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Communiqué de presse   LUTTER CONTRE LA PROPAGATION DU VIRUS EN ASIE PAR DES PROGRAMMES DE REDUCTION DES RISQUES AUPRES DES USAGERS DE DROGUE.


Paris, le 16 novembre 2006 COMMUNIQUE DE PRESSE

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1er décembre, Journée Internationale de Lutte contre le Sida LUTTER CONTRE LA PROPAGATION DU VIRUS EN ASIE PAR DES PROGRAMMES DE REDUCTION DES RISQUES AUPRES DES USAGERS DE DROGUE LA REDUCTION DES RISQUES

Moins de 20% des usagers de drogue dans le monde ont accès aux messages de prévention du VIH. Dans de nombreux pays, c'est au sein de cette population marginalisée et exclue des circuits de prise en charge médicale, que démarre l'épidémie.

La réduction des risques est née dans les années 80 afin d'enrayer la propagation du VIH chez les usagers de drogues. Elle permet, via l'échange de seringues, de réduire considérablement les contaminations (VIH, mais aussi hépatites) mais aussi de faire baisser le nombre d'overdoses.
Dès 1989, Médecins du Monde se positionne comme un acteur majeur de la RdR en France : programmes d'échanges de seringues puis programmes de substitution aux opiacés par la méthadone, adaptés aux toxicomanes les plus marginalisés.

L'expérience et l'expertise acquises en France ont permis, dès 1995 la mise en place de programmes similaires à l'international, notamment en Europe de l'Est (dans les Balkans, en Russie) et en Asie où, en 2005, près de 8,3 millions de personnes, dont 2,4 millions de femmes vivent avec le VIH selon l'ONUSIDA.

MEDECINS DU MONDE MENE AUJOURD'HUI 6 PROGRAMMES DE REDUCTION DES RISQUES EN ASIE

- en Chine (Chengdu), via un premier centre d'échange de seringues et des équipes de rue qui vont à la rencontre des usagers sur leurs lieux de vie et de consommation,
- en Birmanie, dans le Kachin et à Yangoon, où les programmes de RdR incluant un traitement de substitution à la méthadone sont réalisés dans les dispensaires et dans les maisons d'injection traditionnelles.
- au Vietnam : à Hanoi et Hô Chi Minh, centre de soins de jour dans un centre de quartier, et équipes mobile pour les sans-abris, personnes se prostituant et usagers de drogues.
- et depuis quelques mois, en Afghanistan

L'association milite également pour une meilleure prise en charge des usagers de drogue dans la politique de lutte contre le VIH, qui ne constitue clairement pas une priorité : peu d'acteurs de proximité, difficulté à trouver des financements internationaux.

PROGRAMME ECHANGE DE SERINGUES ET DROP-IN CENTER A KABOUL

Alors que l'Afghanistan produit 92% de l'opium mondial, la consommation locale d'héroïne revêt une ampleur sans précédent. Une partie croissante de la production afghane n'est plus exportée mais consommée sur place. Selon la seule étude officielle, réalisée par l'UNODC et publiée en 2005, 920 000 personnes, soit 3,8% de la population, consomment des drogues diverses. La pratique d'injection d'héroïne se répand très rapidement et, avec elle, la transmission du VIH et de l'hépatite C, infections non prises en charge dans le pays. Ainsi, sur les 464 personnes testées dans le centre de dépistage de Kaboul, 14 étaient séropositives et plus de 100 personnes avaient contracté l'hépatite C.
Kaboul cristallise la problématique de l'injection de drogues. La capitale connaît depuis quelques années un afflux massif de réfugiés et de personnes déplacées, de retour en Afghanistan depuis la chute du regime des Talibans et qui cumulent tous les facteurs de vulnérabilité : parcours personnels marqués par la violence des guerres et des conflits, ruptures familiales, extrême pauvreté, etc.

Face à la montée en puissance du nombre d'usagers de drogue et pour prévenir une probable explosion de l'épidémie de Sida, Médecins du Monde, présent depuis près de 25 ans dans le pays, a inauguré en septembre un centre de soins, ouvert à tous, qui propose des échanges de seringues, des services de premier soin et d'hygiène, des conseils, un volet de prévention sida. A terme, un programme de substitution à l'héroïne sera développé. Dans le centre, les usagers de drogue peuvent se reposer, se laver et s'organiser en groupes de parole pour concevoir ensemble des supports d'information adaptes aux plus marginalisés. « Au-delà des soins et de la distribution de seringues, l'objectif est de permettre aux usagers de drogue de retrouver une certaine estime de soi et la possibilité de se responsabiliser », estime Guive Rafatian, coordinateur du programme de MdM.

Parallèlement, des unités mobiles vont à la rencontre des usagers dans la rue afin de poursuivre ce travail de sensibilisation. Ainsi, des « pairs éducateurs » afghans, usagers de drogue ou anciens toxicomanes, formes par MdM, délivrent dans la rue des messages de prévention et des outils de réduction des risques adaptes aux modes de consommations.

