Mission SDF et mal-logés
Nombre de sans-abris en france : 86 500 personnes (sourec Insee)
Nombre de mal-logés : 3,2 millions (source fondation Abbé-Pierre)
Pathologie le splus fréquentes : dermatologie, traumatologie, problèmes psychiatriques, souffrances psychiques, infection ORL et respiratoire.
Nombre de missions : 16
Nombre de bénévoles : 182
Contacts avec les SDF : environ 10 000, 17,8% des personnes vues dans les CASO sont des SDF et 43,4% vivent dans des logements précaires
Caractéristiques : des SDF reçus dans les CASO : 26% sont des femmes, 60% ont moins de 35 ans; 8,6% sont mineurs, 75% n'ont pas de droits ouverts à la couverture maladie
Sources de financement: Ddass, mairies, conseils généraux...
Partenariats principaux : Fondation Abbé Pierrre, Secours catholique, Emmaüs, Crois-Rouge, Resto du Coeur, Samu social, le DAL, associations locales (la Péniche, les Amis de la rue, le Fournil, le GAF, Enfants du monde, Droit de l'homme, EMDH...)
Photo : Bruno FERT
Cette année, les Sans domicile fixe aimeraient bien vous laisser un autre souvenir. Parce qu'il n’y pas de santé sans toit, Médecins du Monde demande que les sans-abris aient un logement comme tout le monde.
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Le logement est un droit fondamental, et pourtant nombreux sont ceux qui n'y ont pas accès : on compte
aujourd'hui en France environ 100 000 sans-abri et plus de 3 millions de mal-logés. Les incendies des hôtels parisiens vétustes (près de 50 morts, pour la plupart des enfants) et la révolte des banlieues ont replacé la crise du logement au coeur du débat public. Environ 61% des patients vus par la Mission France sont sans abri ou vivent dans des logements précaires.
Activités :
Face aux difficultés des personnes vivant dans la rue, trop marginalisées et fragilisées pour se rendre d'elles-mêmes dans les structures de droit commun, MdMdéveloppe des actions mobiles. L'objectif est double : informer les personnes sur leurs droits à l'accès aux soins, les orienter et les accompagner vers les structures de droit commun ; accueillir dans les centres de soins ceux qui n'ont pas de couverture maladie en attendant qu'ils recouvrent leurs droits. Tous les ans, MdM mène des actions, en hiver comme en été, afin de demander des places d'hébergement et des logements durables. A partir de son expérience de terrain, MdM continue à témoigner des conséquences néfastes sur la santé du nonlogement comme du mal-logement. La discontinuité et l'inadaptation des structures d'hébergement aggravent l'état de santé des personnes les plus fragilisées. Les équipes en France se mobilisent toute l'année pour assurer des veilles sociales dans le cadre de «maraudes», des consultations médicales dans des centres d'hébergement, des lits infirmiers En 2005, MdM a été sollicité par la DGAS pour participer à la réflexion et à la rédaction d'un cahier des charges formalisant les structures «lits halte soins santé», qui a donné lieu à une circulaire sur le fonctionnement et les principes de financement de ces lits. En décembre 2005, la mission SDF de Paris s'est fortement mobilisée pour distribuer des tentes «igloos» aux sans-abri et alerter les pouvoirs publics sur l'urgence à refondre le dispositif d'hébergement.
Types d'interventions:
> Consultations médico-sociales, maraudes : Le Havre, Marseille, Metz, Nice, Paris, Strasbourg, Toulouse, Valenciennes.
> Consultations médicales auprès des SDF accueillis dans une structure «lits halte soins santé» : Bordeaux, Grenoble, Lyon, Strasbourg, Toulouse.
> Ecoute santé : Angoulême.
> Consultations dans d'autres associations (Restos du coeur, Armée du salut, boutiques Abbé Pierre, Secours catholique, Aides, Point écoute santé jeunes ) : Grenoble, Le Havre, Lyon, Metz, Nancy, Nantes, La Réunion, Toulouse, Valenciennes.
> Consultations dans des centres d'hébergement d'urgence : Lyon, Metz, Nice, Toulouse. > Interventions socio-sanitaires dans les squats : Bordeaux, Paris.
Perspectives :
Poursuite de l'action terrain auprès des personnes les plus fragilisées (tournées de rues, prises en charge socio-médicales, consultations médicales et soins infirmiers dans les foyers d'hébergement, travail de partenariat avec les structures sanitaires et d'hébergement, participation au «plan grand froid») et de l'action politique (témoignage, lobbying auprès des institutions pour la mise en place de structures d'hébergement durables et adaptées aux besoins de la population sans abri).
Faciliter la prise en charge des sans-abriSANTÉ MENTALE / À Marseille, aller à la rencontre de personnes de la rue est indispensable car les dispositifs institutionnels ne proposent pas de prise en charge médico-psycho-sociale adaptée à leurs besoins.
