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Nos combats

Demandeurs d'asile

Prendre en charge les parcours d’exil

La loi de 2007 sur l’immigration a entrainé un durcissement de toutes les législations s’appliquant au droit d’asile et au séjour pour soins. Le système EURODAC et l’augmentation des demandes en procédure prioritaire rendent la situation des demandeurs d’asiles arrivés en France plus précaires.

CASO

En 2011 les 21 Caso ont reçu 27 % de patients concernés par une demande d’asile. MdM oriente les personnes vers les structures de droit commun. Certains médecins des Caso rédigent également, en appui de la demande d’asile, des certificats médicaux constatant les traces d’éventuels sévices ou blessures. Les parcours d’exil, générant souffrances physiques et psychiques, sont pris en compte par les équipes et des actions de soutien psychologique se développent dans certains centres

Les parcours d’exil, générant souffrances physiques et psychiques, sont pris en compte par les équipes et des actions de soutien psychologique se développent dans certains centres.

Mission CAFDA

MdM a mis en place une consultation d’accueil sanitaire et d’orientation auprès des familles demandeuses d’asile primoarrivantes chez un partenaire, la Cafda (Coordination d’accueil des familles demandeuses d’asile). En 2009, MdM a reçu en consultation 332 familles, soit 37 % des familles reçues à la Cafda.

PERSPECTIVES

MdM poursuit sa mobilisation pour que tous les demandeurs d’asile puissent effectivement accéder à une couverture maladie et soient orientés vers les structures sanitaires de droit commun. MdM se bat également pour que les étrangers gravement malades sans possibilité de soins et/ou de traitement dans leur pays d’origine se voient accorder un titre de séjour pour soins.

TYPES D’INTERVENTIONS

Nos missions assurent des consultations, diffusent des messages de prévention et orientent les demandeurs d’asile vers des partenaires et le système de santé de droit commun. Les témoignages sur les conditions de vie difficiles, associés à l’analyse des données sociales et médicales, sont enregistrés par chaque centre de soins, ils alimentent les rapports d’activité des missions et nos actions de lobbying auprès des institutions concernées.

BENEFICAIRES

27% des patients reçus la première fois dans les centre d’accueil, de soins et d’orientation sont des demandeurs d’asile.

PRINCIPALES PATHOLOGIES

Angoisse-stress-troubles somatiques, syndrome dépressif, infection respiratoire, asthme, douleur abdominale/ épigastrique, infection gastro intestinale, affection dents-gencives, syndrome dorso-lombaire, parasitose/candidose, infection cutanée, hypertension artérielle...

SOURCES DE FINANCEMENT

GRSP, conseils régionaux, conseils généraux, mairies…

PARTENAIRES

CASP, Cimade, Gisti, LDH, Comede, coordination associatives locales ou régionales.

Article alpesolidaires.org

Quand Médecins du Monde accueille et accompagne les demandeurs d'asile

L'antenne grenobloise de Médecins du Monde compte pas moins de 60 bénévoles actifs. Médecins, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, psychologues... tous dévoués à la santé et au mieux-être des plus précaires. Robert Allemand, médecin généraliste, est le responsable de l'antenne. Il s'inquiète. De nouvelles problématiques sont apparues, et le centre d’accueil de Médecins du Monde, qui à sa création devait être provisoire, reçoit 25 ans plus tard un nombre croissant de patients.

Racontez-nous l'histoire du centre d'accueil de soins et d'orientation de Grenoble...

En 1986, Médecins du Monde a lancé un appel national à l'adresse de ses bénévoles afin d'accueillir et de soigner en régions les plus démunis. L'idée était aussi d’interpeller les services publics. Rappelons que la CMU (Couverture mutuelle universelle) ou l'AME (Aide médicale de l'état) n'existaient pas et les exclus du système n'avaient aucun moyen de se faire soigner ! En 1987, des bénévoles, dont une majorité de médecins, ont mis sur pied un accueil avec les moyens du bord. L'association n'avait pas mieux qu'un garage pour local. Rien n'était simple. L'équipe a même dû répondre d' « exercice illégal de la médecine et de détournement de patients », avant que le centre ne soit reconnu et institutionnalisé (1) ! A l'époque, la mission d’accueil en France ne devait pas durer plus de deux ans, le temps que les pouvoirs publics trouvent des solutions... Hélas, aujourd'hui nous sommes toujours là. Et notre file active a doublé depuis 4 ans. Nous avons accueilli 1200 personnes en 2011 contre 600 en 2008.

Comment expliquez-vous cette forte augmentation de fréquentation ? 