« A terme, notre objectif est de faire de ce programme un initiateur de nouvelles pratiques d'approches et de prises en charge des usagers de drogue. Ceci permettra d'élargir la palette d'offre de soins en Afghanistan et favorisera le transfert de compétences auprès des acteurs locaux », conclut Olivier Maguet, responsable de la mission.

TEMOIGNAGES

Saïd Aziz, 38 ans, se rend au centre depuis 2 mois.
« Il y a 20 ans, je suis parti vivre en Iran. J';étais tailleur et mon patron me donnait de la drogue pour que je puisse travailler jour et nuit. C'est là-bas que je suis devenu dépendant. Apres la chute du régime des Talibans, je suis rentre a Kaboul mais sur le chemin du retour, des voleurs m'ont pris tout pris. Ici je n'ai pas de travail, je ne suis pas heureux. A la radio, ils disaient que la situation s'améliorait mais si j'avais su que la vie en Afghanistan était comme ça, je ne serais pas rentre. Quant je vivais en Iran, j'étais dépendant mais ma famille ne me rejetait pas parce que j'avais un travail et que je pouvais subvenir à leurs besoins. Depuis que je vis ici je n'ai pas de travail fixe et a cause de ma dépendance a la drogue, j'ai du quitter ma famille. Cela fait maintenant 1an et 2 mois que je vis dans la rue avec les autres usagers. Je ne veux pas retourner vivre avec ma soeur, ma femme et mes 4 enfants parce que j'ai honte. Je viens d'apprendre par un ami que ma famille allait être expulsée parce qu'elle n'a pas pu payer le loyer depuis 7 mois. Je ne sais pas quoi faire.
Certains jours, je travaille pour décharger des camions de sacs de ciment et de briques. Je gagne environ 150 afghanis par jour et je travaille 4 jours par semaine. Avec cet argent ou celui que j'emprunte a des amis, j'achète pour 100 afghanis de drogue par jour. Il ne me reste pas beaucoup d'argent alors je ne mange que 20 jours par mois, le plus souvent du pain et du thé. Parfois je me sens tellement faible que je ne peux pas travailler. En plus, dans la rue, nous sommes harcèles et rackettes par la police. Ils protègent les dealers de drogue même sur les lieux ou nous achetons notre drogue. »

Moslem a 32 ans et entre dans le centre pour la 1ere fois. Apres avoir émigre en Turquie puis en Iran, il a été reconduit à la frontière il y a 2 ans. Ses papiers n'étaient plus en règle.
« Je vivais en Iran avec ma femme qui est iranienne et nos deux enfants. Ils sont restes en Iran et je n'ai pas de contact avec le reste de ma famille qui vit à Londres et en Iran. Là bas, j'étais tailleur et je faisais du Karaté. Lorsque je suis rentre en Afghanistan, j'ai voulu monter une école de Karaté avec un ami qui rentrait aussi d'Iran. Cet ami se droguait et c'est avec lui que j'ai commence. Depuis, je chasse le dragon avec de l'héroïne. Je fume trois fois par jour et si je n'ai pas mes doses, c'est insupportable, je vais très mal et je pense à me suicider. J'emprunte de l'argent à mes amis pour m'acheter ma drogue. J'ai voulu arrêter et je me suis inscrit dans un centre de sevrage mais je ne pouvais pas me permettre de m'y rendre tous les jours, je devais travailler pour gagner ma vie. Pourtant, je veux vraiment arrêter de consommer, je ne peux plus continuer à vivre sur le dos de mes amis. Avant j'étais quelqu'un de respecte, de vertueux et de confiance mais depuis que je consomme, mes amis m'évitent. Mon meilleur ami ne veut même plus me voir. Aujourd'hui, j'ai plein de dettes. Je veux les rembourser et retrouver la confiance des gens. Je vis à l'hôtel et parfois je dois dormir dehors. La rue, c'est une mort progressive. Tout y est difficile : trouver de l'argent, de la drogue, un endroit pour consommer...Toute la journée, c'est de la souffrance. La drogue détruit tout. J'attends que quelque chose me sauve, que je sois soigne et que je reprenne une vie normale. Si j'arrive à m'en sortir, je voudrais que ma famille me rejoignent en Afghanistan mais pour le moment, ce n'est pas possible : la situation a Kaboul est très difficile. L'insécurité, le manque de travail et l'instabilité politique ne permettent pas leur retour. Si ça ne va pas mieux, je repartirais en Iran ».

Vous trouverez ci-joint un dossier de presse sur Médecins du Monde et le sida avec des exemples de missions sida de MDM-France. Nous vous proposons de vous mettre en relation avec nos acteurs de terrain ou médecins responsables de la lutte contre le sida en France et à l'international. Nous pouvons également vous aider si vous souhaitez effectuer un reportage sur l'un de ces terrains.

Annabelle Quénet / Florence Priolet
Service de presse Médecins du Monde
Tél. 01 44 92 14 31/32
infomdm@medecinsdumonde.net
Retrouver un dossier sida et des interviews sur notre site :
www.medecinsdumonde.org