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Les Missions


Mission Bolivie

CHIFFRES

Mortalité infantile : 54‰
Espérance de vie à la naissance : 64,4
IDH : 0,692 : rang : 115/177
PIB/habitant ($) : 974

Délégations internationales :
Projet 1 - MdM Espagne

Population bénéficiaire :
Projet 1 - directe : 10 personnels soignants et 25 promoteurs de santé communautaires ; indirecte : 3 000 familles
Projet 2 - directe : 1 100 ; indirecte : 9 000
Personnel :
Projet 1 - local : 1 ; expatrié : 1
Projet 2 - local : 5 ; expatrié : 0
Sources de financement :
Projet 1 - MdM
Projet 2 - partenariats privés, communes de Rhône-Alpes, MdM

Budget 2006- 2007
Projet 1 - 11 340 euros
Projet 2 - 41 350 euros

Situé à 4 000 mètres d’altitude, Potosí est un centre d’exploitation minière qui emploie un grand nombre de mineurs. Le renchérissement des prix des minerais sur les marchés internationaux provoque une surexploitation de ces gisements.De grandes quantités d’eau et de nombreux polluants, nécessaires à la séparation des minerais, sont directement rejetés dans le fleuve. Cette contamination entraîne une baisse des productions agricoles et alarme les paysans qui craignent pour leur santé.MdM travaille sur ce projet avec l’IRD qui étudie l’impact de la contamination minière sur les enfants.

PROMOUVOIR LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE

4 communautés riveraines du fleuve Pilcomayo dans les Provinces de Chuquisaca et Potosi

Activités

Le soutien apporté par MdM vise à :

  • faciliter les échanges entre les communautés, les autorités sanitaires locales et les chercheurs ;
  • promouvoir la prise en charge sanitaire, en particulier dans ses composantes psychologiques ;
  • renforcer les capacités méthodologiques du CODERIP (Consejo de Defensa del Rio Pilcomayo), organisation de paysans.
Perspectives

En 8 mois,MdMréalisera 4 séances de restitution des recherches dans chaque communauté : organisera une rencontre entre chercheurs, autorités locales et CODERIP : formera 10 soignants et 25 promoteurs de santé communautaires : organisera 6 sessions de libre parole dans chaque communauté : établira un diagnostic communautaire dans le bassin du fleuve et mettra en place un système d’information mensuel.

PROTÉGER LA SANTÉ DES ENFANTS AU TRAVAIL

Potosi, quartier de San Cristobal

Activités

MdM promeut :

  • l’éducation à la santé et l’accès aux structures de soins, par le biais d’ateliers auprès d’enfants et d’éducateurs ainsi qu’un soutien matériel et une sensibilisation au respect de la médecine traditionnelle et aux conséquences du travail des 6-8 ans ;
  • une action visant la dépression des adolescents en difficulté ;
  • la création d’une structure de type « maison des jeunes», en partenariat avec une association lyonnaise, qui propose des activités récréatives,alternatives au travail infantile ;
  • la formation aux gestes vitaux et à la prise en charge des blessés dans le cadre des accidents dans la mine.
Perspectives

En 2007, année cruciale pour la mission, se jouera la pérennité des actions initiées par MdM et leur reprise par des partenaires locaux. MdM formera des professeurs de collège et de lycée à l’éducation à la santé et évaluera également la nécessité de prolonger sa présence en 2008, pour appuyer un aspect de ce désengagement.

Juin 2007

Des ateliers santé pour les enfants des mines

© Wilfried Maisy.

SANTÉ DES ENFANTS / Présente sur le terrain depuis 2002, l’équipe de Médecins du Monde pérennise ses actions pour améliorer la santé des enfants travailleurs et
des mineurs.