Le logement et la santé sont des droits fondamentaux. Et ne pas avoir d’abri rend UNE BATAILLE PERMANENTE
Parmi les exemples illustrant la difficulté d’accès aux soins, le cas de J., 24 ans, délirant et catatonique. Malgré une recommandation d’hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), le patient est sorti des urgences en pleine nuit, à 10 km du centreville. Notre équipe a ainsi perdu avec cet homme un contact difficilement noué durant un an de travail. Il y a encore, de la part des personnels médicaux, une stigmatisation et une méconnaissance de cette population et bien souvent l’incapacité à prendre en charge conjointement les problématiques médicales et sociales, pourtant complètement imbriquées. « C’est pour cela que nous faisons essentiellement le relais vers le centre d’accueil, de soins et d’orientation deMdM, qui est la structure la plus adaptée pour recevoir les gens. Elle permet une prise en charge globale : médicale, mais aussi psychologique et sociale, poursuit Sophie Beau. À Marseille, le chantier est immense. Nous cumulons les pénuries en termes d’accès aux droits et aux soins. On ne peut pas tout assumer à la place du service public. Il a fallu attendre cet été pour obtenir
Stéphanie Lelong - Extrait de "Médecins du Monde journal destiné aux donateurs" N°88 |
L'URGENCE EN FRANCE
Aider les SDF : une précieuse mission
« Nous avons rencontré Béatrice à la gare, lors d'une tournée. Elle était enceinte, mais elle ne savait pas exactement de combien et n'avait jamais été suivie. Ce qui m'a frappée, c'est qu'elle avait les bras tout griffés. Notre médecin a pensé qu'il s'agissait d'une malade mentale. En discutant avec Béatrice, je me suis rendue compte que c'était simplement sa façon d'exprimer son angoisse. Elle venait d'arriver à Poitiers, ne connaissait personne, n'avait pas de logement, pas de revenu, pas de papiers et elle attendait un bébé. Qui ne serait pas angoissé dans une telle situation ! C'est l'une des situations de détresse les plus grandes que j'ai jamais rencontrées. J'ai orienté Béatrice vers notre centre de soins. Avec la sage-femme et l'assistante sociale de la mission, nous l'avons remise d'aplomb. Récemment, elle est venue pour nous remercier. Elle avait un logement, un travail, des papiers, et elle tenait dans les bras un magnifique bébé. C'est avec des personnes comme elle que je mesure à quel point notre mission auprès des SDF est précieuse ! » Marie-Thérèse Raymond, psychologue, responsable de la mission auprès des SDF à Poitiers
« C'est l'une des situations de détresse les plus grandes que j'ai jamais rencontrées ! »
chiffres clés :
- en 1993 : 21 programmes de la Mission France, dont 1 seul programme mobile allant à la rencontre des plus exclus.
- en 2006 - 2007 : 80% des actions sont des programmes mobiles permettant aux équipes de soigner les plus démunis
Aller vers les plus marginalisés
« La plupart de nos missions répondent à une urgence sanitaire ! », martèle Nathalie Simonnot, responsable de la coordination Mission France. Les premiers centres de soins ont ainsi permis, dès 1986, de soigner une population en réel danger car elle était exclue de notre système de santé, faute de papiers, d'adresse fixe, de droits à jour
Et de mettre en lumière cette situation intolérable !
Aujourd'hui, grâce à cette dénonciation, des solutions de prise en charge médicale ont été mises en place par les pouvoirs publics. Même si elles sont incomplètes, elles ont amené la Mission France à se tourner vers des populations encore plus marginalisées
« Notre grande évolution a consisté à sortir des centres de soins pour aller vers les plus menacées et les plus exclus », souligne Nathalie Simonnot. Partout en France, ces actions mobiles se multiplient, au point de représenter désormais 80% des missions : tournées auprès des « SDF » et dans les squats pour réconforter ces populations marginales et orienter ceux qui en ont besoin vers des centres de soins ; missions auprès des toxicomanes et des prostituées pour réduire les risques de contamination ; présence dans les raves pour limiter les risques liés à la consommation de drogues ; interventions dans les camps de Roms pour assurer une continuité de soins ; actions dans les immeubles insalubres pour dénoncer les risques de saturnisme liés à la présence de peinture au plomb dégradée
La Mission France se mobilise également dans l'urgence, lors de catastrophes comme les inondations dans le Gard ou l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. « Dès le lendemain de l'explosion, nous avons monté une grande tente au cur du Mirail, un quartier défavorisé où les dégâts étaient très importants », se souvient Pascale Estecahandy, alors déléguée régionale de Médecins du Monde. « Pendant 15 jours, nous avons accueilli de jour comme de nuit ceux qui étaient choqués, orientés les blessés vers les hôpitaux proches, pris en charge les enfants souffrant de psychotraumatisme, participé à des réunions de coordination avec les associations et les institutions également présentes sur le terrain, comme pour une mission d'urgence à l'étranger ! » Et comme à l'étranger, la Mission France sait également se désengager progressivement, lorsque l'urgence s'éloigne, en passant le relais à des partenaires locaux.
Philippe Granjon
Extrait de "Médecins du Monde journal destiné aux donateurs" N°81
octobre 2007