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Les migrants et déplacés

Les migrants et déplacés

28 000

migrants reçus dans nos centres de soins en France

 

52,9

millions de réfugiés et déplacés dans le monde en 2015

260 000

migrants soignés chaque année dans plus de 20 pays.

La situation

La pauvreté, la faim, les discriminations, la violence, la guerre, l’espoir d'une vie libre et d'un avenir pour leurs enfants : autant de raisons qui poussent une personne, une famille à quitter un pays, des proches, tout un passé. Pourtant, le voyage est semé d’autres souffrances et l’arrivée dans le pays où l’on espérait un avenir meilleur est souvent synonyme de rejet, d’exclusion… Pour les demandeurs d’asile et les sans-papiers, l’accès aux soins est nettement restreint. Dans certains pays, il se limite aux urgences vitales.

  • Aboud

    Aboud, 23 ans

    « Je viens du Darfour, au Soudan du Nord. J'ai quitté l'enfer car c'est la guerre chez moi. Ils massacrent tout le monde et la famine est partout. Avant de partir, je croyais que la France, c'était le paradis. Je pensais qu'on pouvait avoir une maison facilement, qu’on pouvait travailler, faire des études... Je me rends compte que c'est dur, ce n'est pas du tout ce que j'avais imaginé mais bon... J'ai quitté l'enfer et ici, au moins, c'est la paix. »

  • Ana, Honduras

    Ana, 27 ans

    « Je viens d’un petit village au Honduras. L’une de mes sœurs était partie s’installer à Tapachula, dans le Chiapas au Mexique. Je suis allée la rejoindre avec ma mère et ma fille. Nous avons dû traverser le fleuve Suchiate en radeau car nous n’avions pas de papiers. À Tapachula, la vie est plus tranquille et la situation économique meilleure qu’au Honduras. Je gagne correctement ma vie en travaillant dans un bar mais les gens pensent qu’on est des filles faciles. Comme je n’ai pas de titre de séjour et que les gens se méfient de moi, je n’ose pas aller chez le médecin. »

  • Armelle, 27 ans

    « J’ai une fille de 9 ans qui est restée au Cameroun quand je suis venue vivre en France. Si je suis partie, c’est pour elle. Pour pouvoir l’envoyer à l’école. Aujourd’hui j’ai peur de tomber à nouveau enceinte. Je n’ai pas d’argent pour payer une consultation chez le gynécologue. J’ai entendu parler de plusieurs méthodes de contraception mais je n’ai pas confiance. Ca me fait peur. »

Notre action

Lutter pour l’accès aux soins des plus vulnérables, c’est aussi militer pour le droit des migrants à la santé, pendant leur parcours migratoire ou dans leur pays d’accueil. En France et ailleurs, en aidant ces populations à intégrer un parcours de soins classique, Médecins du Monde entend lutter contre la discrimination et leur permettre de mieux s’intégrer.

L’accès aux soins des immigrés

En France, Médecins du Monde intervient auprès des populations vulnérables, dont les migrants et les réfugiés. Nos Caso reçoivent aujourd’hui plus de 90 % d'étrangers. Les médecins et infirmiers bénévoles les soignent ou les orientent vers des dispositifs mieux à même de les prendre en charge. Ils les aident également à obtenir leur droit à une couverture maladie.

Nous demandons un égal accès aux soins des personnes résidant sur le territoire européen, quel que soit leur statut administratif et leurs ressources financières. Nous militons pour la non-expulsion des étrangers gravement malades qui ne peuvent pas être soignés dans leur pays d'origine et pour l’attribution d’un titre de séjour, condition nécessaire pour qu’ils soient correctement soignés.

À travers le monde, pour répondre aux besoins des immigrés, Médecins du Monde met également en oeuvre des actions de prévention et de sensibilisation spécifiques. Le but est autant de limiter les risques liés à leurs conditions de vie que de les informer de leurs droits.

Agir dans les zones de transit

Médecins du Monde intervient également dans les quartiers et dans les camps où transitent les migrants à différentes étapes de leur périple. Nos équipes accompagnent les patients vers les structures de soins et les aident à faire valoir leurs droits en matière de couverture santé, en France comme en Algérie ou au Mexique.

L’association oeuvre par ailleurs à améliorer les conditions de vie de ces étrangers. Nous plaidons pour que leur soient proposés des logements décents et un accès à l’hygiène. Nous militons pour que le droit d’asile soit une réalité et que les instances européennes sécurisent ces populations vulnérables.

Nous proposons des consultations médicales dans nos cliniques mobiles ou dans les centres de santé installés dans les camps, en Somalie, en Irak ou encore en Turquie, à la frontière syrienne. Enfin, nous apportons à ces populations souvent traumatisées un soutien psychologique. Lorsque cela est nécessaire, un véritable suivi psychiatrique leur est proposé, comme c’est le cas pour les Syriens réfugiés en Jordanie ou au Liban.

Un médecin bénévole soigne un migrant à Calais © Olivier Papegnies
Un médecin bénévole soigne un migrant à Calais © Olivier Papegnies

Le projet Migrants Droit Santé

Depuis le début des années 2010, des millions de personnes tentent de rejoindre l'Europe pour fuir la guerre, la violence et les persécutions. Près de la moitié de ces réfugiés viennent de Syrie. D'autres sont originaires d’Afghanistan, du Pakistan, d’Irak, d'Afrique.

Arrivés en Grèce ou en Italie par la mer, hommes, femmes et enfants sont dans un état de détresse immense, choqués, épuisés par leur périple ou gravement malades. Leur route ne s’arrête pourtant pas là. Une longue traversée des Balkans les attend avant d’atteindre le nord de l’Europe.

L'objectif du projet migrants droit santé est de soutenir les autorités sanitaires des pays de transit ou d’accueil, afin de les aider à apporter des services de santé adéquats et accessibles aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile. Nous apportons une attention toute particulière aux femmes et aux enfants, qui sont parmi les plus vulnérables.

Ce programme, qui a débuté en janvier 2016 et dont le budget global s'élève à 3,5 millions d’Euros, est financé à 80% par le programme Santé de l'Union Européenne.

Au total, 8 ONGinfo-icon (Médecins du Monde France, Allemagne, Belgique, Grèce, Espagne et Suède, accompagnées par la Slovene Philanthropy et Helsesenteret for papirlose migranter) sont impliquées dans ce programme. Elles soutiennent les autorités nationales de santé de 11 États membres de l’UEinfo-icon, à savoir :

  • La Grèce et l’Italie (pays d’arrivée)
  • La Croatie, la Bulgarie et la Slovénie (pays de transit dans les Balkans)
  • La France, l’Espagne, la Suède, la Belgique, la Norvège et l’Allemagne (pays de destination).

 

Nos unités mobiles identifient les lieux d’arrivées et de transit des migrants, pour y délivrer des soins de santé primaire. Chaque migrant se voit alors attribuer un carnet de santé afin de faciliter les démarches médicales tout au long de son parcours (notamment pour la vaccination).

Nos équipes veillent également à sensibiliser les migrants à leurs droits à la santé afin de leur permettre d’accéder aux systèmes de soins nationaux. Les données que nous collectons lors des actions sont systématiquement partagées avec les autorités locales dans le but d’améliorer la prise en charge du flux migratoire.

Lieux d'intervention

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