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Thématique Bénévoles et volontaires, piliers de nos actions

Réunions d'informations
Chaque premier jeudi du mois, de 15h à 17h, le recrutement organise une réunion d'information au 62 rue Marcadet, 75018 Paris - Métro Marcadet.
A cette occasion nous vous présenterons:
- Médecins du Monde en général
- les critères de recrutement
- les différents types de postes et statuts
Nous y accueillons toutes les personnes qui souhaitent rejoindre l'association ou simplement mieux la connaître. soyez donc les bienvenus.
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Expatrié à Médecins du Monde

CHIFFRES


Au total, l’association s’appuie sur 3 000 personnes, salariées, bénévoles ou volontaires, en France ou à l’étranger. Par leur nombre, leur diversité et leur passion, elles contribuent à dénoncer l’intolérable misère médicale et sociale à laquelle elles sont confrontées, et font de MdM sa spécificité.

© E.Rull




Le volontaire, à la différence du bénévole, consacre tout son temps à Médecins du Monde

pendant plusieurs mois, dans une mission à l’étranger. Il perçoit donc une indemnité mensuelle (entre 800 et 915 euros) qui lui permet de payer son loyer, ses impôts et ses autres frais incompressibles en France. Au fil des années, le profil des volontaires a évolué : « Ce sont des gens de plus en plus spécialisés et pointus dans leur domaine car les formations aux métiers de l’humanitaire se sont multipliées : formations en développement, en gestion de projet, en relations internationales… En outre, on leur demande impérativement de maîtriser au moins une langue étrangère », explique Fabienne Alarcon, responsable du recrutement. Autre nouveauté qui prend de l’ampleur, les candidatures issues de l’international pour nos missions à l’étranger. « L’instruction de leur dossier demande une approche très différente car nous devons leur donner beaucoup plus d’informations, notamment sur ce qu’est une association comme la nôtre, très marquée culturellement », indique F. Alarcon. Si le volontariat est l’ossature même de nos missions internationales, il confère un statut précaire pas toujours satisfaisant sur le long terme. C’est la raison pour laquelle 35 postes de salariés ont été créés sur le terrain afin de permettre aux personnes qui s’engagent, un retour moins difficile en France avec des droits au chômage. « Par contre l’engagement reste le même, affirme Thomas Durieux, directeur des ressources humaines, que l’on soit salarié ou volontaire, l’investissement au Darfour ou en Palestine est bien là. »

MAIS QUE SERAIT MÉDECINS DU MONDE SANS SES 1 389 BÉNÉVOLES
qui offrent chaque année une partie de leur temps au siège, dans les délégations régionales ou au sein des centres de soins de la Mission France? Ils permettent d’économiser 3 243 239,03 millions d’euros en salaire et en charges, autant d’argent qui peut être consacré aux missions. « Cette pluralité de statut fait la spécificité de l’association mais aussi sa force », affirme Sophie Beau, qui a occupé tour à tour les postes de bénévole, volontaire, salariée et qui est aujourd’hui coordinatrice de la Mission France de Marseille. Pourtant, « on ne peut pas demander à un bénévole la même chose qu’à un volontaire », poursuit-elle, « le volontaire signe un contrat et doit remplir un certain nombre d’objectifs fixés par la mission tandis que le bénévole s’engage moralement et chacun peut y mettre ce qu’il y veut.» Ainsi, certains médecins voient dans leur action une façon de mettre au profit de l’association leurs compétences professionnelles tandis que d’autres y voient un vrai engagement militant. Mais quel qu’il soit, leur investissement est respectable et permet de mener à bien de multiples projets.

Interview de Sophie Beau, coordinatrice Mission France Marseille

Quel est ton parcours à MdM ?
S.B. : J’ai postulé pour partir comme volontaire mais en attendant une mission, j’ai fait du bénévolat. Je voulais m’engager pour une ONG ayant les moyens de réfléchir au fondement de sa mission et MdM m’a proposé un poste en Palestine. Après quelques mois, je suis devenue coordinatrice salariée sur le terrain et au bout d’un an, j’ai été embauchée au siège en tant que responsable du desk Moyen-Orient. Il est important d’alterner terrain et siège afin de reprendre pied avec la réalité.

Que penses-tu des relations entre les salariés, les volontaires et les bénévoles ?
J’ai toujours apprécié la grande fluidité des relations entre les salariés du siège, les volontaires sur le terrain et le bénévole associatif, responsable de la mission. Si chacun avance sur le travail et les objectifs fixés, cela suffit à bien travailler ensemble. Si parfois les échanges sont difficiles entre le terrain, directement investi sur un projet et les responsables de mission qui ne viennent qu’une ou deux fois par an sur la mission, cette distance est indispensable à la réflexion.

