Mission Lutter contre le sida.
38,6 millions de personnes sont porteuses du virus dans le monde
25 millions de morts depuis 1980
Le Sida fait toutes les 6 semaines le même nombre de victimes que le tsunami
L'Afrique rassemble les deux tiers de séropositifs de la planète
En Asie, près de 8,3 millions de personnes (dont 2,4 millions de femmes) vivaient avec le VIH en 2005
20 missions internationales
VIH/sida : une urgence sanitaire internationale. Comment réaliser une prévention efficace ? Assurer un traitement fiable et pérenne ? Toucher les populations les plus marginalisées ? Décryptage de la lutte contre le VIH/sida.
Selon l’Onusida, plus de 40 millions de personnes sont aujourd’hui porteuses du virus à travers le monde. Dès les débuts de la pandémie, l’association s’est positionnée en s’inscrivant le plus souvent dans les stratégies sanitaires nationales des pays d’intervention et en luttant contre la stigmatisation des malades.
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En 1987, Médecins du Monde ouvre rue du Jura, à Paris, le premier centre de dépistage volontaire, anonyme et gratuit du VIH en France. A l’époque l’épidémie, largement méconnue, touche de manière dramatique les usagers de drogues. Dès 1989, l’association met en place un programme d’échanges de seringues dans la rue. Cette action est alors hors la loi et ne deviendra légale qu’en 1995. Cependant elle contribue à la diminution des nouvelles contaminations, à tel point que le ministère de la Santé souhaitera en 1992 joindre son logo au message de prévention distribué dans les kits de seringues. Médecins du Monde sera l’un des promoteurs de la politique de réduction des risques qui a fait preuve de son efficacité en matière de santé publique. Encore aujourd’hui, les équipes de Médecins du Monde sont en première ligne face aux populations les plus exposées à l’épidémie: les personnes qui fréquentent tant les centres d’accueil, de soins et d’orientation (CASO) que les missions mobiles de l’association sont marquées par la précarité et constituent une population particulièrement exposée aux risques du VIH, mais aussi des hépatites.Depuis 2003, Médecins du Monde mène des actions de prévention du VIH et des hépatites afin de sensibiliser et d’orienter ces personnes, ainsi que pour faciliter leur accès au dépistage et aux traitements si nécessaire. |
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C’est donc dans ce souci d’approche combinant décentralisation, simplification et intégration que le réseau international de MdM a mis en place en zone rurale des programmes décentralisés de prise en charge du VIH/ sida. Ces interventions flexibles proposent un paquet de services médicaux et sociaux cohérent et coordonné avec les acteurs locaux : acteurs gouvernementaux, ONG locales, associations de personnes vivant avec le VIH. Les équipes locales et expatriées soutiennent des dispensaires de santé primaire en milieu rural et décentralisent les consultations grâce à des cliniques mobiles comme par exemple MdM Espagne en Tanzanie. Nos activités sont également menées par les éducateurs pairs, issus des communautés rurales, assurant un meilleur impact aux messages de sensibilisation. Cette approche de santé publique n’est pas dénuée de défis, au premier rang desquels le maintien des stocks de médicaments et le problème crucial de manque de personnel qualifié. |
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Les missions de Médecins du Monde
Nous intervenons dans tous les champs de lutte contre le VIH, de la prévention à la distribution des anti-rétroviraux en passant par la prévention de la transmission mère-enfant », explique Michel Brugière, directeur général.
Si cet accès aux anti-rétroviraux s’avère vital, l’association développe également un plaidoyer permanent auprès des autorités sanitaires pour faciliter la prise en charge des malades. En Tanzanie, par exemple, un projet d’aide aux orphelins du sida a commencé avec beaucoup de difficultés au début des années 1990. Les activités de la mission, et notamment le programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pour les femmes enceintes, sont aujourd’hui citées en exemple dans le pays.
UNE NÉCESSAIRE VOLONTÉ POLITIQUE
Un programme VIH/sida se construit dans la durée et évolue en fonction du contexte politique et sanitaire, national et international. Année après année, les équipes ont démontré auprès des autorités sanitaires la faisabilité de programmes réputés complexes auprès des populations les plus marginalisées. Notre approche est de mettre en lumière le caractère d’urgence de santé publique que constitue cette pandémie et de faire en sorte que la lutte contre le sida soit considérée comme une priorité nationale en termes de financements et de ressources humaines.
TRAITEMENTS : PRIORITÉ ÀL’APPROVISIONNEMENT ET À L’ACCÈS
« Aujourd’hui, les traitements antirétroviraux posent deux questions : leur approvisionnement et leur accessibilité par les patients », résume Michel Brugière. « Il faut faire en sorte que les centres de santé disposent à tout moment de médicaments de qualité car il n’y aurait rien de pire que de devoir interrompre un traitement au bout de plusieurs mois. Ensuite, il est indispensable que la prescription des anti-rétroviraux et la prise en charge des malades soient réalisées au plus près des populations. Nous avons donc le projet de développer cet accès gratuit aux traitements dans les centres de santé périphériques puisque pour l’heure, ils sont surtout réservés aux grandes villes comme Phnom Penh au Cambodge, Bukoba en Tanzanie, ou Rangoon en Birmanie ». Cette perspective ouvrirait la porte des soins à de nombreuses populations isolées.
“Privilégier une approche globale”
Interview de F. Sivignon référente sida et responsable mission en Birmanie
Quels sont les grands axes des programmes VIH/sida ?
- F.S. : Nous avons démontré très tôt que les programmes de lutte contre le sida pouvaient être dispensés efficacement auprès de la population générale et des plus marginalisés. Nous développons des activités d’information, de prévention et d’accès aux traitements, prioritairement auprès des groupes à risques. Ces actions s’implantent dans des centres de soins mais également à l’extérieur de ces structures, grâce à des unités mobiles, dans des maisons d’injection des usagers de drogue, des lieux de prostitution ou des lieux de vie. Nos activités comportent toujours un volet psychosocial ainsi que des liens avec les associations locales. Une action efficace face à cette infection chronique sous-entend une synergie des différents acteurs nationaux et internationaux.
Interview de Françoise Sivignon.
Quelles perspectives envisagez-vous à l’avenir ?
- F.S. :L’une de nos perspectives est d’accroître nos Le sida fait toutes les 6 semaines autant de victimes que le tsunami. interventions dans les zones rurales dans une approche globale, en intégrant un volet d’activité VIH/sida dans les centres de soins de santé primaire, comme nous le pratiquons déjà en République démocratique du Congo. Pour assurer la pérennité de ces programmes décentralisés, le renforcement des capacités des ressources humaines locales est indispensable. Dans cette perspective, la formation du personnel local est l’une de nos priorités. La maîtrise du sida passe également par une défense des droits de la personne. En dénonçant la stigmatisation et l’exclusion des personnes vivant avec le VIH, l’association participe activement à la lutte contre cette pandémie.
Interview vidéo.
Dossier réalisé par Philippe Granjon et Stéphanie Senet, extrait du journal destiné aux donateurs n°83
Novembre 2008
