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Restriction de l’Aide médicale d’Etat: Mise en danger des plus précaires, le Gouvernement assume

Lundi 13 décembre 2010, la Commission Mixte Paritaire (CMP) a décidé de réintégrer dans la loi de finances de 2011 les restrictions à l’Aide Médicale d’Etat (AME), dispositif de protection de la santé des personnes pauvres en situation irrégulière.


Au préalable, l’Assemblée nationale avait adopté ces restrictions à partir d’informations erronées ou approximatives. Sur la base d’arguments de santé publique et respectueux du principe d’un accès aux soins pour tous, le Sénat avait finalement décidé d’écarter ces mesures.


Sous la pression du Gouvernement et sans attendre les conclusions d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale des finances (IGF), la CMP a fait le choix de reprendre les amendements votés par l’Assemblée nationale, bien que dangereux pour la santé des personnes et portant atteinte aux fondements mêmes de la santé publique.

Ainsi, l’accès aux soins de 200 000 personnes, parmi les plus pauvres (le montant de leurs revenus est compris entre 0 et 634 euros par mois), est remis en cause.

Avec la mise en place d’un droit d’entrée de 30 euros, d’une limitation du panier de soins et d’un accord préalable pour bénéficier de soins hospitaliers lourds, faute de ressources, ces personnes risquent de différer leurs soins. Elles consulteront un médecin ou se présenteront aux portes des hôpitaux dans l’urgence ou lorsqu’elles seront très gravement malades. Les retards à l’accès aux soins entraînent des pathologies plus lourdes et par conséquent plus coûteuses.

Cette politique est contraire à toutes les préconisations en matière de santé publique qui recommandent de multiplier les mesures en faveur de la prévention et du dépistage, pour une prise en charge la plus précoce possible des pathologies graves (cancers, maladies cardio-vasculaires, neurologiques, diabète, etc).

Médecins du Monde s’indigne du choix fait par les membres de la CMP qui, sous la pression du Gouvernement et sans opposition du ministère de la Santé, ont privilégié les enjeux politiciens et électoraux liés à l’immigration au détriment des recommandations des professionnels de santé et des revendications des associations de malades. Ces mesures auront des conséquences graves sur la santé et la vie des plus vulnérables dont le Gouvernement et la majorité parlementaire auront à porter la responsabilité.


Contacts presse :
Solenn Assathiany / Florence Priolet: 01 44 92-14 32/14 31 ou 06 09 17 35 59


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