Mission Liban
Mortalité infantile : 27‰
Espérance de vie à la naissance : 71,5
IDH : 0,772 ; rang : 88/177
PIB/habitant ($) : 6 135
Population :
Bénéficiaire : 2 000
Cible : 5 500
Personnel :
Local : 13
Expatrié : 2
Sources de financement :
MAAIONG, UE, Fondation Drosos
Budget 2007 :
389 271 euros
ASSISES SUR LA SANTÉ DANS LES PRISONS LIBANAISESLes Assises sur la santé dans les prisons libanaises ont eu lieu les 7 et 8 novembre 2008 à Beyrouth, à l’Université Antonine de Hadath. Ces assises organisées par Médecins du Monde-France, l’Association Justice et Miséricorde ainsi que les Forces de Sécurité Intérieure (1) viennent en quelque sorte clore quatre années de présence de MDM en milieu carcéral au Liban. En janvier 2005, Médecins du Monde a lancé un programme d’accès aux soins et aux droits des travailleurs migrants, réfugiés et demandeurs d’asile incarcérés au Liban. A travers l’intérêt spécifique porté à une catégorie de détenus particulièrement vulnérable (celle des migrants), MdM et l’AJEM (2) ont développé des activités médicales visant, à améliorer les conditions sanitaires de détention et l’accès aux soins en prison. Le projet d’accès aux soins de santé a donc démarré à la prison de Roumieh en janvier 2005 jusqu’à mars 2006, date à partir de laquelle notre ONG a étendu son action dans les autres prisons libanaises.
Après plus de deux ans d’activités médicales au sein de la prison centrale de Roumieh, il nous a semblé opportun de rédiger un rapport décrivant les conditions sanitaires de détention et l’organisation de l’accès aux soins, car nous disposions de suffisamment d’informations pour mettre en avant les problèmes rencontrés et formuler les recommandations qui en émanent. Le projet d’atelier s’est rapidement transformé en conférence : d’une part, aborder le sujet de la santé en milieu carcéral était une première dans le pays et dans la région et d’autre part, les Forces de Sécurité Intérieure ne voyaient pas d’inconvénient à rendre publiques les dysfonctionnements de l’organisation des soins dans les prisons libanaises. Les objectifs de la conférence étaient donc d’aboutir à une perception commune (ONG, experts et décideurs) des problèmes de santé en milieu carcéral et établir ensemble des axes d’intervention prioritaires, mais aussi d’aboutir à une connaissance claire et précise des ressources et moyens existants pour tenter d’améliorer la situation. Un comité organisateur s’est mis en place au printemps 2008, constitué par des membres des Forces de Sécurité Intérieure dont le directeur du centre médical de la prison centrale de Roumieh et le responsable du service santé au sein des FSI), de l’AJEM et de MDM qui a aboutit à deux jours d’Assises sur la santé dans les prisons libanaises avec la participation notable de l’Organisation Mondiale de la Santé et du Comité International de la Croix Rouge. Etaient présents la plupart des Organisations non Gouvernementales qui interviennent dans les prisons du Liban, les institutions nationales impliquées directement ou indirectement dans les prisons libanaises des représentants des Forces de Sécurité Intérieure des trois services impliqués directement ou indirectement dans l’administration des prisons : la gendarmerie (organisation/sécurité), l’administration centrale (santé),le service des opérations (coordination entre les différents services) et le service des « Travaux et bâtiments » (en charge du suivi des travaux de réhabilitation/équipement, notamment sur le plan sanitaire),des médecins militaires (qui sont amenés à travailler en prison),des institutions internationales (UNHCR,OMS, CICR)… La présentation du rapport a été suivie d’un état des lieux général sur la question de la santé en milieu carcéral dans le monde : le bureau de l’OMS à Beyrouth avait fait venir d’Iran un médecin spécialiste des prisons pour parler de l’expérience iranienne, un médecin libanais a exposé le projet de la santé en prison de l’OMS en Europe4 et enfin le coordinateur protection du CICR au Liban a conclu cette première session en exposant