Mission Droit de l'homme et droit international humanitaire
« L'utopie est à l'horizon.
Quand je fais deux pas vers elle,
Elle s'éloigne de deux pas.
Je fais dix pas et elle est dix pas plus loin.
A quoi sert l'utopie ? Elle sert à ça, à avancer. » (Eduardo Galeano)
Au-delà du soin
« Nous luttons contre toutes les maladies, même l'injustice » : notre « signature » résume parfaitement la double vocation de Médecins du Monde : mener une action humanitaire médicale et dénoncer les injustices. Or, dans de nombreuses missions les populations vulnérables secourues sont victimes de violations des droits de l'homme. Sauf exception, les injustices subies sont à l'origine de la dégradation de leur état de santé.
L'indignation seule ne suffit pas. Tout travail de dénonciation doit s'appuyer sur « les mots justes » sous peine d'être voué à l'échec. C'est la raison pour laquelle, un nombre croissant de professionnels de la défense des droits de l'homme travaillent sur le terrain aux côtés de nos équipes médicales et bénéficient de l'appui d'un service spécialisé sur les droits de l'homme et le droit international humanitaire. Leur rôle est de réagir aux injustices commises en temps de paix comme en temps de guerre.
Les droits de l'homme sur le terrain : un travail de protection de Médecins du Monde
La protection se définit comme l'ensemble des activités destinées à promouvoir le respect des droits de l'homme et s'intègre dans nos actions d'urgence. Ce travail, réalisé le plus souvent par des juristes sur le terrain, consiste à : observer et qualifier les violations des droits de l'homme subies par les populations civiles assistées par Médecins du Monde ; proposer et mettre en uvre des actions, pour assurer la protection des victimes ainsi que leur prise en charge médicale et humanitaire sur le terrain.
Ces stratégies peuvent s'inscrire dans les activités de Médecins du Monde (par exemple, l'évacuation par camion de réfugiés des zones de combat en Guinée), ou bien viser directement les auteurs de violations (négociations avec les autorités civiles et militaires, rédaction de rapports dénonçant les auteurs d'exactions
).
Une protection efficace exige recueil d'informations, échanges et analyse des données. Elle doit être mené avec d'autres organisations humanitaires présentes sur le même terrain (Amnesty International, Human Rights Watch
) afin de recouper les informations recueillies sur le terrain. Celles-ci sont ensuite analysées au siège par l'unité droits de l'homme et droits international humanitaire, puis mises à la disposition des autres services chargés des actions de témoignage.