Enquête européenne sur l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière - septembre 2007
Résumé de l’enquête
Les conditions de vie des personnes interrogées sont difficiles. 40 % des personnes considèrent leur logement comme étant précaire, 11 % vivent à la rue.Toutes sont sans ressources. D’une manière générale, nous constatons que les personnes ne sont pas informées de leurs droits
Un tiers des personnes ne sont pas informées de leur droit à bénéficier d’une couverture santé.
Dans le domaine du VIH, la majorité des personnes ignore qu’elles peuvent bénéficier gratuitement d’un dépistage du VIH et près des deux tiers ignorent que des traitements sont gratuits.
Un autre exemple de déficit d’information : la vaccination des enfants. Sur l’ensemble de la population concernée par ce sujet, une petite majorité seulement sait que leur enfant peut bénéficier gratuitement de la vaccination et/ou dans quel lieu il est possible de s’adresser pour cela.
Les personnes n’ont généralement pas accès à la couverture santé, que ce soit par manque d’information sur leurs propres droits, par absence de mise en œuvre des démarches pour les faire valoir, ou encore parce que les procédures administratives sont encore en cours. Dans l’ensemble de la population interrogée, deux personnes sur dix perçoivent leur état de santé comme mauvais ou très mauvais. Les principaux domaines cités sont les problèmes digestifs, ostéoarticulaires et de santé
psychique – mais aussi, pour les femmes, les problèmes gynécologiques. Seul un tiers des personnes souffrant d’un problème de santé chronique bénéficie d’un traitement en cours. Près de la moitié des personnes ayant déclaré au moins un problème de santé a souffert d’un retard au recours aux soins.
Nous avons demandé aux personnes comment elles avaient fait pour se soigner la dernière fois qu’elles s’étaient senties malades : les trois quarts des personnes ont consulté un médecin tandis que 20 % n’ont pas consulté. Lors du dernier problème de santé rencontré, une personne sur dix a essuyé un refus de prise en charge par des professionnels de santé. Nous avons constaté que certains de ces problèmes de santé sont des urgences (fractures et brûlures notamment, mais aussi grossesse ou troubles de la personnalité), des maladies graves (diabète insulinodépendant, hépatite virale) ou infectieuses (sinusite, pneumonie). Les obstacles les plus fréquents à l’accès et à la continuité des soins, exprimés par les personnes elles-mêmes, concernent principalement la méconnaissance des droits, la méconnaissance des lieux de soins où s’adresser, le coût des traitements, les difficultés administratives, la peur d’une dénonciation et de la discrimination, et les barrières linguistiques et culturelles.
rapport_observatoire_FR.pdf 2,52 MB