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Presse

13/02/2008 Kenya : Médecins du Monde lance une mission d’urgence auprès des personnes déplacées par les violences post-élections

13 février 2008 - Médecins du Monde a lancé cette semaine une mission d’urgence dans la Vallée du Rift pour assurer une prise en charge médicale des populations déplacées, jusqu’à présent, restées en marge de l’aide humanitaire.

17/08/2007 Tremblement de terre au Pérou : Les délégations de Médecins du Monde France et Espagne déploient un dispositif d’urgence

Paris, le 17 août 2007, Suite au violent séisme qui a frappé le Pérou mercredi soir, Médecins du Monde renforce ses équipes déjà présentes sur le terrain en envoyant une équipe, du matériel médical et des médicaments.

04/01/2007 Bilan de nos actions suite à l'urgence Tsunami

Deux ans après le tsunami, qui a frappé l'Asie du Sud-Est en décembre 2004, Médecins du Monde a fermé ses missions en Indonésie et au Sri Lanka. Bilan de nos actions.


Thématique Urgence

Dossier réalisé par Philippe Granjon, Sandra Rude et Christel Marteel. À la différence des missions de développement qui permettent à un pays d'acquérir progressivement un meilleur niveau de soins, les missions d'urgence se substituent ponctuellement à un système de santé brutalement anéanti par une catastrophe naturelle ou une guerre. Il s'agit à la fois de soigner les blessures, physiques et psychiques, provoquées par le drame et d'assurer à la population une continuité dans les soins jusque-là couverts : accouchements, soins de santé primaire, traitements chroniques.

SE SUBSTITUER SANS CRÉER DE BESOINS

Ces activités sont souvent prolongées par une action de réhabilitation afin de reconstruire et rééquiper les centres de soins détruits. « Nous mettons tout en oeuvre pour soigner les victimes mais aussi pour permettre au système de santé local de reprendre au plus vite son cours normal », explique Thomas Durieux, responsable du desk urgence. Avant de préciser : « Nous veillons à adapter nos prestations au niveau des soins avant la catastrophe. Car il ne s'agit pas de créer des besoins auxquels le système de santé local sera incapable de répondre par la suite. » Ainsi, au Kosovo, les volontaires ont pris en charge un véritable service d'anesthésie- réanimation. Au Liberia, en revanche, où le niveau médical est bien plus faible, les actions durant la guerre se sont concentrées sur les blessures et les soins de santé primaire. Les interventions d'urgence sont parfois suivies d'une mission de réhabilitation destinée à élever progressivement le niveau médical, non plus en se substituant aux équipes locales mais en les formant et en les associant pour qu'elles soient capables, à terme, de maintenir les acquis sans soutien extérieur.

UN VÉRITABLE TOUR DE FORCE

Certaines de ces missions de développement préexistent même avant la catastrophe. Les équipes sur place fournissent alors de précieux renseignements pour orienter au mieux l'action d'urgence. D'ailleurs, il n'est pas rare dans ce cas que la mission d'urgence soit prise en charge par l'équipe responsable de cette région, et non par le desk urgence. « Tout dépend de leur disponibilité et de l'ampleur des besoins », souligne Thomas Durieux. Ainsi, la mission d'urgence en République démocratique du Congo a pu être gérée par le desk Afrique alors que, devant l'importance des dévastations, les missions en Asie du Sud-Est et au Pakistan ont plutôt été confiées au desk urgence. Ce service spécialisé est là pour accompagner les équipes et rendre possible ce véritable tour de force : être présent sur les lieux du drame moins de 72 heures après la catastrophe, avec des volontaires et du matériel suffisant pour secourir plusieurs milliers de personnes.

SELON LA MISSION? QUELLE LOGIQUE D'INTERVENTION ?

