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Droit de l'homme et droit international humanitaire

La protection se définit comme l’ensemble des activités destinées à promouvoir le respect des droits de l’homme et s’intègre dans nos actions d’urgence.


Dossier de presse   « Si tu es tchétchène, médecin ou pas, tu es déjà coupable » (Mars 2003)


« Pour nous, médecins, il n'y a pas d'ennemis. Chaque personne qui franchit le seuil de notre hôpital n'a ni nationalité, ni foi, ni couleur de peau : c'est un blessé qui a besoin de notre aide. »
Dr Oumar Khambiev Ancien ministre de la Santé en Tchétchénie

En Tchétchénie, le personnel médical est pris entre deux feux : les forces militaires russes d'un côté, les combattants tchétchènes de l'autre. Accusés de collaboration ou de trahison, les médecins se retrouvent en première ligne de cette guerre sans front et ne bénéficient d'aucune protection. En juillet 1995, la Cour constitutionnelle de Russie considérait le premier conflit tchétchène, comme un conflit armé interne, donc soumis au respect du Protocole additionnel des Conventions de Genève relatif à la protection des victimes des conflits armés non internationaux (Protocole II) et à l'article 3 commun. La deuxième offensive, lancée par les forces fédérales, est qualifiée depuis le début « d'opération antiterroriste » par les autorités russes. Elle est décrite comme une vaste opération de police, nécessitant tout de même la présence et l'intervention de plus de 80 000 militaires, des phases de bombardements aériens intensifs et l'utilisation quotidienne d'artillerie lourde en tout genre. Les dizaines de milliers de victimes recensées depuis septembre 1999 et les 120 000 réfugiés tchétchènes qui stationnent encore à ce jour en territoire ingouche seraient donc imputables à une simple opération de police menée au nom de la lutte mondiale contre le terrorisme.
Le désaccord sur la qualification juridique de ce conflit entretenu par les autorités russes, laisse la porte ouverte à tous les abus. Et ils ne manquent pas. La population civile est la première à en faire les frais. Une situation que bon nombre d'organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme ne cessent de dénoncer.
Une fois de plus, Médecins du Monde tire le signal d'alarme en attirant l'attention de la communauté internationale sur le sort du personnel médical tchétchène qui n'est pas épargné par les exactions très majoritairement pratiquées par l'armée russe. Le fait n'est pas nouveau, ce qui est nouveau, c'est d'en parler. Le non-respect des droits du personnel sanitaire constitue une grave violation du droit international humanitaire et des droits de l'homme. Une violation de plus dans cette région du monde qui les collectionne sans être inquiétée.

Les témoignages recueillis en ce début d'année 2003 auprès d'une trentaine de médecins tchétchènes prouvent une nouvelle fois que les discours du Kremlin vantant la normalisation de la situation dans la petite république caucasienne relèvent davantage de la propagande que de la réalité. Le déchaînement de violence qui ravage la région depuis trois ans et demi se poursuit à huis clos, en toute impunité et au mépris de toutes les conventions internationales, dont la Fédération de Russie est pourtant signataire. Ces violations incessantes du droit international humanitaire et des droits de l'homme vis-à-vis du
personnel médical ont des répercussions directes sur l'accès aux soins des populations civiles dans une région où, malgré les annonces officielles de normalisation, le conflit armé continue et frappe inlassablement les plus vulnérables.

Ce rapport a été présenté à la Commission des droits de l'homme à Genève en mars 2003