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Nos livres   Panser le monde, penser les médecines


Comment, en raison de leur co-existence avec toute entreprise sanitaire, les traditions de soins forment et déforment-elles le développement? Réciproquement, quel rôle le développement de santé détient-il dans la dynamique des pratiques et des savoirs thérapeutiques autochtones? Les essais regroupés dans ce volume répondent à ce double questionnement, en invitant le lecteur à cheminer le long des dimensions sociales de programmes sanitaires. Cet ouvrage examine ainsi les contextes, les pratiques et la portée sociale du développement, et la façon dont les médecines y sont manifestées, catégorisées, prises en charge, normalisées ou rendues invisibles.

Les traditions de soin sont un lieu d'observation privilégié, car le développement sanitaire les concerne toujours, de près ou de loin, par percussion directe ou par effleurement. Cette inéluctable rencontre est pourtant souvent ignorée des planificateurs de santé. Elle possède des répercussions sociales et médicales qu'il convient cependant de prendre rigoureusement en compte, pour faire du développement sanitaire un exercice plus équilibré. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage des outils analytiques essentiels pour cela. Alliant récits contextualisés et analyses anthropologiques, Panser le monde, penser les médecines insiste justement sur la nécessité de comprendre le monde avant d'entreprendre de le soigner.

Laurent Pordié est anthropologue et ethno-pharmacologue, directeur du Département des sciences sociales de l'Institut Français de Pondichéry et rattaché au Centre de Recherche Cultures, Santé, Sociétés (CReCSS) de l'Université Paul Cézanne (Aix-Marseille U3). Il est également président et responsable de l'Unité de recherche de l'organisation Nomad RSI.

Collection Médecines du Monde Série « Soins d'ici, soins d'ailleurs » dirigée par Laurent Pordié

Les auteurs
Rémi Bordes est ethnologue à l'université Victor Ségalen - Bordeaux 2 et chercheur à l'Unité de Recherche de Nomad RSI. Ses recherches ont exploré l'ethnobotanique et les rites de possession au Népal de l'Ouest et se concentrent aujourd'hui sur la littérature orale de cette région (récits épiques, chants rituels et chants lyriques).

Stefania Consigliere est chercheur en anthropologie à l'Université de Gênes, en Italie. Ses recherches portent principalement sur l'anthropologie médicale et l'évolution du langage.

Soizick Crochet, ethnologue, chercheur rattachée au Centre de Recherche Cultures, Santé, Sociétés de l'Université Paul Cézanne, Aix-Marseille (CReCSS). A mené au Cambodge, à partir de 1984, des activités médicales puis de recherche. Sa thèse (Paris X, Nanterre, 2001) portait sur la médecine populaire (grossesse, soins de post-partum et du jeune enfant) en milieu paysan. Elle travaille en ce moment, toujours au Cambodge, sur les facteurs anthropologiques favorisant la transmission du VIH par l'allaitement maternel. Ses domaines d'intérêt en anthropologie médicale portent sur les représentations et les pratiques d'hygiène, sur les inter-relations des systèmes de santé et sur le rôle des femmes dans le champ de la santé et de la maladie.

Robert Deliège, diplômé en ethnologie de l'université d'Oxford, est actuellement professeur d'ethnologie à l'université de Louvain-la-Neuve et professeur invité aux Universités de Lille 1 et Lille 3. Il a travaillé parmi les intouchables de l'Inde et est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Les intouchables en Inde (Imago, 1995), Anthropologie de la parenté (Armand Colin, 1996), Gandhi (PUF, 1999), Introduction à l'anthropologie structurale: Lévi-Strauss aujourd'hui (Le Seuil, 2001) et Les castes dans l'Inde aujourd'hui (PUF, 2004).

Samba Diop est anthropologue et écologue, enseignant-chercheur en sciences naturelles et sociales à l'UER d'écologie humaine et d'anthropologie, FMPOS, de l'université de Bamako au Mali. Il est également affilié au Département d'anthropologie de l'université de Montréal, Canada. Ses recherches ont une nature pluridisciplinaire et se recoupent sur le paludisme dans la petite enfance, le VIH/Sida et la tuberculose, sur le développement rural et sur l'analyse éthique de la recherche.

Antonio Guerci, anthropologue, est professeur à l'université de Gênes (Italie). Il est également professeur honoraire à l'université de Lima (Pérou), conservateur du Musée d'Ethnomédecine "A. Scarpa" (Gênes), conseiller auprès du programme « médecines traditionnelles » de la Chinese University of Hong Kong, membre de la Chaire UNESCO-PRELUDE (co-développement durable) et vice-président de la Société Européenne d'Ethnopharmacologie. Ses intérêts de recherche concernent l'anthropologie médicale, la biotypologie humaine et l'ethnomédecine. Il est auteur de nombreux ouvrages et publications scientifiques.