La proportion des étrangers que nous recevons est en constante croissance surtout depuis la loi de 2010 sur la régionalisation des demandes d'asile. En Rhône-Alpes, seules Lyon et Grenoble sont équipées d'Eurodac, un système automatisé de reconnaissance d'empreintes digitales. Les demandeurs d'asile doivent s'y soumettre obligatoirement afin de vérifier s'ils ne sont pas fichés dans un autre état membre de l'espace Schengen... Lyon est aujourd'hui complètement saturée et les demandeurs d'asile de toute la région, notamment de Drôme, Savoie et Haute-Savoie viennent à Grenoble. Hélas, les moyens n'ont pas suivi. Il n'y a pas plus de guichetiers en préfecture, ni de solutions logement ; et ces publics se retrouvent dans des situations très précarisées. Aujourd'hui, 92 % de nos patients sont étrangers.

Quelles sont les spécificités de ces publics ? Comment les aidez-vous ?

Nous les prenons en charge - soit directement, soit en les orientant - de façon globale, sur les aspects pathologiques comme psychiques. Les demandeurs d'asile souffrent de pathologies dues au mal-logement (problèmes dentaires, respiratoires, dermatologiques...). Et la Pass (Permanence d'accès aux soins de santé), bien que très compétent, manque de places. A cela, s'ajoutent de graves problèmes psychiques liés à ce qu'ils ont vécu (mauvais traitements, viol, torture souvent). Nous comptons plusieurs psychologues au sein de l'équipe et connaissons bien, pour beaucoup, les pays dont viennent les demandeurs d'asile. Ce qui nous permet de dépister plus facilement ces souffrances, inconscientes la plupart du temps...

Quel est votre protocole d'action ?  

Les gens sont accueillis une première fois par un soignant qui les oriente vers les organismes dont ils ont besoin. Notre mission est de favoriser l’accès aux soins et aux droits des personnes en situation difficile. En plus de la consultation médicale, nous les aidons aussi sur un plan administratif (pour ouvrir, par exemple, leur dossier d'accès à la CMU ou à l'AME). Ce n'est pas simple ! Il est bien sûr très difficile pour ces personnes de trouver un employeur comme le demande la procédure. Beaucoup se retrouvent rapidement en situation irrégulière.

Que faites-vous pour ceux qui ne viennent pas jusqu'à vous ?

Nous allons jusqu'à eux ! L’an dernier, nous avons soigné les demandeurs d'asile de Macédoine et du Kosovo, qui campaient Cité Jean Macé  à Grenoble. Par ailleurs, nous organisons des maraudes de jour avec Le Fournil et la Pass psychiatrique de l’hôpital. Le but est de créer un lien avec les gens de la rue pour les amener à se soigner, à se socialiser et à faire valoir leurs droits (CMU et RSA). C'est un travail de patience et d'humilité aussi. Les personnes que nous rencontrons sont souvent dans un état très dégradé. La maraude fait au besoin fonction de Samu social.

Avez-vous des relais ? Quel est votre réseau ?

Nous travaillons, entre autres, avec le réseau local d'institutions et d'organismes de santé tels que l’accueil de jour de l’hôpital psychiatrique, la PMI (Protection maternelle infantile). Nous appartenons au groupe Alerte Isère (2) et nous sommes aussi aidés par des médecins en libéral. Ceci dit, nous avons beaucoup de mal à mobiliser des dentistes et des ophtalmologistes. Pire ! On nous rapporte fréquemment des refus de soins !

Quelles sont les recommandations que vous avez adressées aux institutions ? Et quels sont, aujourd'hui, vos principaux besoins ?

Nous souhaitons avant toute chose que l'accueil des demandeurs d'asile, logement compris, soit assuré en conformité avec la loi ! Nous faisons partie du comité de veille de la préfecture et nous nous battons en ce sens. Depuis la création de l'antenne, nous avons fait de nombreuses recommandations. Avec nos partenaires, nous avons récemment demandé la mise en place de consultations sans rendez-vous à la PMI. En effet, les populations Rom ont une relation au temps particulière et cette facilité de consultation permettrait une prise en charge de dizaines de jeunes enfants. L’idée a été bien reçue mais n'est pas mise en place, la PMI n'ayant pas de personnel de secrétariat. Concernant nos besoins, nous cherchons des solutions sur les soins dentaires : le manque d'accès à ces soins est criant et nous n'avons aucun équipement ni locaux adaptés...

Zoom sur : 

Robert Allemand, responsable de l'antenne grenobloise, fait partie des bénévoles de Médecins du monde depuis 1998. Cet ancien militant du Mouvement français pour le Planning familial est également riche d'une expérience de 12 ans à l'étranger, du Kosovo à la Russie en passant par la Macédoine. « L’étranger développe les capacités cliniques car il faut palier le manque de matériel », rapporte-t-il. A 70 ans, Robert Allemand continue d'honorer le serment d'Hippocrate en recevant gracieusement, avec les autres bénévoles, les plus précaires. Son credo ? Faire vivre le slogan de Médecins du Monde « Soigner, témoigner »

L'article en ligne

16 avril 2012

VENIR EN AIDE AUX DEMANDEURS D'ASILE

Depuis 2005, le centre d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Marseille a développé des activités pour répondre aux besoins spécifiques des demandeurs d’asile des Bouches-du-Rhône.

