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Communiqué de presse   Pakistan : Médecins du Monde fait part de son inquiétude quant aux conditions de retour des victimes du tremblement de terre


Paris, le 11 avril 2006

Au Pakistan, six mois après le tremblement de terre, les villages sinistrés n'ont pas été reconstruits. Pourtant, les déplacés sont poussés à quitter les camps pour regagner leur terre d'origine. Médecins du Monde exprime sa vive préoccupation quant à ce retour précipité dans des zones où ni les services vitaux minimum ni l'accès aux soins ne sont garantis aujourd'hui.

Le tremblement de terre du 8 octobre 2005 a fait au moins 80 000 morts et laissé des centaines de milliers de personnes sans abri. Dès novembre 2005, celles-ci ont été incitées par les autorités pakistanaises à trouver refuge dans des camps temporaires. Tout au long de l'hiver, Médecins du Monde a accompagné et soigné ces déplacés dans deux camps officiels et dix camps spontanés autour d'Islamabad et dans la région du NWFP.

Les autorités ont unilatéralement décidé de la fermeture des camps au 31 mars, puis au 10 avril 2006, sans concertation préalable et contre la volonté d'une majorité des déplacés qui souhaitent attendre la fin de l'hiver. Or, les conditions météorologiques actuelles provoquant de nombreux glissements de terrain et les conditions d'une vie décente dans leur village d'origine n'étant pas réunies, il est raisonnablement difficile d'envisager un retour dès aujourd'hui. Les déplacés vivent encore sous des tentes et bon nombre n'ont plus de terres ni les moyens financiers pour reconstruire leur maison et recommencer une vie normale. En outre, ils s'inquiètent du manque de nourriture, d'accès à l'eau potable et à l'éducation dans leur village où les infrastructures ne sont pas encore reconstruites. De plus, dans la majorité des zones de retour, aucun accès aux soins n'a été rétabli. Enfin, certaines familles restent angoissées par le retour sur une terre où elles ont perdu les leurs.

Malgré cela, nous constatons chaque jour les contraintes faites aux familles afin qu'elles quittent les camps au plus vite : arrêt des distributions de nourriture, informations contradictoires, promesses sans certitudes. Aujourd'hui, les camps où nous travaillons ont déjà été largement vidés de leurs occupants. Parfois, les camions en charge du transport déposent les familles et leurs biens sur les routes principales à plusieurs jours de marche de leur village.

Nous craignons aujourd'hui une paupérisation de ces populations vulnérables que le système de compensations financières mis en place par le gouvernement ne permettra pas d'endiguer.

Médecins du Monde, tout en continuant à assurer une aide médicale tant dans les camps que sur les zones de retour, appelle au respect de la dignité des personnes déplacées. Nous demandons aux autorités pakistanaises de fournir au plus vite des conditions de vie acceptables dans les villages et d'agir immédiatement pour le rétablissement de l'accès aux soins.

Contact Presse :
Florence Priolet / Annabelle Quenet Tél : 01 44 92 14 31 / 14 32
www.medecinsdumonde.org