Pascale Hancart Petitet est anthropologue au Centre de Recherche Cultures, Santé, Sociétés de l'université Paul Cézanne, Aix-Marseille (CReCSS) et chercheur accueillie à l'Institut Français de Pondichéry. Elle est également membre de l'Unité de Recherche de Nomad RSI. Elle a travaillé de nombreuses années dans le développement international en Mauritanie, en Angola, au Pakistan et en Afghanistan au sein de programmes de santé maternelle et infantile. Ses travaux actuels portent sur l'anthropologie de la naissance au Ladakh, Himalaya indien, et sur l'anthropologie du sida dans les pratiques liées à la naissance et à la petite enfance en Inde du sud.

Stephan Kloos est anthropologue, membre du programme d'anthropologie médicale des universités de Californie (Berkeley et San Francisco) et chercheur rattaché à l'Unité de Recherche de Nomad RSI. Après avoir étudié l'anthropologie sociale et les études du développement en Autriche, à l'université de Vienne, il a complété sa formation en anthropologie de la santé à l'université Brunel de Londres, pour aujourd'hui concentrer ses recherches sur les transformations sociales et médicales dans l'Himalaya.

Julie Laplante est anthropologue au Département d'anthropologie de l'université de Montréal au Canada, affiliée à l'université Fédérale de Rio de Janeiro au Brésil (Institut de Psychiatrie) et à l'université de Californie à San Francisco aux USA (Département d'anthropologie). Ses recherches actuelles explorent les nouveaux lieux d'intervention humanitaire auprès de populations marginalisées au Brésil et au Canada, tels que les utilisateurs de drogues injectables et les handicapés. Elle étudie les processus de biomédicalisation de problèmes sociaux et politiques et les contributions de l'expertise des populations en marge des « savoirs globaux ».

Laurent Pordié est anthropologue et pharmacien-ethnopharmacologue, directeur du Départment des sciences sociales de l'Institut Français de Pondicherry en Inde et rattaché au Centre de Recherche Cultures, Santé, Sociétés de l'Université Paul Cézanne, Aix-Marseille (CReCSS). Il est également président et directeur de l'Unité de recherche de Nomad RSI. Ses recherches actuelles concernent les dynamiques sociales et politiques des médecines savantes asiatiques, en particulier de la médecine tibétaine, et les usages sociaux de la pharmacopée en Inde himalayenne.

Laurence Pourchez est anthropologue en poste d'accueil au CNRS (Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris) et chercheur associée aux travaux du Musée National des Arts et Traditions Populaires. Elle s'intéresse particulièrement à la petite enfance, à l'anthropologie médicale et à l'anthropologie visuelle et hypermédia dans le contexte des sociétés créoles de l'océan indien.

Olivier Schmitz est sociologue et anthropologue, chercheur rattaché à l'Unité d'anthropologie culturelle et du langage de l'université de Louvain-la-Neuve et chargé de cours à l'université Charles-de-Gaulle/Lille 3. Il est également membre de l'Unité de Recherche de Nomad RSI. Son travail doctoral a porté sur l'anthropologie des pratiques thérapeutiques « traditionnelles » en Wallonie. Ses recherches actuelles concernent les médecines « parallèles » dans les sociétés occidentales et l'impact des risques écologiques sur les représentations de la santé.

Michael Singleton est théologien, philosophe et anthropologue de formation. Ses terrains ont couvert la plupart des régions du continent africain pour se terminer au Sénégal où il a dirigé l'Institut des Sciences de l'Environnement. Il est aujourd'hui directeur du Laboratoire d'anthropologie prospective et professeur d'anthropologie du développement au sein du Département des sciences de la population et du développement de l'université catholique de Louvain en Belgique

V. Sujatha est sociologue au Département de sociologie de l'université de Goa en Inde. Elle est chercheur affiliée au « Center for Traditional Sciences and Technologies of India » de Chennai (Anna University) et à l'Institut Français de Pondichéry. Ses recherches actuelles explorent les dynamiques des savoirs indigènes de santé et la nature des échanges intra-communautaires correspondants dans l'Etat de Goa. Elle combine pour cela les approches de la sociologie de la connaissance, de la sociologie médicale et les études du développement.

Laurence Touré est anthropologue, consultante auprès de diverses structures internationales. Ses recherches explorent depuis ces dernières années la politique communautaire du gouvernement malien et son impact sur l'accès aux soins. Son attention se porte également sur les dynamiques contemporaines des pratiques sanitaires. Elle est actuellement Coordinatrice-anthropologue au sein de MSF Luxembourg au Mali.