GRÂCE AUX TRITHÉRAPIES

Depuis 2004, MdM propose des antirétroviraux aux femmes enceintes et à leurs enfants ainsi qu’à tous les patients dont la vie est mise en danger à court terme par l’évolution de la maladie. La rénovation de l’hôpital et la formation de l’équipe locale aux trithérapies permettent aujourd’hui à 2 000 des 4 300 patients inscrits d’être sous ARV contre 300 des 700 séropositifs enregistrés en 2004. « 95% de nos patients sont vivants alors que 50 % d’entre eux auraient dû décéder » souligne le docteur Aristide Billy, coordinateur des programmes de MdM. En outre, « nous ne perdons de vue que 10 % de nos patients, le taux d’observance des traitements est donc très élevé», poursuit-il. En effet, durant six mois, les médecins reçoivent chaque mois les nouveaux patients pour s’assurer que la combinaison d’ARV choisie est efficace. Associer plusieurs médicaments réduit les risques de résistance et les effets secondaires, principalement des réactions cutanées, des vomissements et des maux de tête. Ainsi, Lugeyam, 7 ans perdu dans une chemise trop grande pour lui, souffre d’une irritation capillaire, en réaction à son traitement. Le médecin en modifie la combinaison et ausculte ce petit garçon qui, en un an, est passé de 16 à 20 kilos et a pu retourner à l’école. Les trithérapies améliorent sensiblement l’espérance et la qualité de vie des malades qui retrouvent la force de travailler et de reprendre une vie sociale. Avant l’arrivée des ARV, Jérôme Mujaki, coordinateur médical du programme se souvient que « les patients pesaient à peine 40 kilos et étaient tellement faibles qu’ils ne pouvaient pas marcher. Apprendre sa séropositivité, c’était comme une condamnation à mort. Aujourd’hui il y a de l’espoir. » Fin 2008, MdM transfèrera ce programme à l’hôpital pour se concentrer sur la décentralisation de la prise en charge du sida.

AU PLUS PROCHE DES POPULATIONS RURALES

Il faut plus de cinq heures de route chaotique pour atteindre le de Ngara, au sud de la région de Kagera. Sur la piste de terre rouge, qui longe les frontières du Burundi et du Rwanda, beaucoup de vélos et de marcheurs mais peu de transports en commun pour effectuer ce long trajet. « La distance géographique et le coût du trajet placent les soins hors de portée de la majorité des malades et constituent une barrière au suivi des traitements », estime Aristide Billy. L’association renforce les programmes de lutte contre le sida développés par les quatre hôpitaux de district incluant prévention, dépistage, trithérapies et prévention de la transmission mère-enfant (PTME). À l’hôpital du district de Chato, ces différents services sont intégrés dans le parcours médical des femmes enceintes. « Le dépistage VIH est proposé pendant
les consultations de soins de santé primaire, au même titre que celui de la malaria ou de la malnutrition », explique Zaina Moussa, agent de santé. Destigmatisé, le dépistage est désormais accepté par 100 % des femmes. MdM soutient aussi l’extension de ces services à 28 centres de santé et dispensaires des districts de Ngara, Biharamulo et Chato. « Décentraliser les activités est la meilleure solution pour garantir l’accessibilité des traitements aux populations les plus reculées et décongestionner les hôpitaux surchargés et souffrant d’une grave pénurie de personnel soignant », souligne Christopher Kanyankole, en charge des traitements ARV à l’hôpital de Ngara. À plus de 40 km de l’hôpital du district de Ngara, au
dispensaire de Kabamga, seules deux soignantes assurent les soins de base de plus de 11 000 personnes. « Jusqu’alors, si une personne était séropositive, nous la référions vers l’hôpital du district » mais d’ici à quelques semaines, un service de PTME débutera et, à terme, les traitements seront disponibles dans ces centres, situés au cœur des communautés.

FLORENCE PRIOLET



… NOTRE ACTION
Depuis quinze ans, MdM mène à l’hôpital régional de Bukoba un projetde soutien au programme tanzanien de lutte contre le
Les volets de notre programme VIH / SIDA ont évolué avec les progrès de la médecine, les besoins de la population et notre expertise de terrain.

1992
Activités de prévention du VIH, de dépistage et de prise en charge des infections opportunistes à l’hôpital régional de Bukoba et au domicile des patients malades. Ce volet sera repris par l’ONG locale Tadepa.

2000
Programme pilote de prévention de la transmission mère-enfant du VIH. Les résultats sont exemplaires et le projet repris par le gouvernement en 2005.

