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L'exposition est commencée, les regards se croisent, Médecins du Monde accueille photographes, journalistes et grand public pour faire découvrir l'oubli à travers la photo.
"J'ai posé mon regard sur Visa, un regard de petit bourgeois, de petit con de 35 ans... Envie de vomir... Dans ma vie, j'ai envoyé un chèque, deux chèques, peut-être trois à Médecins du Monde mais je n'ai jamais expliqué ce geste à mes enfants, le pensant, peut-être, uniquement nécessaire pour me donner bonne conscience. Il faut que je parle à mes gosses", écrit Samuel sur le livre d'or, en sortant de la Chambre noire installée sous la tente de MdM sur l'esplanade du Palais des Congrès.
Depuis le coup d'envoi de ce 18e festival international de photojournalisme à Perpignan, la tente de l'association attire les visiteurs, curieux de lever le rideau noir qui conduit à la salle d'exposition. Une trentaine de clichés, prêtés par des photographes parcourant les quatre coins de la planète, se distinguent sous des lampes rouges. Dans des bacs à développement, des témoignages de membres de MdM remontent à la surface.
Stanley Green, Robert Mulder, Olivier Jobard, Gary Knight, Bruno Stevens ou encore Franck Boutonnet
Une trentaine de photographes ont répondu à l'appel lancé par Médecins du Monde pour dénoncer les crises oubliées. "J'ai offert cette photographie qui date de 1992 car depuis, rien n'a changé en Birmanie. Elle est toujours d'actualité. Il y a encore des réfugiés Rohingya, une minorité musulmane qui essaie d'échapper à la terreur de l'armée birmane", explique Robert Mulder, photographe néerlandais.
Sur les murs noirs, des visages déformés par l'horreur, la peur, l'incompréhension, des corps mutilés, affamés dont personne ne parle. Le public pénètre les lieux avec le sourire et en sort ému. On s'assoit alors autour d'une table avec les bénévoles pour en savoir un peu plus sur l'association. "Etes-vous présents partout ? Comment devient-on bénévole ? Je suis photographe, je peux partir si vous voulez ?" Cet autre regard sur le monde laisse un goût amer. Il pique aux yeux, il fait froid dans le dos. Il interpelle.
Marie-Pierre Buttigieg
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