>  Press  >  Press kits  >  France  >  VIH : Le paradoxe sanitaire - Accès aux tests de dépistag...

Dossier de presse

VIH : Le paradoxe sanitaire - Accès aux tests de dépistage rapide mais attaques contre l’AME

Le 17 novembre 2010, le ministère de la Santé a publié au Journal Officiel un arrêté fixant les nouvelles conditions de réalisation des tests de dépistage rapide de l’infection à VIH.

Le 17 novembre 2010, le ministère de la Santé a publié au Journal Officiel un arrêté fixant les nouvelles conditions de réalisation des tests de dépistage rapide de l’infection à VIH. Cet arrêté élargit non seulement les conditions de recours au TDR du VIH mais aussi la qualité des personnes habilitées à réaliser ces tests.

Cependant, les attaques faites à l'AME (Aide Médicale État) risquent d'accentuer les difficultés d'accès aux soins et au traitement.


  Télécharger Format PDF
1.06 Mio

ViH : Le paradoxe sanitaire accès aux tests de dépistage rapide mais attaques contre l’AME

 
  Télécharger Format PDF
235.54 Kio

Argumentaire AME

 




Interview de Jean-François Corty, directeur des missions France par Radio Solidaire

  • La lutte contre le VIH en France



  • Les tests de dépistage rapide



  • Le paradoxe sanitaire



EDITO

Le paradoxe sanitaire


Le 17 novembre 2010, le ministère de la Santé a publié au Journal Officiel un arrêté fixant les nouvelles conditions de réalisation des tests de dépistage rapide de l’infection à VIH. Cette évolution législative intervient plus d’un an après que la Haute Autorité de Santé (HAS) ait recommandé que les tests sanguins de dépistage rapide du VIH (TDR) puissent être utilisés en dehors de certaines situations d’urgence par des professionnels de santé et en dehors du cadre de la recherche.

Cet arrêté élargit non seulement les conditions de recours au TDR du VIH mais aussi la qualité des personnes habilitées à réaliser ces tests.

Il autorise la réalisation des TDR « chez toute personne, dans son intérêt et pour son seul bénéfice, après l’avoir informée et avoir recueilli son consentement libre et éclairé ». Par ailleurs les TDR peuvent maintenant être réalisés, entre autres, par un médecin exerçant en cabinet libéral et par les personnels médicaux et non médicaux, travaillant au sein de structures de prévention et d’associations impliquées en matière de prévention sanitaire.

Sans attendre la parution de cet arrêté, Médecins du Monde avait devancé l’autorisation légale d’utiliser ces tests en lançant les TDR à Cayenne à l’occasion du 1er décembre 2009, avec le soutien de Sidaction. L’urgence de la situation en Guyane, département en situation d’épidémie généralisée selon l’OMS, justifiait cette action.

Le dispositif de dépistage du VIH en France montre en effet ses limites et les experts s’accordent à dire qu’il faut repenser les stratégies de dépistage. Aujourd’hui, on estime à environ 50 000 le nombre de personnes qui ignorent leur infection ou ne sont pas suivies. Ces personnes qui s’ignorent porteuses du virus sont à l’origine de plus des deux tiers des nouvelles contaminations. Par ailleurs, la moitié des personnes infectées reçoivent un traitement trop tardivement (1).

En France, les stratégies de prévention actuelles n’ont pas permis de diminuer l’incidence de l’infection par le VIH. Aussi, les experts recommandent de promouvoir le concept de prévention combinée : on ne doit plus se limiter aux modifications de comportement (par exemple l’utilisation du préservatif) mais il faut promouvoir les stratégies de prévention biomédicale associant le dépistage et le traitement antirétroviral, véritables outils de prévention.

Par ailleurs, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de proposer un dépistage à l’ensemble de la population générale de 15 à 70 ans, hors notion d’exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière et un dépistage ciblé et régulier, selon les populations et les circonstances.

Un large débat autour des nouvelles stratégies de dépistage a donc été soulevé en France à l’initiative du Conseil National du Sida (CNS), des associations de lutte contre le VIH et des groupes d’experts.


De nouvelles approches de dépistage vont donc enfin pouvoir être développées, s'appuyant notamment sur les tests sanguins de dépistage rapide du VIH (TDR).

Ces tests, réalisés à partir d'une simple goutte de sang prélevée par exemple au bout du doigt, permettent d’obtenir un résultat dans un délai très court (en moins de 30 minutes).

Le TDR est un outil complémentaire des tests de dépistage existants. Adapté aux populations les plus exposées qui ont peu accès aux dispositifs classiques, il est également approprié pour faire face aux situations d’urgence que l’on rencontre aujourd’hui dans certains départements de France, notamment en Guyane, ou dans certains groupes de population.


Dès le 1er décembre 2010, MdM proposera donc le recours aux TDR aux patients se présentant dans son centre de soins de Seine Saint-Denis.

L’association projette de mettre en place ces tests dans plusieurs de ses centres de soins et ses missions mobiles en métropole au cours de l’année 2011.

L’autorisation des TDR devrait permettre aux personnes les plus vulnérables, en particulier les étrangers en situation irrégulière, d’accéder plus facilement au dépistage. Cependant, les mesures votées à l’Assemblée nationale visant à réduire l’accès, d’une part à l’AME à l’occasion de la loi de finances pour 2011, et d’autre part au droit au séjour pour raison médicale à l’occasion de la loi immigration, intégration et nationalité, vont accentuer les difficultés d’accès aux soins, si elles sont définitivement adoptées par le Sénat. Du fait de ces mesures, les personnes dépistées séropositives, risquent de ne pouvoir être prises en charge et traitées rapidement.

 

Cette approche va totalement à l’encontre des recommandations de santé publique en matière de prévention du VIH et d’autres pathologies lourdes. Ces mesures risquent par ailleurs d’induire un coût supplémentaire lié au retard d’accès aux soins qu’elles entraîneront.

 

(1) Prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, Recommandations du groupe d’experts sous la direction du professeur Yeni, Rapport 2010.