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Communiqué de presse

Grèce / Violences policières contre les migrants renvoyés par les autres pays européens

C’est avec beaucoup d’inquiétude que la délégation grecque de Médecins du Monde assiste actuellement, dans les villes de Patras et d’Igoumenitsa, aux prémisses d’une crise humanitaire. L’arrestation arbitraire de migrants en situation irrégulière et de demandeurs d’asile qui bénéficient d’un suivi médical encadré par MdM ...

C’est avec beaucoup d’inquiétude que la délégation grecque de Médecins du Monde assiste actuellement, dans les villes de Patras et d’Igoumenitsa, aux prémisses d’une crise humanitaire. L’arrestation arbitraire de migrants en situation irrégulière et de demandeurs d’asile qui bénéficient d’un suivi médical encadré par MdM ne peut pas être la seule réponse du gouvernement aux problèmes que pose aujourd’hui la situation des migrants et des réfugiés.  

 
A Igoumenitsa, au nord-ouest de la Grèce, l’éviction systématique de la préfecture de Thesprotia des migrants, dont de nombreux « échoués de Dublin » renvoyés vers la Grèce par les autres pays européens, et la destruction des campements provisoires installés près du port ont eu lieu de manière simultanée, et sans avoir au préalable réglé aucune des questions essentielles (logement, examen des demandes d’asile...), ce qui ne peut qu’aggraver une « crise humanitaire » qui dure déjà depuis 2 ans.  

 
De nombreux migrants en situation irrégulière et demandeurs d’asile sont parqués au sommet de la montagne d’Igoumenitsa et ne peuvent accéder librement aux unités médicales mobiles de MdM, ce qui, ajouté aux conditions de vie inhumaines, à la malnutrition et à la déshydratation, ne peut que rendre le travail des équipes MdM inefficace.

Dans le même temps, à Patras, au sud du pays, les méthodes arbitraires appliquées pour l’arrestation des migrants en situation irrégulière et des demandeurs d’asile entravent le travail de MdM Grèce. Bien que l’association ait fermement condamné ces méthodes auprès des autorités, la police continue d’opérer à proximité de l’unité médiale mobile, empêchant une fois encore les bénéficiaires d’accéder librement aux soins. En outre, la décision d’interdire à l’équipe médicale de Médecins du Monde l’accès aux centres de détention de Patras ne fait qu’accroître nos préoccupations quant aux conditions de vie des détenus.  

 
Sans les infrastructures adaptées, tous les efforts entrepris ne seront que des « pansements » voués à l’échec, et ce alors même que la Grèce est toujours montrée du doigt par des organisations internationales, telles que la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sur les violations des droits de l’Homme dont font l’objet les migrants dans un climat social et politique tendu.