MdM Suisse mène une mission de lutte contre la tuberculose auprès des communautés indigènes du Chiapas, s’intégrant dans une politique de santé globale.
Les nombreuses communautés indigènes du Chiapas vivent encore dans des conditions difficiles et précaires. Alors que cette région du Mexique est la plus riche en eau et en hydroélectricité, 36 % des familles vivent sans eau courante, 35 % sans électricité, et la moitié de la population indigène se trouve dans des zones très isolées. Tenues à l’écart du système de santé national mexicain à la suite des événements politiques menés par les zapatistes depuis 1994, certaines communautés du Chiapas ont développé leur propre système de santé autonome. Mais les moyens restent faibles et la population, particulièrement affectée par la tuberculose, ne peut financer les soins nécessaires. Près de 40 % des patients arrêtaient de prendre leurs médicaments avant que Médecins du Monde Suisse ne décide de prendre en charge en 2001 le coût des consultations, des diagnostics et des traitements.
La mission a pu bénéficier du soutien de l’hôpital San Carlos grâce à son laboratoire et à ses 60 lits disponibles. Depuis juillet 2007, cette mission vise à faciliter l’accès aux soins en formant des promoteurs de santé implantés directement dans les communautés indigènes isolées de la forêt Tzeltal. « Nous travaillons dans un contexte bien particulier qui fonctionne sur un mode communautaire, explique le docteur Gabrielle de Torrenté, responsable de mission. Les décisions se prennent de façon concertée suivant l’adage “Diriger en obéissant”. Le processus décisionnel nous paraît donc parfois long mais une fois que la décision est prise, c’est toute la communauté qui se sent engagée. »
Les 300 promoteurs de santé formés par MdM sont volontaires. Ils sont aidés par des techniciens de laboratoire responsables du diagnostic de la maladie. La mission des promoteurs est de contacter les populations, de les sensibiliser aux soins, de prendre en charge les malades et de renforcer l’action
communautaire de lutte contre la tuberculose.
« Cette mission axée sur la tuberculose s’intègre dans un programme de santé global, ajoute le docteur Gabrielle de Torrenté. Travailler avec des partenaires locaux, associations et institutions, est donc essentiel pour sensibiliser plus largement les communautés indigènes et les autorités sanitaires sur les problèmes de santé et la prévention. »
Le message sera étendu très prochainement grâce à une campagne médiatique relayée par la radio, des posters et d’autres supports visuels.
CATHERINE LEGRAS