les standards internationaux en ce qui concerne le droit à la santé du prisonnier. Par la suite, les thématiques proposées et identifiées pour les interventions ont été tirées du rapport d’enquête de MDM / AJEM : - les maladies infectieuses (hépatites B et C, VIH et tuberculose), prévalence et surveillance dans les prisons libanaises ; - la santé mentale (maladies psychiatriques et addiction) ; - la promotion de la santé en milieu carcéral en se basant sur le travail multidisciplinaire de l’équipe MdM / AJEM Rôle des infirmières / Travail social en prison et impact sur la santé/ Législation libanaise et santé dans les prisons/ Conditions sanitaires de détention et travaux de réhabilitation ; - l’accès aux soins/ organisations des soins, état des lieux et recommandations . Une vraie dynamique s’est mise en place durant les deux journées avec des débats qui ont eu lieu entre les représentants des différents services au sein des Forces de Sécurité Intérieure (administratifs,médecins,directeurs de prisons…) mais également entre des professionnels de la santé qui pour certains connaissaient le milieu carcéral,et d’autres non.Les acteurs potentiels ont pu ainsi se rencontrer, se mettre d’accord sur les constats et échanger. Par ailleurs, ce fut un bon exemple de la coopération qui peut se mettre en place entre autorités nationales et société civile représentée par une ONG locale et une ONG internationale. Les autorités représentées par les Forces de Sécurité Intérieure ont dit avoir été ravis de coopérer avec les ONG, ont avoué avoir appris beaucoup de choses et se sont rendus compte du professionnalisme de notre travail. La couverture médiatique de l’évènement a été relativement importante car la plupart des journaux locaux en langue arabe ont consacré un article sur le sujet dans lequel ils ont surtout repris les différentes interventions de la cérémonie d’ouverture. Un comité de suivi secondaire aux recommandations émises est actuellement en train de se mettre en place, dans lequel le noyau dur est constitué par l’Association Justice et Miséricorde et les Forces de Sécurité Intérieure,après que les deux parties aient obtenu l’aval officiel du Directeur Général des FSI. Il reste maintenant à voir dans quelle mesure les recommandations issues de la conférence vont pouvoir être appliquées car cela exige non seulement une volonté politique mais également des moyens humains et financiers. Reem Mansour, coordinatrice projet prisons au Liban
1- Au Liban, les prisons sont gérées par le Ministère de l’Intérieur.
VIDEO
Améliorer l'accès aux soins et aux droits des migrants incarcérés dans les prisons du Liban |
Pendant l’été, des affrontements violents ont opposé l’armée libanaise aux activistes du Fatah El Islam dans le camp palestinien de Nahr El Bared. Voyant leur situation sanitaire et humanitaire se dégrader, les réfugiés ont dû fuir vers les camps et villages voisins. De plus, la vague d’attentats visant les députés de la majorité anti-syrienne depuis septembre, corrélée à l’absence d’un consensus autour de l’élection d’un président, engendre un climat d’instabilité politique grandissant.
ACCÈS AUX SOINS ET AUX DROITS FONDAMENTAUX dans 22 prisons
Activités :
MdM poursuit ses activités à la prison centrale de Roumieh, en partenariat avec l’ONG libanaise AJEM et travaille depuis mi-2006 dans d’autres prisons du Liban :
Dans la prison de Roumieh :
• suivi médical, social et juridique des nouveaux détenus étrangers.
Dans la prison de Roumieh et les autres prisons :
• réhabilitation et fourniture d’équipements sanitaires et de produits d’hygiène ;
• poursuite des sessions d’information, éducation et communication sur la santé en milieu carcéral ;
• formation en matière de santé et de droits pour le personnel soignant, les détenus, les gardiens et les
associations intervenant en milieu carcéral ;
• actions de lobbying auprès des autorités carcérales, médicales et politiques. Mise en réseau des ONG intervenant en prison et/ou auprès des réfugiés, demandeurs d’asile et migrants.
Mars 2009