S, B, E… Anonymes par souci de protection, ces lettres initiales, égrenées comme celles de l’alphabet, dissimulent prénoms, visages, histoires de vie de personnes à l’avenir en berne. Comme celles qui sont reçues ce matin par Malika Barache, coordinatrice de l’accueil social au sein du centre d’accueil, de soins et d’orientation de Marseille.

Monsieur B., l’oeil hagard, serrant contre lui une liasse de documents, ne respire pas la sérénité. Et pour cause : ex-membre du Parti des travailleurs du Kurdistan, il a fui la Turquie, laissant derrière lui sa femme et ses trois enfants. Pour couronner le tout, il vient de perdre son statut de réfugié politique et son médecin a refusé, malgré son évidente souffrance, de lui faire un certificat médical, sésame de sa demande de régularisation pour soins. « Demain, lorsque vous irez voir votre médecin, réexpliquez-lui votre situation et demandez-lui de m’appeler si nécessaire », le rassure Malika, en lui tendant sa carte de visite. Partenaire d’une plateforme d’acteurs venant en aide aux demandeurs d’asile, MdM est souvent amené à fournir une évaluation médicale à ceux qui sont déboutés, ou à tout étranger en situation irrégulière dont l’état de santé nécessite des soins urgents impossibles dans son pays d’origine. Ensuite, les personnes sont orientées vers un médecin agréé, seul susceptible d’envoyer un rapport médical circonstancié au médecin inspecteur de la Ddass, afin que la préfecture leur délivre un titre de séjour pour soins.

L’EXPERTISE MÉDICALE AU SERVICE DU DROIT D'ASILE

Depuis la création de la plateforme, les travailleurs sociaux ou les médecins de MdM repèrent exceptionnellement en consultation des personnes non informées de leurs droits. Elles sont donc soignées dans l’attente du dépôt de leur demande d’asile qui leur ouvre un droit immédiat à la couverture maladie universelle. En revanche, les besoins de suivi en santé mentale sont fréquents, comme le confirme Roland Truphème, psychiatre au CASO : « La plupart des patients souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique qui se manifeste le plus souvent par des phobies, un refus de sortir ou la peur des autres. » Au traumatisme subi dans leur pays s’ajoute une situation de très grande précarité liée à leur vie dans la rue, sans papiers, sans famille, ni ressources. « L’écoute a une fonction libératrice qui permet d’améliorer certaines douleurs physiques, manifestations souvent somatiques de leur souffrance psychique , poursuit le Dr Truphème.»

MdM joue un rôle essentiel auprès des personnes déboutées de leur demande d’asile par l’Ofpra. Médecins ou psychiatres rédigent, pour la Commission de recours des réfugiés, un certificat médical qui décrit avec force détails les séquelles physiques et psychologiques constatées, en essayant d’établir le lien direct avec les événements traumatiques vécus. D’ailleurs, aujourd’hui, Simone Varenne, médecin bénévole, s’entretient avec une jeune Arménienne, harcelée, séquestrée et violée en 2005 par le fils de ses voisins.

« Mon rôle est d’associer l’examen clinique et moral des sévices subis à son parcours de vie afin de prouver le risque qu’elle encourt si elle retourne dans son village. » Ce recours suscite un véritable espoir pour les migrants, majoritairement déboutés de leur demande d’asile en première instance (92 %) en raison du durcissement des politiques migratoires.

Demandeurs d'asile

Communiqué de presse

  • 28/11/2013 - Réforme de l’asile : Une absence d’ambition pour répondre aux enjeux de l’asile aujourd’hui

    Les parlementaires Mme Valérie Létard et M. Jean-Louis Touraine, chargés par le ministre de la concertation sur la réforme du droit d’asile, remettent aujourd’hui leurs préconisations au ministre de l’intérieur. 

  • 18/04/2014 - Soigner ou expulser ?

    Par les Présidents de nombreuses associations

    En France, un étranger gravement malade reste d'abord et avant tout un étranger. Chaque jour sur le terrain la même mécanique se met en place, réservant à nombre d'entre eux un traitement inhumain : déni de droits, interpellation, enfermement et expulsion vers des pays qui n'offrent aucune garantie d'accès aux soins. En violation totale du droit à la santé, des milliers de personnes atteintes d'hépatite C, de diabète ou du VIH vivent désormais sous la menace d'un retour forcé au pays. Retour souvent synonyme de condamnation à mort eu égard à la gravité de leur pathologie.

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Vidéos

  • 16/10/2013 - Médecins du Monde proche de vous

    Un tour de France de nos programmes. Chaque année, partout en France, les bénévoles de Médecins du Monde soignent et accompagnent plus de 50 000 personnes dans 29 villes.

    Photos Jérôme Sessini / Magnum Photos pour MdM.