Mission Réduction des risques

CHIFFRES

Pathologies les plus fréquentes : risques infectieux liés à l’usage de drogues par voie intraveineuse (VIH, VHB, VHC), abcès, souffrance psychique liée à l’exclusion, co-morbidités psychiatriques, problèmes dentaires
Risques de marginalisation, discrimination et dommages sociaux
Constat de nos programmes : nette évolution vers une poly consommation de produits injectés ou non. Persistance d’une forte prévalence de l’hépatite C chez les usagers injecteurs.

Nombre de bénéficiaires des programmes : File active de près de 3000 UDVI pour plus de 10 000 passages sur les antennes mobiles et en lieux fixes. Près de 16 500 autres passages (informations, orientations et demandes autres que du matériel d’injection).
Nombre de bénévoles : 31 au sein d’équipes pluridisciplinaires
Sources de financements : principalement l'Etat via les DDASS, les collectivités territoriales, les CPAM, le FNPEIS, les mairies, CRAMIF
Partenaires : Ministère de la Santé (Direction Générale de la Santé), MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie), OFDT

Interview de Béatrice Stambul (RDR)

Contexte

Le premier programme d’échanges de seringues a commencé en 1989 face à l’ampleur de l’épidémie du sida chez les usagers de drogues. Pendant 6 années, les programmes de Médecins du Monde ont été menés dans la clandestinité, les autorités n’ayant signé un décret autorisant l’échange de seringues dans la rue qu’en 1995. Cette approche en terme de santé publique est désormais reconnue car elle permet aux usagers marginalisés d’avoir accès à des structures sociales, de soins, d’information, d’orientation et d’accompagnement.

Ecouter une population très marginalisée

1996, cession de la licence du Kit accès prévention au ministère de la Santé.
La distribution de matériel stérile, fondamentale pour réduire les risques liés à l’usage de produits, permet d’établir un contact avec une population souvent marginalisée qui, sans ces programmes, n’aurait pas accès à l’information et aux structures de prise en charge de droit commun. Le contact créé, les équipes peuvent alors transmettre de messages de prévention, écouter et orienter les usagers de drogues pour des questions d’ordre médical, social ou juridique : hébergement, ouverture de droits, régularisation des situations juridiques, sevrages, post cures, traitements de substitution. A Paris, des tests salivaires de dépistage de l’hépatite C sont proposés et permettent outre la prise en charge médicale en cas de résultat positif, de dialoguer avec la personne et lui apporter une aide plus complète. D’autres outils sont utilisés dans cette démarche de réduction des risques et en lien avec le contexte : pailles d’inhalation à destination des « sniffeurs » ou embouts de pipes à crack évitant les brûlures et les contaminations par le VHC. Les équipes de terrain effectuent constamment un travail de recherches et d’enquête sur les outils et les messages de prévention afin d’améliorer leur efficacité. Le travail de rue est souvent complémentaire du travail effectué dans les antennes mobiles.

Perspectives

Favoriser les dispositifs facilitant les échanges avec les usagers sur le modèle des tests salivaires de dépistage de l’hépatite C. Le développement des poly consommations nécessitent la création de nouveaux outils, notamment liés à la consommation de crack.

Type d'intervention

- 4 structures mobiles : bus, camionnettes et équipes allant à pied au-devant des usagers de drogues dans la rue ou les squats
- 1 lieu fixe d'accueil de jour à Bordeaux, lieu fixe pour l'échange de seringues à Paris et Marseille
- Mise à disposition de matériel d'injection stérile : tous les CASO (Centre d'accès aux soins et à l'orientation)
- 241 788 seringues données, 35% de seringues usagées rapportées en 2004