Quel est ton rôle aujourd’hui vis-à-vis des bénévoles ?
J’assure la coordination des 145 bénévoles investis sur la Mission France de Marseille, 120 sur le Centre d’accès aux soins et d’orientation et 25 sur la mission mobile auprès des sans-abri. À Marseille, nous avons une politique participative et les missions avancent au fil de l’investissement des bénévoles. J’impulse des idées qu’ils sont seuls à pouvoir mettre en oeuvre. Ma proximité avec eux est bien plus importante que celle qu’un responsable de mission peut avoir avec ses équipes sur le terrain.


Engagements au pluriel


Superviser un programme, dénoncer des manquements aux droits de l’homme, aller à la rencontre de patients démunis, ou présider l’association… Leurs activités diffèrent mais tous les quatre ont, un jour, poussé la porte de Médecins du Monde.

UNE PASSION POUR LE PAKISTAN

Barbara Ten Kate s’est engagée comme coordinatrice médicale au Pakistan il y a sept ans et aujourd’hui, elle supervise le programme pakistanais. « J’ai choisi ce rôle pour pouvoir continuer mon engagement à MdM, parce que j’ai une passion pour le pays et pour l’association », explique-t-elle. Concrètement, elle est responsable des activités de la mission qui prend en charge les femmes victimes de violences, isolées dans les Dar-ul-Aman, ces refuges créés par le gouvernement pakistanais. L’un des moments forts de cette expérience s’est produit en décembre dernier, lorsqu’elle a visité l’école de sagefemme mise en place par l’ONG pakistanaise MCWAK, elle-même créée par MdM. « Une trentaine de femmes étudient et sont logées dans cet établissement situé dans une région rurale et conservatrice. Il y a plusieurs années, nous avions eu l’idée de monter une telle école. Ce rêve, MCWAK l’a réalisé ».

LA RENCONTRE
Stéphane Vinas a signé son premier contrat de volontaire en mars 2006, à l’occasion du tremblement de terre au Pakistan. Actuellement coordinateur du programme de promotion et d’accès aux soins des migrants, à Tijuana au Mexique,il se souvient que même s’il n’avait pas une très grande expérience professionnelle avant sa première mission, « on m’a fait suffisamment confiance, et le contrat de Protection Officer qui devait durer deux mois a finalement été prolongé à dix mois ». Sa vocation remonte à l’âge de 16 ans, lorsqu’il avait ce rêve d’intégrer une grande ONG française. Son affinité avec MdM l’a poussé à accepter une nouvelle mission, toujours animé par l’idée qu’il peut apporter « sa petite goutte dans l’océan de gouttes ». Il reconnaît aussi qu’aujourd’hui, il fait ce qu’il lui plaît et ce qui donne un sens à sa vie, c’est la rencontre.



© Jésus Herrera

AU COEUR DES DÉCISIONS
Claude Moncorgé, ancien président, a commencé à s’impliquer dans l’association au début des années 90, en effectuant bénévolement des missions ponctuelles d’urgence en Afrique et en Asie, en parallèle à une activité médicale classique dans un hôpital français. Il a alors découvert « un univers stimulant » où il a rencontré « beaucoup de personnes qui l’ont séduit, certaines d’une génération précédente, avec une réflexion aboutie sur l’humanitaire… ». Il s’est ensuite tourné vers le Conseil d’administration, a été secrétaire général puis président de l’association pendant quatre ans. Aujourd’hui, il est responsable de la mission de lutte contre le VIH au Zimbabwe, « RM » dans le jargon de MdM. Il est le garant de la bonne marche du projet au niveau de la politique associative et de son éthique, en lien avec le chargé du programme, salarié au desk et l’équipe sur le terrain. « C’est un rôle qui n’existe pas dans de nombreuses associations », ajoute-t-il, « il est là pour faciliter la vie de la mission, pour être partie prenante de la vie de l’association et pour rencontrer les bailleurs et les médias ».

