Les acteurs terrain qui partent en mission humanitaire signent avec Médecins du Monde soit :
un "contrat d'engagement volontaire" et bénéficient du statut suivant :
Quelle que soit la durée du contrat, Médecins du Monde prend en charge :
• le transport entre le lieu d'habitation et le lieu de la mission
• l'hébergement sur le lieu de la mission
• les frais de vie sur le terrain et les repas grâce au per diem (somme versée au volontaire sur le terrain) variant de 300 à 645 Euros en fonction du niveau de vie du pays et du type de programme.
• une indemnité versée sur le compte bancaire du lieu de domicile du volontaire d'un montant mensuel forfaitaire de 800 Euros (pour tous les postes) ou 915 Euros (pour les postes de coordination uniquement).
• tous les volontaires bénéficient d'une couverture sociale dont les termes varient en fonction de la durée du contrat et du pays d’origine de l’expatrié.
|
Durée du contrat |
Durée de contrat |
|
|
COUVERTURES |
< ou = à 1 mois |
> à 1 mois |
|
MALADIE/MATERNITE |
(CFE) |
|
|
ACCIDENTS DU TRAVAIL |
(CFE) |
|
|
VIEILLESSE |
(CFE) |
|
|
DECES |
(MACIF) |
(MACIF - CFE) |
|
INVALIDITE |
(MACIF) |
(MACIF - CFE) |
|
ASSISTANCE AUX PERSONNES (rapatriement) |
(MONDIAL ASSIST.) |
(MONDIAL ASSIST.) |
|
MUTUELLE |
(AGF) |
|
|
RESPONSABILITE CIVILE |
(MACIF) |
(MACIF) |
(1) Les risques maladie, accidents du travail restent couverts par la sécurité sociale, sous réserve qu’elle ait été prévenue du déplacement.
Le volontaire bénéficie d’un congé de deux jours, non chômés au sens de la législation de l’Etat d’accueil, par mois de mission, dès lors qu’il accomplit une mission d’une durée au moins égale à six mois. Pendant la durée de ces congés, le volontaire perçoit la totalité de son indemnité. En revanche durant cette période l’attribution du per diem est suspendue.
Dans le cadre de sa politique de fidélisation des coordinateurs et cadres terrains, Médecins du Monde a depuis quelques années , ouvert certains postes terrain, au salariat (30 postes en 2006)
Marie Boulo, médecin anesthésiste, a participé à l’action chirurgicale d’urgence à Java en 2006 :
« Rentrée maintenant depuis plusieurs jours, je repense à cette première mission d’urgence pour moi en Indonésie. J’étais partie avec beaucoup d’appréhension, en particulier la peur de ne pas pouvoir faire tout ce qui est possible pour les malades. Ce sentiment est toujours le plus dur à vivre pour les soignants, que ce soit dans un service de réanimation très sophistiqué comme celui dans lequel je travaille en France, ou au bord de la route en sortie SMUR.
Le bilan est néanmoins positif.
Je fais partie des médecins arrivés sur place dans les premiers jours qui ont suivi le tremblement. Ma collègue anesthésiste (Françoise) est arrivée la veille avec le chirurgien (Gérard). Ils ont déjà, avec l’équipe d’urgentistes, reconnu les lieux de l’hôpital dans lequel nous allons travailler. Il s’agit d’un petit hôpital de province, pavillonnaire et en partie en plein air. Les victimes sont partout, dans les couloirs, allongés sur des nattes ou à même le sol. Heureusement, il ne pleut pas et les familles restent au sec pour veiller sur leurs proches. Nous investissons une petite pièce attenante au bloc opératoire dans laquelle, Pascal, notre logisticien, nous fait porter tout le matériel indispensable à notre travail. En effet, une équipe chirurgicale n’est rien sans un minimum de matériel. Les caisses contiennent tout ce qui est nécessaire à la réalisation des pansements pour les nombreuses plaies dont souffrent les personnes qui ont été ensevelies sous leurs maisons de briques lors de la catastrophe. Les victimes sont en particulier des personnes âgées qui n’ont pu sortir suffisamment vite de leurs habitations. Les plaies sont déjà très surinfectées du fait de soins inappropriés les deux premiers jours de la prise en charge par, nous dit-on, des étudiants en médecine. Beaucoup de malades ont reçu des anti-inflammatoires qui ont aggravé les signes infectieux. Les victimes les plus graves, celles que je redoutais de prendre en charge du fait du manque de moyens, sont probablement mortes du fait de l’absence d’acheminement médicalisé à l’hôpital. Le système de SAMU reste un luxe très français. Notre travail quotidien consiste donc à prendre en charge les patients présentant des plaies suppurées mettant en jeu leur pronostic vital et fonctionnel. Certains patients repassent plusieurs fois dans notre petite salle opératoire pour des pansements ou des amputations sous anesthésie générale. Les moyens qui me sont alloués pour faire mon travail de médecin anesthésiste sont primaires mais tout à fait suffisants pour le type d’actes que nous réalisons… »