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Les Missions

Témoignage

Nicaragua, violence familiale, combattre le fléau

Dans la Région autonome de l'Atlantique Nord (RAAN), province la plus pauvre du pays, alcool et drogue font des ravages. Depuis 2001, les autorités ont élevé la lutte contre la violence intra-, extra-familiale et sexuelles au rang de priorité nationale.


Mission Nicaragua

CHIFFRES

Mortalité infantile : 31‰
Espérance de vie à la naissance : 70
IDH : 0,698 : rang : 112/177
PIB/habitant ($) : 847

Population bénéficiaire :
directe : environ 4 000 femmes victimes de VIF/VS (violence intrafamiliale et sociale).
Les enfants de moins de 15 ans victimes de VIF/VS : 20 000 enfants estimés à risque. 3 650 hommes de 15 à 54 ans
indirecte : 80% du personnel de santé de la municipalité de PC soit 160 personnes, 45 femmes-relais dans les quartiers de Bilwi, 16 membres d’ONG locales et institutions partenaires. Population générale de PC, soit 60 500 habitants.

Personnel :
local : 1
expatrié : 1

Sources de financement : MAE – Communauté autonome d’Andalousie

Budget 2006 : 68 400 euros

Politiquement et économiquement instable, le Nicaragua est un pays où les tensions se sont exacerbées à l’approche des élections de novembre 2006. La pauvreté touche 2,3 millions de personnes. La violence sociale ainsi que la consommation de drogues et d’alcool sont des préoccupations majeures. En 2001, le gouvernement a fait de la lutte contre la violence intra ou extra familiale et la violence sexuelle une priorité de santé publique. Toutefois, ces phénomènes continuent d’être un fléau qui touche un grand nombre de femmes et d’enfants.

PRISE EN CHARGE DES VICTIMES DE VIOLENCE

Région Autonome de l’Atlantique Nord (RAAN), Municipalité de Puerto Cabezas

Activités
  • amélioration de la prévention et de la prise en charge pluridisciplinaire (sanitaire, juridique, sociale) des VIF et de la VS ;
  • intégration au réseau du plan national pour la prévention de la VIF et VS (2001-2006) ;
  • réhabilitation, équipement, animation d’un centre d’accueil en étroite collaboration avec les partenaires locaux ;
  • consultations et dépistages des MST, cancers du col de l’utérus et autres ;
  • traitements gynécologiques et psychologiques ;
  • accompagnement juridique et administratif ;
  • sensibilisation de tous les intervenants potentiels, y compris la population masculine.

Au Nicaragua, à Puerto Cabezas, 74,2% des femmes sont victimes de violences domestiques et sexuelles. MdM assure la prise en charge médicale de ces victimes et sensibilise les populations. Parallèlement, l’association a développé, en partenariat avec des acteurs nationaux, un réseau permettant d’assurer le suivi judiciaire et social des femmes victimes de violences. Le réseau s’est doté du Caimca, un centre de prise en charge intégrale de la femme caribéenne. Cette prise en charge globale contribue à rétablir les structures de santé dans leur rôle d’institution de contrôle social, dont la présence est nécessaire pour limiter le développement de la violence La construction de ce réseau permet également de relayer le message, via les médias traditionnels, des actions de lobbying, le recrutement et la formation de bénévoles (femmes relais, juges, etc.).

TEMOIGNAGES

Je veux étudier pour être indépendante plus tard.”

« Mon père abusait de moi quand ma mère travaillait sur les marchés. Je n’osais rien dire car il disait que tous les pères faisaient ça et qu’il me tuerait si je parlais. J’avais peur car il battait ma mère et lui volait tout l’argent pour boire et se droguer. Quand ma grand-mère s’est aperçue de ma grossesse, j’ai d’abord nié mais elle m’a forcée à avouer et m’a amenée à la police pour porter plainte. Ils m’ont dit de me rendre au centre d’accueil. Là-bas, j’ai compris que je n’étais pas seule et que j’avais des droits. Puis, c’était bien, car je pouvais regarder la télé tous les jours ! Depuis, comme mon père s’est enfui au Honduras, j’ai pu quitter l’auberge du centre. Je vis dans le village de ma mère pour m’occuper de mes sept petits frères. J’ai hâte maintenant de retrouver l’école et mes amis à Puerto Cabezas. Ma vie reste là-bas et j’ai tellement de projets pour l’avenir ! »