Mission Bolivie
Mortalité infantile : 69 ‰
Espérance de vie à la naissance : 64,7
IDH : 0,695 : rang : 117/177
PIB/habitant ($) : 2 819
Population :
Bénéficiaire : 1 150
Cible : 8 600
Personnel :
Local : 6
Sources de financement :
Tourism for Development, ARVEL, privé, MdM
Budget 2008
23 035 euros
Après un épisode de violence civile opposant en septembre 2008 partisans et opposants du président Evo Morales, les Boliviens ont finalement approuvé par référendum le 25 janvier 2009 une nouvelle Constitution. Le président voit ainsi sa légitimité renforcée, même si les obstacles à l’application de ce texte sont nombreux. Le programme de MdM en Bolivie vise à proteger la santé des mineurs de Potosi, victimes des pollutions environnementales provoquées par l’exploitation des minerais.
Protéger la santé des mineurs de Potosi
Les activités
Les activités réalisées portent sur la formation des professeurs dans les écoles pour la pérennisation des ateliers d’éducation à la santé, jusque-là organisée par MdM, ainsi que sur la sensibilisation des professeurs aux questions de santé, en collaboration avec l’école de formation des professeurs du département de Potosi. MdM a également formé des équipes de secouristes de la mine et assuré le suivi des postes de secours en mettant l’accent sur des messages de prévention des accidents.
Les perspectives
Un module d’éducation à la santé sera inclus dans le cursus de formation des professeurs de Potosi. MdM a effectivement transmis les outils pédagogiques nécessaires pour continuer le travail après la clôture du projet. Les mineurs secouristes déjà formés peuvent continuer à travailler de manière autonome. La municipalité prend en charge le poste de secours.
Des ateliers santé pour les enfants des mines
SANTÉ DES ENFANTS / Présente sur le terrain depuis 2002, l’équipe de Médecins du Monde pérennise ses actions pour améliorer la santé des enfants travailleurs et des mineurs. Perché à 4 080 m d’altitude, Potosi est célèbre pour ses mines d’argent, exploitées dès la fin du XVIe siècle par les Espagnols. Aujourd’hui, la ville vit toujours de l’industrie minière mais connaît une grande pauvreté. Beaucoup d’enfants sont amenés à travailler pour aider leur famille, souvent monoparentale, ou se faire un peu d’argent de poche. Médecins du Monde est allé à leur rencontre en animant des ateliers sur la santé dans plusieurs collèges et écoles nocturnes, car la majorité de ces enfants travailleurs continuent de suivre des cours. Depuis le début de l’année, afin de pérenniser ces ateliers auprès des enfants, nous avons entrepris la sensibilisation des professeurs. L’objectif est de leur permettre d’assurer eux-mêmes ces ateliers. La démarche fonctionne tellement bien que nous avons été sollicités pour intégrer ces messages de prévention directement dans le cursus de formation des futurs professeurs du département de Potosi. La prise en charge des adolescents en difficulté est un autre volet de notre action. « Un lieu d’écoute pour eux et leur famille a été mis en place dès 2004, avec une travailleuse sociale, pour essayer de recoller les morceaux avant qu’ils ne soient en rupture complète », explique Lionel Liron, responsable de mission. Ce projet a été repris depuis le début de l’année par la mairie. APPRIVOISER LES MINEURS Travailler dans les nombreuses galeries du Cerro Rico (riche colline) représente un réel danger pour les mineurs, mal équipés, qui peuvent être victimes d’accidents dus aux chutes, aux éboulements et aux poches mortelles de gaz. L’ONG italienne COOPI a financé la construction d’un centre d’urgence sur le Cerro ainsi que des petites baraques où est disposé le matériel de premiers secours. Médecins du Monde s’est occupé, de leur signalisation pour bien expliquer aux mineurs où ils étaient situés. La plupart d’entre eux sont peu soucieux de leur santé et « les apprivoiser n’a pas été facile », observe Lionel Liron. Avec COOPI, nous avons pu néanmoins apprendre les premiers soins à quarante mineurs volontaires. Les mois à venir permettront d’asseoir les cycles de formation avec notre médecin qui anime également des ateliers sur la santé auprès des gardiennes des mines.Quand les minerais rendent le fleuve noir SANTÉ ENVIRONNEMENTALE / Depuis un an, MdM s’est engagé auprès de cinq communautés agricoles touchées par la contamination du fleuve dans les provinces de Chuquisaca et de Potosi.Avec le renchérissement du prix des minerais sur les marchés internationaux, l’exploitation minière du Cerro à Potosi bat son plein. De grandes quantités d’eau et de nombreux polluants sont directement rejetés dans le fleuve Pilcomayo. Cette contamination avérée entraîne des difficultés sanitaires et économiques pour les communautés agricoles riveraines du fleuve. La baisse de la production maraîchère amoindrit les revenus des familles et accélère l’exode rural. « Cette pollution provoque surtout une forte angoisse car dans leur “cosmovision” andine les éléments tels que la terre etl’eau font partie d’un tout qui comprend aussi l’humain », remarque Sabine Lagardère, responsable de mission. Inquiets pour leur santé, les membres du Coderip, l’organisation de paysans, ont alerté MdM. Notre action sur le terrain, avec un coordinateur et un psychologue, s’est axée sur la mise en place de groupes de paroleet sur la diffusion d’informations scientifiques collectées auprès d’organismes tels que l’IRD (Institut de recherche pour le développement). Nous soutenons ces communautéspour qu’elles puissent défendre leur cause et obtenir des solutions de la part des autorités, même si deux bassins de rétention d’eaux usées ont étécréés à Potosi,sous la pression de la société civile. PRÉVENIR LA CONTAMINATION À LA SOURCE MdM se demande aussi comment améliorer l’accès aux soins dont se plaignent les populations rurales. « Le système de santé bolivien est incapable de prendre en charge des pathologies associées à cette pollution dans les zones très reculées de l’Altiplano, avec des structures précaires, du personnel insuffisant, peu qualifié et ne parlant pas quechua », explique Yves Le Corgne, du service Amérique latine de MdM. En outre, selon les scientifiques, la pollution se révèle encore plus préoccupante à sa source, à Potosi. Dans les quartiers des mineurs, le taux de contamination chez les personnes est très élevé, à cause de l’eau mais surtout de la poussière ambiante inhalée. MdM pourrait se rapprocher de ces lieux grâce à la prévention et en soutenant un plaidoyer pour que l’État prenne enfin des mesures concrètes. Autant de réflexions qui seront étudiées au siège de notre ONG dans la perspective d’ un nouveau projet. Ariane SilvestriJournal des donateurs N° 88 septembre 2007 |
Mai 2009