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Accueil / Publications / Journal destiné aux donateurs / Médecins du Monde Le journal destiné aux donateurs n° 86 mars 2007



Nos Missions

Pérou

Paris, le 21 août 2007 - Tremblement de terre au Pérou : Les délégations de Médecins du Monde France et Espagne déploient un dispositif d’urgence Suite au violent séisme qui a frappé le Pérou mercredi soir, Médecins du Monde renforce ses équipes déjà présentes sur le terrain en envoyant une équipe, du matériel médical et des médicaments.

Presse

04/04/2007 La responsabilité sociale et environnementale d’Areva est mise en cause par Sherpa, Médecins du Monde et la CRIIRAD

L’association Sherpa, en partenariat avec Médecins du Monde et la CRIIRAD, a révélé aujourd’hui la teneur d’un rapport de mission sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation de l’uranium au Gabon et au Niger par l’entreprise Areva.


Journal des donateurs   Médecins du Monde Le journal destiné aux donateurs n° 86 mars 2007

Couverture du journal des donateurs

SOMMAIRE
N° 86 mars 2007

  • Missions
    - Afghanistan/Agir en amont de l’épidémie
    - Mongolie/Informer et lutter contre l’alcoolisme et la tuberculose
    - Soudan/Entre choléra et tirs armés
    - Yémen/Urgence sanitaire
    - Chine/Ouverture du premier « drop-in center »
    - France/Une tente à soi à défaut d’un toit pour tous.
  • En bref/Les actions MdM en France et à l’étranger
  • DOSSIER
    Agir face aux violences faites aux femmes

extrait : Alerte / Pérou des droits pour les adolescents. Au Pérou, la santé sexuelle et reproductive est une inconnue pour les adolescents. Et les jeunes filles sont exclues du système de soins à l’occasion de leur grossesse. MdM les accompagne…




Rencontre de Roland Desbordes : (président du CRIIRAD)

Des sites radioactifs en France inquiètent-ils la CRIIRAD ?

Oui, on peut citer le site nucléaire de Marcoule dans la Vallée du Rhône, les mines d’uranium dans le Limousin, la Vendée et le Massif central. L’usine de retraitement nucléaire de la Hague dans la Manche est aussi extrêmement polluante pour l’environnement. Le seul médecin réellement indépendant qui a fait une étude, a trouvé un excédent de leucémie chez les enfants dans le secteur. Ces résultats montrent bien qu’il existe un impact sanitaire évident mais qui n’a pas été suffisamment étudié. On ne peut pas dire le nombre exact de malades et de pathologies dus au nucléaire, mais selon moi, ce ne peut être zéro.
Aujourd’hui, la gestion des déchets, produits par l’industrie nucléaire civile et militaire, pose un problème. Depuis vingt ans, les autorités repoussent la question à plus tard en disant qu’elles vont trouver une solution mais on ne voit toujours rien venir.

Est-ce que vous vous sentez écouté par les autorités françaises ?

La présence de la CRIIRAD et de tous les citoyens qui l’ont soutenue, nous a permis d’avoir une législation, qui sur le plan par exemple, de la gestion des déchets, est bien moins pire que ce que l’on aurait pu imaginer à une époque. Nous avons réussi à bloquer des lois prévues pour banaliser et disperser les déchets radioactifs dans l’environnement. Le problème, c’est de faire respecter la législation dans la réalité, car il existe toujours des cas particuliers.

Et au niveau international ?

La CRIIRAD a déjà lancé plusieurs campagnes mondiales. Par exemple, nous dénonçons les accords conclus entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont la vocation est de promouvoir l’énergie nucléaire dans le monde au moindre coût. Des rapports internes à l’OMS disent que l’énergie nucléaire pourra se développer si on maintient les citoyens dans l’ignorance. Sur tous les dossiers concernant la radioactivité et l’environnement, l’OMS n’a jamais communiqué de manière indépendante par rapport à l’AIEA. Elle est restée muette face aux conséquences des armes à uranium appauvri qui ont été utilisées par l’OTAN au Kosovo, par les Etats-Unis et l’Angleterre en Irak et en Afghanistan, et sans doute lors de la dernière guerre au Liban. L’uranium est un métal lourd, donc un polluant connu, et en même temps radioactif. Au minimum, il provoque des cancers voire des pathologies qui n’ont pas encore été bien répertoriées. Les vétérans de la Guerre du Golfe commencent à se retourner contre l’Etat américain et gagnent des procès. Par contre, personne ne se préoccupe des citoyens irakiens.

La CRIIRAD souhaite installer un laboratoire biomédical, codirigé par le professeur Youri Bandajevsky, à Minsk en Bélarus, (le pays le plus touché par l’accident de Tchernobyl) pour poursuivre les recherches sur les effets radioactifs. Où en est ce projet de partenariat ?
La CRIIRAD a déposé il y a un et demi, les premiers statuts de cette Organisation non gouvernementale internationale (ONGI) mais à quelques détails près, ils ne correspondaient pas à la réglementation du Belarus. Les statuts ont été modifiés pour que ceux déclarés en avril dernier, soient conformes à la législation. Début décembre, les autorités ont refusé le programme en invoquant un faux argument : les recherches faites dans le cadre de ce laboratoire seraient trop floues. En réalité, le sujet dérange. Youri Bandajevsky a été condamné, en juin 2001, à huit ans de prison à cause de ses travaux sur les conséquences sanitaires et épidémiologiques de la catastrophe de Tchernobyl. En juillet dernier, il a été expulsé du Belarus. Aujourd’hui, il vit en « résidence surveillée » à Clermont-Ferrand sans moyens pour continuer ses recherches, alors que sa famille est gardée en otage dans son pays. Le professeur Bandajevsky est décidé à aller jusqu’au bout car le sujet est trop grave. Nous allons trouver une autre formule pour que ce projet puisse aboutir. La CRIIRAD ne lâchera pas.

La CRIIRAD subit-elle des pressions ?

Oui et notamment financières avec la création de faux laboratoires indépendants qui prennent des « parts de marché » pour nous empêcher d’exister. De plus, l’état français, par un décret interministériel en août 2003, a voulu obliger tous les laboratoires à lui rendre des comptes. La CRIIRAD a refusé d’être assujettie et de signer ce protocole. Nous avons dû batailler ferme pour garder notre statut de laboratoire indépendant.

Propos recueillis par Ariane Silvestri
le 15 décembre 2006