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Communiqué de presse

25 mai / Journée nationale des Hépatites : Mieux dépister sans réduire l’accès aux soins

En France, ce sont plus de 500 000 personnes qui sont affectées par le virus de l’hépatite B (VHB) ou C (VHC), dont près de la moitié l’ignore. Aujourd’hui, 220 000 personnes sont infectées par le VHC et plus de 2 600 décèdent chaque année.


En France, ce sont plus de 500 000 personnes qui sont affectées par le virus de l’hépatite B (VHB) ou C (VHC), dont près de la moitié l’ignore. Aujourd’hui, 220 000 personnes sont infectées par le VHC et plus de 2 600 décèdent chaque année(1).

Ces hépatites touchent plus particulièrement les usagers de drogues par voie intraveineuse et les personnes en situation de précarité : les prévalences sont trois plus fréquentes chez les personnes précaires et, selon l’ancienneté de la pratique, entre 40% et 60% des usagers de drogues sont touchés par l’hépatite C.

Si des solutions pragmatiques et efficaces ont été apportées à la lutte contre le SIDA, les dispositifs existants concernant les hépatites ne sont donc pas suffisants. Il est urgent de développer des projets et des outils innovants dans une stratégie globale de prévention, de dépistage et d’accès aux traitements.


Les Tests de Dépistage Rapide : un outil complémentaire et innovant

Les Tests de Dépistage Rapide (TDR) de l’Hépatite B et C peuvent être réalisés à partir d'une simple goutte de sang prélevée à la pulpe du doigt et permettent d’obtenir un résultat dans un délai très court (moins d’une demi-heure). Le TDR est un outil complémentaire aux tests de dépistage des hépatites existants, particulièrement adapté aux populations les plus exposées, précaires notamment, ayant peu accès aux dispositifs de dépistage classiques. En facilitant l’accès au dépistage, ces tests permettent une prise en charge moins tardive et limitent les risques d’évolution grave (cancer du foie).

Médecins du Monde utilise déjà ces tests dans le cadre de ses programmes internationaux, en Afghanistan, en Birmanie, au Vietnam et en Tanzanie. Mais en France, l’association n’est toujours pas autorisée à les utiliser.

Depuis l’arrêté du 9 novembre 2010, le ministère de la Santé a autorisé la pratique des TDR du VIH par les personnels médicaux et non médicaux des structures de prévention sanitaire, tels que les centres de soins et les structures mobiles de Médecins du Monde en France. Dans cette même démarche, Médecins du Monde demande l’autorisation légale d’utiliser les TDR des hépatites. Si cette décision n’est pas rapidement prise par les acteurs politiques, MdM pourrait devancer l’autorisation légale et proposer ces tests dans ses centres de soins, comme l’association l’avait fait en utilisant les TDR du VIH à Cayenne dès 2009.


Restriction du droit au séjour pour soins : l’accès aux traitements rendu plus difficile

Le Plan national de lutte contre les hépatites B et C (2009-2012) prévoit de favoriser le recours au dépistage des personnes à risques (usagers de drogues, personnes en situation de précarité...). Pourtant, et en totale contradiction avec les objectifs de Santé publique, la loi encadrant le droit au séjour pour raisons médicales des étrangers en situation irrégulière a été profondément modifiée en mai dernier, signant la fin d’un droit pourtant vital pour 28 000 personnes.

Jusqu’alors le droit français prévoyait qu’un étranger sans -papier atteint d’une maladie grave avait droit à une carte de séjour pour soins et ne pouvait être expulsé s’il n’avait pas la garantie d’un accès effectif à une prise en charge médicale dans son pays d’origine. Désormais, seuls les étrangers malades pour lesquels le traitement est « absent » dans le pays d'origine seront protégés contre l’expulsion.

Ainsi, les personnes dépistées atteintes d’une hépatite risquent d’être expulsées et de ne pas pouvoir être traitées et prises en charge rapidement. En cas d'expulsion, et faute d'un accès effectif aux soins, elles seront exposées à un risque vital.


Contact presse :

Florence Priolet, Annabelle Quénet, Laure Antoine : 01 44 92-14 31 /14-32 - 06 09 17 35 59


(1) Prévalence des hépatites B et C en France, Institut de veille sanitaire, décembre 2006