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Association Veza

Veza est née en mai 2005 et a été créée par l’équipe locale de Médecins du Monde, afin d’être en capacité de reprendre le programme d’échange de seringues mis en place depuis l’été 2002 à Belgrade.

Association Veza

Vidéo - Mission "Dragon Kiss"

2004 - La mission « Dragon’s Kiss » ou mission itinérante de réduction des risques en milieu festif a été une tournée estivale appuyée sur une quinzaine d’associations des différents pays parcourus pour couvrir 16 événements internationaux ou nationaux sur trois mois (fin juin à fin septembre 2004). Cette mission visait à fédérer un réseau d’intervenants de proximité pour réduire les risques dans les fêtes, gratuites ou non : risques liés aux modes de vie et pratiques culturelles (tatouage et piercing, nomadisme), liés aux pratiques sexuelles (rapports non protégés) ou liés à l’usage des drogues.

Vidéo - Mission "Dragon Kiss"


Mission Serbie

CHIFFRES

Mortalité infantile : 13‰
Espérance de vie à la naissance : 73,2
IDH : nc
PIB/habitant ($) : 2 946

Population bénéficiaire :
Programme transféré à Veza : « échange de seringues et d’outils d’information auprès des consommateurs de drogue par voie injectable » :
directe : 823
indirecte : 1 900 : seringues/an : 270 000, taux de récupération : 40%
Programme MdM : accès au traitement de substitution pour les personnes dépendantes aux opiacés :
directe : 60 d’ici mi-2008
indirecte : environ 900

Personnel :
local : 0,5 etp
expatrié : 1

Sources de financement : MAE/MdM/Fonds Mondial
Budget 2006 : 224 500 euros (tous financements)

Après sa séparation du Monténégro, la Serbie reste toujours politiquement instable en raison du futur statut du Kosovo et des fluctuations d’alliances politiques internes. Suite aux conflits et aux bouleversements socio-économiques qui ont secoué cette région dans les années 90 et à l’absence manifeste de coopération internationale significative, la Serbie connaît une situation économique difficile, malgré une aide croissante de la diaspora serbe. L’offre de soins s’est clairement détériorée et l’épidémie de VIH progresse, en particulier parmi les injecteurs de drogues, sans qu’il soit possible d’obtenir une information claire sur le plan épidémiologique.

RÉDUCTION DES RISQUES AUPRÈS DES USAGERS DE DROGUE

Belgrade

Activités

Fin 2005, MdM a transféré son programme de réduction des risques à une association locale serbe Veza.
Toutefois, l’équipe MdM appuie cette association en matière de recherche de financements, d’aide au développement et de gestion de projets. MdM a également initié une action en faveur de l’ouverture d’une unité médicale spécialisée en addictologie au sein d’un dispositif de SSP.

Perspectives

L’action initiée à l’automne 2006 se traduira par l’ouverture d’une unité médicale spécialisée en addictologie et les premières inclusions de patients en traitement substitutif opiacé au cours du premier semestre 2007, au sein d’un centre de soins primaires situé à Belgrade.

Juin 2007

RENCONTRE

Interview avec Sasa Markovic, infirmier, ancien travailleur de rue, aujourd’hui directeur de Veza.

Veza est née en mai 2005 et a été créée par l’équipe locale de Médecins du Monde, afin d’être en capacité de reprendre le programme d’échange de seringues mis en place depuis l’été 2002 à Belgrade.
Depuis quand l’association Veza existe-t-elle ? Quelle est son histoire en Serbie ?
Veza est née en mai 2005 et a été créée par l’équipe locale de Médecins du Monde, afin d’être en capacité de reprendre le programme d’échange de seringues mis en place depuis l’été 2002 à Belgrade. La plupart d’entre nous sont présents sur le programme depuis le début, nous nous sommes donc familiarisés ensemble à la Réduction des Risques. Nous avons construit le projet associatif de Veza pas à pas, car aucun d’entre nous n’était vraiment habitué au fonctionnement d’une ONG.
Veza intervient dans un champ d’activités très nouveau en Serbie, et nous avons la chance de bénéficier de l’image de Médecins du Monde en tant qu’ancien opérateur : les institutions, les autres ONGs, locales ou internationales, nous font confiance et reconnaissent notre compétence unique en Serbie.
- Quel est le champ d’intervention de votre association ?
Veza intervient auprès des usagers de drogue, c’est à la fois très novateur et très spécifique. Nous sommes en contact avec une frange de la population que personne ne connaît ou ne veut connaître. Soignants et autres ONGs sont très éloignés de ce public et ne souhaitent pas vraiment s’en approcher. Il nous faut donc avancer par étapes, proposer des formations, des rencontres, afin de dédramatiser et essayer de destigmatiser l’usage de drogues.
- Quelles sont vos activités actuelles ?
Nous avons une unité mobile qui se rend dans différents endroits de la ville six jours par semaine, généralement en soirée. Et nous avons un lieu fixe de type boutique (ou drop-in) ou nous recevons les usagers cinq jours par semaine de 12h00 à 20h00. Nous faisons de l’échange de matériel stérile, nous informons les usagers sur les pratiques à moindre risque et nous proposons des soins infirmiers au sein du lieu fixe. Depuis environ un an, en partenariat avec un centre de soins, nous organisons des temps de dépistage VIH et hépatites B et C au drop-in, plusieurs fois par mois.
- Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Nous espérons maintenir la confiance établie aujourd’hui avec les usagers ! Nous souhaitons aussi proposer plus de services, notamment de type soutien psychologique, et auprès des usagers issus de la communauté Rom que nous voyons en grand nombre sur le programme, et enfin s’assurer que les usagers de drogues bénéficient véritablement d’un accès aux soins comme tout autre citoyen serbe. Nous espérons que les traitements de substitution vont se généraliser et permettre ainsi à bon nombre de personnes de se stabiliser et de retrouver une vie sociale.
- Et pour finir, que représente Veza pour vous ?
Ce programme a pour moi été une grande découverte : j’ai appris qu’il y avait d’autres façons d’aider les gens, à savoir par la pratique de la Réduction des Risques. J’ai aussi rencontré beaucoup de personnes qui pensent « autrement » et qui veulent aider les autres, et cela m’a beaucoup enrichi personnellement. Et de manière générale, Veza est pour moi un outil pour faire changer la société. Ce n’est pas seulement un programme d’échange de seringues, mais une manière de faire changer les mentalités, et donc la société toute entière.

novembre 2006