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Edito

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Depuis le séisme du 12 janvier 2010, les Haïtiens survivent essentiellement grâce à la mobilisation de l’aide internationale et à l’assistance des ONG et des agences des nations Unies. Les nombreux dons reçus à travers le monde - près de 3 milliards de dollars dont une grande partie de dons privés -, ont permis de financer des opérations humanitaires massives qui se poursuivent aujourd’hui.

Mais sur place, les conditions de survie restent extrêmement précaires et la population haïtienne accumule depuis plusieurs mois catastrophes, frustration et désillusion. Il n’est donc pas surprenant de voir, en cette période électorale extrêmement sensible, surgir des critiques parfois virulentes contre les Nations-Unies, les Etats et parfois les humanitaires.
Si les équipes haïtiennes et internationales d’urgence, même critiquées, ont permis un temps de faire face aux besoins vitaux, les Etats restent, eux, bien loin du compte en matière de reconstruction. Sur les 10 milliards de dollars promis en mars 2010 lors de la conférence de New-York par les bailleurs internationaux et les Etats membres des Nations Unies, seules quelques centaines de millions ont été décaissées. Des promesses faites pour « reconstruire en mieux » selon l’expression de la commission de reconstruction d’Haïti co-présidée par Bill Clinton.

Un an après le séisme, l’enjeu en Haïti est donc à la fois la poursuite nécessaire des secours mais aussi et surtout de la reconstruction, en panne, et pourtant tant attendue.

Car l’Etat haïtien, toujours à terre, ne pourra pas se relever sans être soutenu longuement. Or, les Etats membres de la communauté internationale, loin d’avoir tenu leurs promesses, ne semblent envisager l'assistance à Haïti qu'au travers des programmes d'urgence. Restent sur le terrain des humanitaires et des secouristes étrangers qui dénoncent désormais une réponse internationale au choléra inadaptée. Des humanitaires parfois réduits au rôle de pompiers dans un pays dévasté, déjà très pauvre avant le séisme et toujours en état de choc. Les secouristes, haïtiens et internationaux, sont submergés par une tâche qui se situe au-delà de leurs réelles responsabilités et capacités en matière notamment de reconstruction et de lutte contre la pauvreté.
Si l’action des associations humanitaires telles que Médecins du Monde reste essentielle et est appelée par les sinistrés à se poursuivre, elle ne saurait remplacer le rôle central de l’Etat haïtien et des bailleurs publics internationaux.
Car si les promesses faites en matière de reconstruction ne sont pas tenues, Haïti risque de vivre un second séisme, celui-ci économique, social et donc politique. L’opportunité de sortir Haïti de la pauvreté s’éloignera alors. A chaque nouvelle catastrophe qui frappera le pays, seules des réponses ponctuelles prises dans l’urgence seront apportées et le séisme du 12 janvier n’aura été qu’une tragédie de plus dans l’histoire d’Haïti.

Il est pourtant encore temps d’agir et de tenir les promesses faites aux Haïtiens.




December 2010

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