Mission Inde
Mortalité infantile : 63‰
Espérance de vie à la naissance : 63
IDH : 0,619 ; rang : 128/177
PIB/habitant ($) : 571
Population :
Bénéficiaire : 2 000
Cible : 5 000
Personnel :
Local : 8
Expatrié : 1
Sources de financement :
Association "Une Foulée pour la Vie", Rotary Club Toulouse Ouest, manifestations écoles de commerce, MdM
Budget 2007 :
49 479 euros
Malgré la forte croissance économique de ces 10 dernières années, l’Inde n’a pas amélioré le sort des 600 millions de pauvres, vivant avec moins de 1$ par jour. Sur le plan médical, la qualité des soins est réservée exclusivement aux castes supérieures dans un pays où le gouvernement ne consacre que 1,3% de son budget à la santé. De fortes inégalités existent entre les Etats selon le degré de corruption de leur gouvernance, et entre zones rurales ou urbaines. Parmi les régions les plus pauvres figure le Rajasthan où les indicateurs de santé et de développement sont les plus bas.
PRISE EN CHARGE MATERNO-INFANTILE à Jaipur - Capitale du Rajasthan
Activités :
Présente à Jaipur depuis mars 2007, à la demande d’une association locale, la délégation Midi-Pyrénées
a mis en place un programme de santé materno-infantile pour les femmes en âge de procréer et les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans. Avec le partenaire local, JKSMS, 7 promoteurs de santé :
• ont enquêté sur le terrain pour préciser les besoins ;
• ont sensibilisé les bénéficiaires sur ce qu’est l’état de santé ;
• ont mis en place un programme de SMI de type communautaire ;
• ont accompagné des femmes et des enfants dans les structures de soins par l’établissement d’un réseau;
• ont créé un outil de base sur tous les paramètres concernant le circuit de soins.
Perspectives :
Consolidation des activités. Recrutement d’un assistant local pour optimiser la qualité des soins. Programmes IEC (information, éducation, communication) pour les bénéficiaires, les groupes de santé communautaires, les promoteurs de santé, les sages-femmes traditionnelles autour de la SMI. Formation clowning et forum-théâtre pour les promoteurs de santé par l’association CARAVANE-THEATRE. Prise de contact avec d’autres ONG travaillant dans les bidonvilles de Jaipur.
Femmes et enfants dans les bidonvillesSANTÉ MATERNO-INFANTILE / Favoriser l’accès aux soins des femmes et des enfants des bidonvilles de Jaipur est le but de cette première mission en Inde portée par la délégation Midi-Pyrénées de MdM. Sous d’immenses piliers de béton longeant la voie ferrée de la gare de Jaïpur, une forme gît sous des couvertures. Un enfant se blottit contre le corps de sa mère mais l’arrivée fracassante d’un train réveille la petite famille. Tiens, une fillette pointe aussi le bout de son nez... Tout autour, c’est l’effervescence d’une ville indienne. Un ballet incessant de véhicules en tout genre, soulevant la poussière et remuant les déchets qui jonchent le sol. Nasila, 20 ans, est bien trop fatiguée aujourd’hui pour aller mendier. Elle va bientôt accoucher d'un troisième enfant alors que le père vient de la quitter. Elle n’a d’autre abri que le bidonville. “Je ne me sens pas très bien en ce moment. Je ne peux plus aller mendier avec les enfants. J’ai des amis ici qui partagent leur nourriture”, raconte Nasila, le ventre bien rond. “Heureusement, le travailleur social vient souvent me voir. Cela m’aide beaucoup”. Depuis mars 2007, la délégation Midi-Pyrénées de Médecins du Monde a ouvert une mission de santé materno-infantile dans 8 bidonvilles de Jaïpur, en partenariat avec l’association indienne JKSMS. “Nous travaillons depuis 1983 auprès de ces populations. Nous avons créé des classes avec un enseignant. Mais nous avons constaté d’autres problèmes liés à la santé des enfants et des femmes enceintes. Alors nous avons sollicité MdM”, explique Umesh Sharma, chef de projet JKSMS du programme de santé reproductive. Alors que l’Inde dispose d’une offre de soins importante, elle reste malheureusement inaccessible aux habitants des bidonvilles. “Les structures existent mais les gens ont peur d’y aller. La majorité est illettrée et n’accède pas à l’information. Ce sont des castes dites “inférieures” qui sont rejetées. La situation des femmes est encore pire. Elles travaillent et laissent les enfants seuls la journée, elles s’occupent de toute la famille. Elles passent après tout le monde que ce soit pour la nourriture ou les soins. Près de 90% des accouchements se font à domicile avec une sage femme traditionnelle. La santé n’est pas une priorité et jusqu’à 5 ans, les enfants sont négligés. Il faut avant tout trouver de quoi survivre”, expliquent Maya Laporte et Isabelle Haizelin, les responsables de mission. Un enfant sur 12 meurt avant 1 anAu Rajasthan, un des Etats les plus pauvres de l’Inde, la mortalité maternelle à l’ accouchement est l’une des plus élevées au monde avec un taux de 5,5 pour mille et un enfant sur 12 meurt avant 1 an. “Nous avons commencé la mission par une enquête auprès des habitants des bidonvilles pour connaître leurs besoins et leurs connaissances du système de santé. Nous avons donc formé 7 travailleurs sociaux indiens via JKSMS, qui interviennent dans les bidonvilles. Le but est de sensibiliser la communauté à la santé, d’améliorer leur connaissance des structures de soins existantes, de motiver les femmes à utiliser ces services. Les travailleurs sociaux les accompagnent vers les hôpitaux et les informent sur les programmes en leur faveur. Ils ont aussi sensibilisé le personnel soignant à la réalité de cette population”, précise Gabriele Krüeger, la coordinatrice MdM à Jaïpur. Aujourd’hui, les travailleurs sociaux sont régulièrement sollicités par les femmes qui acceptent de prendre le chemin des services de santé. “Je les encourage à y aller. Je les accompagne. Ensemble, nous allons au dispensaire pour la vaccination ou à l’hôpital pour le suivi des grossesses. Cela fonctionne bien mais il y a encore d’autres problèmes comme la toxicomanie et l'alcoolisme dans les bidonvilles”, conclut Guddi Bisht, une des travailleuses sociales de JKSMS. Comme beaucoup d'habitants des bidonvilles,Varsha, 25 ans, a quitté son village touché par la famine et la sécheresse pour Jaïpur. Mère de 4 enfants, elle est enceinte du 5e. “Nous sommes venus à Jaïpur pour trouver du travail. J’aimerais avoir le minimum vital : une maison et de quoi manger. Cela fait 3 ans que nous vivons ici. Ce que nous gagnons nous permet juste de vivre au jour le jour. Je vais bientôt accoucher. L’aide du travailleur social est très bénéfique. Avant, je ne savais pas si les hôpitaux me recevraient. Je ne savais pas où aller, par exemple pour la vaccination des enfants. Maintenant, grâce au travailleur social, je peux accéder aux services de santé. Elle nous donne les informations sur les aides auxquelles on a droit. Dès qu’il y a un problème de santé, je lui en parle. Nous avons maintenant une relation personnelle, elle est là quand j’ai besoin. Je veux accoucher à l’hôpital, cela me rassure de savoir que je peux y aller et que s’il y a un problème, le médecin sera là.”
Article écrit par Marie-Pierre Buttigieg |