Une revue pour débattre et réfléchir sur l’humanitaire
En novembre 2000, modeste et ambitieuse à la fois, la revue Humanitaire naissait. L’Afghanistan n’était alors située sur une carte que par une poignée d’humanitaires nostalgiques d’un âge d’or où l’Est et l’Ouest s’étaient livrés à la Guerre froide par procuration...
Une revue pour débattre et réfléchir sur l’humanitaireEn novembre 2000, modeste et ambitieuse à la fois, la revue Humanitaire naissait. L’Afghanistan n’était alors située sur une carte que par une poignée d’humanitaires nostalgiques d’un âge d’or où l’Est et l’Ouest s’étaient livrés à la Guerre froide par procuration ; New York abritait encore le World Trade Center, tours jumelles de Babel dans lesquelles vaquaient à leurs occupations des milliers de New-Yorkais toutes origines confondues et l’Irak était le symbole de l’Etat belligérant renvoyé dans ses pénates après l’agression du Koweit… Depuis, la carte du monde a changé. Le World Trade Center s’est effondré, emportant avec lui des milliers d’innocents et quelques certitudes occidentales. Le terrorisme mondial devient une réalité dramatiquement concrète, mais aussi un prétexte sémantique aux réponses occidentales qui suivront. L’Afghanistan s’est matérialisé aux yeux du grand public à la faveur d’une riposte gigantesque aux attentats du 11 septembre 2001 tandis que l’Irak a fait l’objet d’une attaque en règle au prétexte d’armes chimiques introuvables. Le monde est bel et bien entré dans le XXIe siècle avec un goût de cendres dans la bouche. Ce que nous observions et pressentions dans notre premier éditorial de novembre 2000 prend aujourd’hui une singulière acuité : « Mutation des conflits et complexification des enjeux, de nouveaux problèmes surgissent qui exigent des réponses inédites. L’implication croissante des populations civiles et la perpétuation des génocides, le rapport au politique, l’imbrication du militaire et de l’humanitaire, les conquêtes du droit international, la couverture médiatique, l’élaboration de critères d’évaluation de l’action humanitaire… » Ces quelques lignes résumaient parfaitement bien les mutations qui s’opéraient, dessinant une évolution qui n’a malheureusement pas été contredite depuis.
L’action humanitaire a avancé au rythme de l’Histoire, enregistrant « encaissant » pourrions-nous écrire les chaos de cette dernière. Elle est bien évidemment contrainte d’en prendre acte, d’en mesurer la portée pour réaffirmer, ou revoir, ses postulats. De notre point de vue d’acteurs humanitaires, il nous semble que l’on peut identifier quatre grands faits marquants de ces dernières années :
La revue Humanitaire, depuis ses débuts, se veut réceptacle des évolutions qui se font jour et des débats qui s’engagent. Médecins du Monde soutient cette revue et souhaite ainsi développer cet espace de débat et de réflexion unique en France. Puisant aux sources de sa propre histoire et de son appartenance au mouvement « french doctors » qui a marqué le développement de l’action humanitaire, mais intégrant les évolutions et les influences multiples de ces dernières années, Médecins du Monde entend affirmer pour la revue Humanitaire la ligne éditoriale suivante : Pour enrichir cette démarche, la revue Humanitaire met en place une organisation qui combine un Comité de pilotage et un Comité de rédaction. Le comité de pilotage est en charge du respect de la ligne éditoriale et de la diffusion de la revue. Placé sous la responsabilité du président de Médecins du Monde, directeur de publication de la revue, il est composé de membres de l’association. Le Comité de rédaction, ouvert à des personnalités reconnues d’origines professionnelles et géographiques multiples, est en charge, sous la responsabilité du rédacteur en chef, de la conception intellectuelle et pratique de la revue. A partir de l’éditorial « Cinq ans déjà », par Françoise Jeanson alors directrice de la publication et présidente de Médecins du Monde et Boris Martin, rédacteur en chef (Numéro 13, Hiver 2005) Comité de pilotage (Médecins du Monde) :
Pierre Micheletti (président de Médecins du Monde et directeur de publication), Comité de rédaction :- Karl Blanchet, consultant international pour les projets de santé menés par des ONG, chercheur rattaché à la London School of Hygiene and Tropical Medicine et ancien directeur de Handicap International Royaume-Uni. Il a mené des missions d’urgence et de développement principalement en Europe de l’est, en Afrique occidentale et orientale. Il est également photographe. - Nathalie Herlemont-Zoritchak, docteur en sciences politiques (Thèse sur « Illusions et réalités de l’idéologie humanitaire : Les ONG "sans frontières" sont-elles devenues des acteurs de paix ? [1971-2001] ») ; responsable du service analyse et positionnement à la Direction générale de Handicap International. - Denis Maillard, chef du service de presse à l’UNEDIC et directeur de la collection RéGénération aux éditions Michalon., ancien responsable adjoint de la communication à Médecins du Monde où il participa au lancement de la revue Humanitaire, ancien secrétaire général de l'ONG Aide Médicale Internationale. - Sami Makki, chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d’études stratégiques (CIRPES) de l’EHESS à Paris et dirige le programme Sociétés civiles et enjeux de sécurité. Il est l’auteur de Militarisation de l’humanitaire, privatisation du militaire en 2004, au CIRPES. - François Rubio, directeur juridique de Médecins du Monde, maître de conférences à l’Université du Mans, professeur associé à Columbia University (New-York) où il codirige un séminaire sur une étude comparative entre les ONG américaines et les ONG françaises, chargé d’enseignement à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il anime un séminaire sur le rôle des ONG dans les relations internationales. - Philippe Ryfman, professeur associé au Département de Science politique de la Sorbonne à l’Université Paris I, Panthéon-Sorbonne et chercheur associé au CRIS (Centre de recherche internationale de la Sorbonne). Il a également co-dirigé jusqu’en 2005 le DESS Développement, Coopération internationale et Action humanitaire (DCAH) à Paris I. Pierre Salignon, directeur général de Médecins sans Frontières. Pierre Salignon, directeur général de Médecins sans Frontières.
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