2004
Programme d’accès aux antirétroviraux, en collaboration avec Colombia University.

2007
Décentralisation des activités de lutte contre le sida dont l’accès aux antirétroviraux vers trois districts ruraux de la région de Kagera.

La région de Kagera est tristement célèbre pour avoir vu apparaître les premiers cas de sida en Tanzanie. Bukoba, sa capitale, détenait en 1992, le taux de séroprévalence le plus élevé: un adulte sur quatre était infecté. Aujourd’hui, ce taux est de 5,8%.

En chiffres

  • 1983 : la région de Kagera enregistre les trois premiers cas de VIH du pays.
  • 1992 : la région de Kagera était la région la plus touchée par le sida. Bukoba comptait 25% d’adultes infectés. Aujourd’hui, ce taux est descendu à 5,8%.
  • 2004 : Kagera est devenue la 5e région la plus touchée du pays. En Tanzanie, seuls 7% des séropositifs reçoivent un traitement.

1,7 million de personnes vivent avec le VIH en Tanzanie sur une population totale de 39,5 millions habitants.



Photos Olivier Dubuquoy



Assurer la relève

VIH/SIDA / MdM s’efforce de ne pas se substituer aux autorités sanitaires mais de renforcer les capacités locales. Cette démarche s’illustre avec succès par la reprise des deux premières phases du programme permettant aux équipes MdM de se concentrer sur la trithérapie.

La clé de la réussite d’un programme réside dans sa pérennisation. Avant même de démarrer de nouvelles activités nous pensons à leur reprise. Ainsi nous ne créons pas de besoins en partant et nous savons que les activités impulsées seront enrichies par nos partenaires », estime Aristide Billy, coordinateur de nos programmes en Tanzanie. En 1992,MdM lance une première mission centrée sur la prévention, le dépistage et la prise en charge des maladies sexuellement transmissibles et du VIH ainsi que la prise en charge des patients détectés séropositifs présentant des infections opportunistes. Quelques années plus tard, lorsque l’association souhaite développer un nouveau volet à destination des femmes enceintes, son personnel national prend l’initiative de créer Tadepa, une ONG assurant le premier volet. Elle prendra progressivement la relève des activités au sein de sa petite clinique intégrée à l’hôpital de Bukoba. Selon le docteur Twagilayesu, fondateur de Tadepa, « ces activités ont permis d’éveiller les consciences. Aujourd’hui, la majorité des Tanzaniens connaissent les messages de prévention et la possibilité de se faire tester. Cela a aussi permis de lutter contre la stigmatisation liée au VIH, frein majeur aux démarches de dépistage ou de soin ». Au-delà des murs du dispensaire, l’ONG est surtout reconnue pour ses campagnes de prévention auprès des communautés rurales. L’association se déplace dans les villages reculés pour sensibiliser la population. « Nous utilisons le théâtre, les chansons ou des posters pour faire passer nos messages de prévention », explique Jonathan Stephen, coordinateur de Tadepa. « Nous avons également formé plus de 700 personnes dont certains leaders communautaires à ces messages pour qu’ils les relaient ». L’hôpital de Bukoba assurant désormais le dépistage et le traitement des infections opportunistes, Tadepa se consacrera, avec le soutien de MdMet de Colombia University, au support nutritionnel et aux soins à domicile des séropositifs, tout en continuant la prévention communautaire.

Etre relayé par le gouvernement

La relève assurée, MdM initie en 2000 un programme pilote de prévention de la transmission maternoinfantile du VIH. A l’époque, faute de traitement, 30 % des femmes infectées transmettaient le virus pendant leur grossesse, l’accouchement
ou l’allaitement. Le programme prévoit le traitement de la mère via l’AZT, premier antirétroviral, avant et durant l’accouchement. Le personnel de l’hôpital de Bukoba
est formé à la prise en charge et au suivi des femmes et de leur enfant. Du lait maternisé est proposé pour éviter les risques de contamination pendant l’allaitement. Le taux d’infection des nouveaux-nés est aujourd’hui tombé sous les 12%.
« Ces résultats ont souvent été cités en exemple par le gouvernement » souligne Aristide. Preuve de son efficacité, ce projet a été repris en 2005 par le gouvernement pour être proposé à toutes les femmes enceintes séropositives du pays.

Florence Priolet






Tanzanie faire reculer la pandémie de SIDA,



Photos : Olivier Dubuquoy

Décembre 2007 - Extrait du "Journal destiné au donateur n° 89"