Perché à 4 080 m d’altitude, Potosi est célèbre pour ses mines d’argent, exploitées dès la fin du XVIe siècle par les Espagnols. Aujourd’hui, la ville vit toujours de l’industrie minière mais connaît une grande pauvreté. Beaucoup d’enfants sont amenés à travailler pour aider leur famille, souvent monoparentale, ou se faire un peu d’argent de poche. Médecins du Monde est allé à leur rencontre en animant des ateliers sur la santé dans plusieurs collèges et écoles nocturnes, car la majorité de ces
enfants travailleurs continuent de suivre des cours. Depuis le début de l’année, afin de pérenniser ces ateliers auprès des enfants, nous avons entrepris la sensibilisation des professeurs. L’objectif est de leur permettre d’assurer eux-mêmes ces ateliers. La démarche fonctionne tellement bien que nous avons été sollicités pour intégrer ces messages de prévention directement dans le cursus de formation des futurs professeurs du département de Potosi. La prise en charge des adolescents en

© Wilfried Maisy.

difficulté est un autre volet de notre action. « Un lieu d’écoute pour eux et leur famille a été mis en place dès 2004, avec une travailleuse sociale, pour essayer de recoller les morceaux avant qu’ils ne soient en rupture complète », explique Lionel Liron, responsable de mission. Ce projet a été repris depuis le début de l’année par la mairie.

APPRIVOISER LES MINEURS

Travailler dans les nombreuses galeries du Cerro Rico (riche colline) représente un réel danger pour les mineurs, mal équipés, qui peuvent être victimes d’accidents dus aux chutes, aux éboulements et aux poches mortelles de gaz. L’ONG italienne COOPI a financé la construction d’un centre d’urgence sur le Cerro ainsi que des petites baraques où est disposé le matériel de premiers secours. Médecins du Monde s’est occupé, de leur signalisation pour bien expliquer aux mineurs où ils étaient situés. La plupart d’entre eux sont peu soucieux de leur santé et « les apprivoiser n’a pas été facile », observe Lionel Liron. Avec COOPI, nous avons pu néanmoins apprendre les premiers soins à quarante mineurs volontaires. Les mois à venir permettront d’asseoir les cycles de formation avec notre médecin qui anime également des ateliers sur la santé auprès des gardiennes des mines.

Ariane Silvestri
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Quand les minerais rendent le fleuve noir

SANTÉ ENVIRONNEMENTALE / Depuis un an, MdM s’est engagé auprès de cinq communautés agricoles touchées par la contamination du fleuve dans les provinces de Chuquisaca et de Potosi.

© Wilfried Maisy.

Avec le renchérissement du prix des minerais sur les marchés internationaux, l’exploitation minière du Cerro à Potosi bat son plein. De grandes quantités d’eau et de nombreux polluants sont directement rejetés dans le fleuve Pilcomayo. Cette contamination avérée entraîne des difficultés sanitaires et économiques pour les communautés agricoles riveraines du fleuve. La baisse de la production maraîchère amoindrit les revenus des familles et accélère l’exode rural. « Cette pollution provoque surtout une forte angoisse car dans leur “cosmovision” andine les éléments tels que la terre etl’eau font partie d’un tout qui comprend aussi l’humain », remarque Sabine Lagardère, responsable de mission. Inquiets pour leur santé, les membres du Coderip, l’organisation de paysans, ont alerté MdM. Notre action sur le terrain, avec un coordinateur et un psychologue, s’est axée sur la mise en place de groupes de parole
et sur la diffusion d’informations scientifiques collectées auprès d’organismes tels que l’IRD (Institut de recherche pour le développement). Nous soutenons ces communautés
pour qu’elles puissent défendre leur cause et obtenir des solutions de la part des autorités, même si deux bassins de rétention d’eaux usées ont été créés à Potosi,
sous la pression de la société civile.

PRÉVENIR LA CONTAMINATION À LA SOURCE

MdM se demande aussi comment améliorer l’accès aux soins dont se plaignent les populations rurales. « Le système de santé bolivien est incapable de prendre en charge des pathologies associées à cette pollution dans les zones très reculées de l’Altiplano, avec des structures précaires, du personnel insuffisant, peu qualifié et ne parlant pas quechua », explique Yves Le Corgne, du service Amérique latine de MdM. En outre, selon les scientifiques, la pollution se révèle encore plus préoccupante à sa source, à Potosi. Dans les quartiers des mineurs, le taux de contamination chez les personnes est très élevé, à cause de l’eau mais surtout de la poussière ambiante inhalée. MdM pourrait se rapprocher de ces lieux grâce à la prévention et en soutenant un plaidoyer pour que l’État prenne enfin des mesures concrètes. Autant de réflexions qui seront étudiées au siège de notre ONG dans la perspective d’ un nouveau projet. n

Ariane Silvestri

Journal des donateurs N° 88 septembre 2007