UNE MÉDECINE HUMANITAIRE
Jeanine Rochefort le sait bien, elle qui est responsable bénévole du Caso de Seine-Saint-Denis. Un rôle qui mélange une pratique de médecine clinique puisqu’elle assure des consultations, de santé publique et une petite partie administrative.
Elle a rejoint MdM après une trentaine d’années de médecine libérale. « Avant, j’avais une pratique humanitaire de la médecine libérale. J’étais très impliquée, j’ai vu trois générations successives au sein des familles, j’ai vécu leurs joies et leurs peines ». À la retraite, le contact avec le patient lui a manqué, c’est pourquoi elle s’est naturellement tournée vers MdM, dont elle partage les valeurs. « On s’intéresse aux personnes qui se présentent sans se préoccuper de leurs origines, ni de la couleur de leur peau. Sinon, qui d’autres que nous le fera ? »


Recruter, former et accompagner


En 2006, 375 postes de volontaires, toutes fonctions confondues, ont été pourvus au sein de Médecins du Monde. Le travail des ressources humaines s’étalonne sur plusieurs étapes : planifier les besoins, effectuer le recrutement, accompagner, éventuellement former et fidéliser

Recruter, une étape décisive pour une ONG. MdM reçoit et traite environ 10 000 candidatures par an. Ce volume s’explique par l’attractivité exercée par l’association en France et à l’étranger, principalement du fait de son action militante. La création d’outils et de procédures administratives est donc primordiale pour définir des profils de recherche précis et anticiper au mieux les besoins. Le travail des ressources humaines se poursuit au-delà du recrutement. Afin de créer une dynamique réactive, les volontaires sont suivis tout au long des missions. « L’association a notamment développé un réseau de praticiens dans le champ de la santé mentale sur toute la France afin que chaque expatrié puisse, s’il le souhaite, être pris en charge gratuitement à son retour de mission », souligne Fabienne Alarcon, responsable recrutement.

Le processus de recrutement connaît une vraie amélioration. L’an passé, MdMa effectué 1 500 entretiens de recrutement mais aussi de suivi. Actuellement, 61 % de nos besoins portent sur des profils médicaux et 30 % sur des fonctions de coordinateurs. Or, nous sommes confrontés à de vraies difficultés de recrutement sur les profils de coordination : dans 40 % des cas, nous n’arrivons pas à identifier le futur volontaire dans les délais impartis. Pour pallier ce problème, nous allons travailler de concert, direction des opérations, équipes terrain et direction des ressources humaines, sur l’anticipation et la planification des besoins pour être en mesure de démarrer les processus de recrutement, non plus un, mais quatre mois à l’avance. « Àchaque solution envisagée, il faut fixer des objectifs, un calendrier et avoir des indicateurs de réussite, Il s’agit de quantifier pour mieux suivre l’impact de nos décisions afin d’avancer », conclut Thomas Durieux, directeur des ressources humaines.

© Valérie Dupont

Comment recruter des personnes qui n’ont pas les critères exigés c’est-à-dire deux ans d’expérience professionnelle et la maîtrise d’une ou deux langues étrangères ? En mettant en place des formations ad hoc, individuelles, collectives ou basées sur le compagnonnage. Une décentralisation des formations, accessibles au personnel des pays dans lesquels nous intervenons, est envisagée pour pallier nos déficiences en coordinateurs, postes qui demandent une grande polyvalence et une certaine expérience, notamment sur les terrains difficiles (Soudan, Palestine, Haïti...). Au vu de la concurrence croissante entre les différentes ONG, l’association cherche à fidéliser les volontaires qui souhaitent s’inscrire dans la durée de façon efficiente, en leur proposant un parcours évolutif interne. Toutefois, cela n’exclut pas ceux qui veulent s’investir ponctuellement. L’engagement n’est en aucun cas lié à la durée de la mission.


 

Le personnel national, une ressource humaine stable, pérenne et pertinente.

Sur les missions internationales, MdM travaille à la fois avec des expatriés et des nationaux, c'est-à-dire le personnel du pays. En 2006 1700 d’entre eux ont collaboré sur nos missions et sur 87 coordinateurs, 67 étaient des expatriés, 20 des cadres nationaux. L’un des enjeux forts du recrutement repose sur la valorisation de ce personnel, gage de pérennité face au « turn-over » des expatriés et d’une pertinence liée à leur connaissance évidente du contexte. MdM a donc créé un poste de chargée des ressources humaines nationales. Frédérique Benzoni, qui occupe ce poste, a donc une lourde tâche. « Nous devons les recenser, évaluer leurs compétences, border leurs conditions d’engagement afin de leur permettre, à terme, d’évoluer au sein de leur mission », explique-t-elle. « Ainsi, nous pourrions répondre à leur besoin de reconnaissance. »


Dossier réalisé par Laure Antoine, Stéphanie Senet et Hélène Valls.

Volontaire à Médecins du Monde