Communiqué de presse KENYA, MEDECINS DU MONDE AUPRES DES POPULATIONS ISOLEES DE LA VALLEE DU RIFT
Communiqué de presse
Paris, le lundi 17 mars 2008
Médecins du Monde intervient depuis début février dans la Vallée du Rift auprès des populations déplacées suite aux violences post électorales. Le programme contribue également à restaurer le système de santé de la région, largement affecté par les conflits.
Au Kenya, la question humanitaire reste alarmante : 30% des structures de santé ont été fermées en raison de l’insécurité persistante et des déplacements du personnel soignant. Dans les régions de Kikopey, Jambo farm et Kamuingui, l’aide humanitaire restait minime, voire inexistante. Depuis le mois de février, Médecins du Monde mène une mission de soutien à ces populations à qui tout manquait : eau, nourriture, abris, soins de santé.
L’équipe de Médecins du Monde, composée de huit personnes, dont 1 médecin et deux infirmières, assure les consultations auprès des populations déplacées sur quatre sites de la Vallée de Rift avec des cliniques mobiles. Afin de relancer l’activité des structures locales, largement affectées par le déplacement du personnel et la pénurie de médicaments et de matériels, Médecins du Monde intervient également auprès des communautés locales en appui aux cliniques et dispensaires de la région. On compte ainsi près de 10 000 bénéficiaires.
La majorité des patients rencontrés sont des femmes et des enfants, exposés essentiellement aux pathologies respiratoires, diarrhéiques, au paludisme et au stress post-traumatique. L’équipe assure également le suivi obstétrique des femmes enceintes sujettes à de forts risques de complications et celui des personnes âgées qui ne sont plus traitées pour leurs maladies chroniques.
Tanguy, coordinatrice administrative de la mission au Kenya« Les familles qui ont quelques moyens se paient un abri de fortune. Elles s’entassent à près de dix parfois dans ces cabanes de 4m², les hommes dorment dehors » |
Jérôme Larché, responsable de la mission au Kenya« La prise en charge des accouchements et le transfert des personnes nécessitant une hospitalisation restent problématiques. L’arrivée prochaine de la saison des pluies risque d’aggraver la situation, exposant la population à une augmentation du risque de pathologies respiratoires, cutanées, et diarrhéiques. De nombreuses violences sexuelles ont également été rapportées. Même si il est difficile de les quantifier à ce jour, plus de 250 femmes sont déjà venues consulter pour viols au Women Hospital de Nairobi ». « Nous travaillerons également, en collaboration avec la Kenyan Medical Association et la Croix Rouge kenyane, au rétablissement du lien entre les personnes déplacées et les centres de santé nationaux. L’objectif est d’assurer un accès aux soins sans discrimination quelque soit les origines ethniques. La présence de nos équipes sur le terrain permettra également de rendre compte d’éventuelles violences dont les populations locales pourraient faire l’objet.» |
Témoignage d’un homme dont la belle-sœur et deux de ses cinq neveux, ont été tués dans les violences post-élections au Kenya.« Une demi-heure après l’annonce du résultat des élections, les maisons ont commencé à brûler à Nakuru…Mon frère et sa famille étaient enfermés chez eux. Trois hommes sont entrés chez eux et ont commencé à les battre. Mon frère et trois de ses enfants ont réussi à s’enfuir. Sa femme et ses deux autres enfants ont été tués par des flèches, après avoir été battus… Je ne comprends pas, mon père vivait depuis toujours dans cet endroit ! Même en 1992 [des violences avaient également eu lieu après les élections présidentielles], ce n’était pas la même chose !! Aujourd’hui, toute ma famille est à Nairobi. Mes neveux sont avec moi car mon frère est hospitalisé dans un hôpital psychiatrique depuis un mois. Il a été très affecté par les évènements… » |
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