Le terme même d'« urgence » revêt des réalités bien diverses et la gestion des crises dépend avant tout de leur nature. « Il faut bien séparer les catastrophes naturelles des conflits armés », souligne Michel Brugière, directeur général des missions à Médecins du Monde. « Quand il s'agit de catastrophes naturelles, les décisions se prennent très vite, et très facilement, au sein même de Médecins du Monde. En revanche, les conflits armés ne démarrent pas du jour au lendemain, ils surviennent dans des situations de crises latentes. Il nous faut donc évaluer le contexte et vérifier les conditions de sécurité de notre personnel avant d'ouvrir une mission. » Dans les cas de catastrophes naturelles, la mobilisation est donc immédiate grâce au desk urgence, où 5 à 6 personnes sont en permanence d'astreinte et donc mobilisables, et au service logistique, capable de fournir dans les 24 heures suivant la catastrophe des kits de matériel. Médecins du Monde dispose d'un stock de sécurité et soustraite auprès de Médecins sans Frontières l'achat de matériel chirurgical, qui peut être transporté dans de très brefs délais grâce à un réseau de compagnies aériennes spécialisées. « Malgré cette capacité à intervenir très rapidement, des retards peuvent survenir, explique Michel Brugière. À Banda Aceh, par exemple, le personnel soignant local avait lui-même été gravement décimé par le tsunami : il nous a donc fallu passer par notre mission permanente à Jakarta pour recruter des équipes médicales locales et renforcer les équipes envoyées de France. Celles-ci ont donc dû fonctionner pendant un mois seules, et c'était très éprouvant. » La gestion de la crise au Darfour, de nature politique, n'a évidemment pas suivi la même « logique » car il fallait, avant de lancer tout programme, s'assurer que les expatriés pourraient se déplacer pour rejoindre les populations touchées par le conflit. Ce n'est qu'une fois la situation bien évaluée par quelques expatriés que la mission a pu s'ouvrir, procédant alors de la même façon que pour les catastrophes naturelles. « Une fois sur place, il faut renforcer nos équipes avec du personnel local : ça peut aller très vite si d'autres ONG sont déjà sur place, si les autorités locales nous aident, et surtout grâce au bouche-à-oreille », poursuit Michel Brugière. Selon lui, répondre à l'urgence a toujours été l'une des missions de Médecins du Monde : « Ce n'est pas tant en termes de délais que la situation a évolué. Dans les années 1990, avec les catastrophes qui ont touché l'Arménie ou l'Iran, nous étions déjà capables de répondre avec la même rapidité. En revanche, le processus d'intervention s'est professionnalisé et a gagné en rigueur. »
Mission d'urgence : un
travail de haute voltige

MISSION D'URGENCE : UN TRAVIL DE HAUTE VOLTIGE

Au sein du desk urgence, les missions se gèrent différemment selon le type d'événement, catastrophe naturelle ou conflit. Mais dans les deux cas, deux « voltigeurs », médical et logistique, salariés spécialisés dans les missions d'urgence, sont les premiers sur le terrain.

Le départ d'un binôme pour chacune de nos missions d'urgence conditionne leur mise en place et leur bon fonctionnement. Néanmoins, pour Fabio Baccan, voltigeur logistique depuis six ans, la distinction entre catastrophe naturelle et conflit est essentielle : « Lors d'une catastrophe naturelle, il y a un rush général avec toutes les ONG. Il faut être le plus rapidement possible sur le terrain avec du personnel, des médicaments et du matériel.»Ainsi, du matériel et des médicaments sont stockés en permanence à Roissy. Sans hésiter, il avoue que ce sont les situations les plus difficiles à gérer : « En moyenne, nous devons être opérationnels en 24 à 48 heures et tout gérer en même temps : le montage de notre outil de travail (tente clinique, tente pour stocker le matériel…), l'organisation des tâches des expatriés, leur logement, les moyens de locomotion, les besoins quotidiens… »
Dans une situation de conflit, les voltigeurs partent d'abord seuls. « Dans ce type de contexte, notre premier souci est la sécurité. Ce n'est qu'après évaluation de la situation et mise en place de notre dispositif qu'une équipe peut arriver », poursuit-il. Cette première approche est d'autant plus importante que l'association s'installe souvent dans des régions reculées ou à proximité des zones rebelles. Fabio précise toutefois que « dans les pays où la guerre est installée, la notion d'urgence est relative. S'il faut intervenir rapidement, il faut aussi être sûr de durer. »

UN POINT DE VUE STRICTEMENT MÉDICAL

Carole Dromer, ex-voltigeuse et binôme de Fabio Baccan, précise que l'objectif de l'association est toujours le même, à savoir limiter au maximum le nombre de morts ou de malades à l'issue de la catastrophe ou lors d'un conflit. « En général, nos équipes se rendent directement sur les zones sinistrées et vont à la rencontre de la population afin d'évaluer sa démographie, ses besoins et ses difficultés. Parallèlement, nous visitons les structures de santé et rencontrons les soignants afin de mieux cerner les moyens disponibles. Ensuite nous essayons de mettre en place une action cohérente tenant compte de tous ces paramètres. L'important étant bien sûr d'utiliserau maximum les ressources qui existent et d'assister le personnel local plutôt que de se substituer à lui. » Ainsi, selon les contextes, l'association prend en charge, directement ou non, les soins de santé primaire, monte un programme de chirurgie, organise des consultations ambulatoires. Par ailleurs, les équipes essaient de plus en plus de développer un volet de santé mentale. « L'idée est d'envoyer des psychologues sur place pour qu'ils évaluent les besoins et nous indiquent les moyens ad hoc d'aider la population.»